16 juillet 2008

Quand peindre un mur deviens de la peinture sur soi

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Au premier de l'an, ils n'avaient rien trouver de mieux à faire que de barioler un mur blanc de vin rouge. C'est comme ça qu'ils m'ont remercié de l'invitation. Déjà qu'ils se sont barrés sans faire un poil de ménage. Ca a tiré sur le bleu pétrole avant de pourrir le beau blanc cassé d'un violet picrate. Une grosse tâche qui avait dégouliné en quatre ou cinq petits filets pour se scratcher sur la plainte en carrelage. Rien à foutre, j'avais planqué tout ça derrière un meuble que je venais de retaper. Ni vu ni connu. En mars, j'avais acheté la peinture, hier, je me suis décidé, enfin, à rendre à cette cloison son immaculée dignité. J'ai sorti l'artillerie lourde : la vielle caisse avec le matos de peinture, la blouse bleue maculée de peinture de toutes les couleurs, un vieux short, des vieilles godasses trouées. Déjà, j'ai bien dû mettre 5 minutes à ouvrir le pot de peinture. Tournevis en main, j'ai failli m'arracher trois doigts et j'étais à deux doigts de me le faire à l'ouvre-boîte. C'est à ce moment que je me suis dit qu'il devrait faire le même système d'ouverture sur ses fichus pots que sur le boîtes de raviolis. On tire, ça fait pschit, et c'est prêt à consommer. Mon pinceau était aussi sec qu'une flaque d'eau en plein désert. Le poil rabougri, sec et cassant. Je n'avais pas dû bien le nettoyer la dernière fois. M'en fout, j'avais un beau rouleau tout beau, tout neuf. Hop, une petite trempette dans le liquide fraîchement touillé, et je roule. Enfin, je galère. Me sachant pas très adroit, un peu sale quand je fais des travaux d'envergure, j'avais calfeutré un périmètre de 5 mètres autour du mur. En me prenant les pieds dans le drap de protection, j'ai évité la chute humiliante en plongeant la main gauche dans le pot de peinture. Heurk. Pas grave, je peints, je peints et je repeints. J'en mets partout. Je finis plus blanc que le mur. Et cette maudite tâche qui me nargue, résiste à mes coups de rouleaux. Il n'y a rien à faire, elle ne veut pas partir. Une couche, deux couches, trois couches et toujours là. C'est qu'elle est tenace la garce. A chaque aller-retour du rouleau, il projette des gouttelettes qui décolorent mais mains, mes jambes. Je m'étais déjà essuyé la main sur la blouse, elle était dans un état la pauvre. Même avec un scaphandre j'aurais trouvé le moyen de me peinturlurer la tronche. Rien n'a été épargné, les lunettes, le short, la peinture se niche dans toutes les petites cavités de mes doigts. Ca va encore mettre trois jours à partir ce truc. Je vais encore devoir me doucher au white spirit. Et on va me dire : "Ah, t'as fait de la peinture toi!". Non, j'ai fait un combat de catch avec un tube de blanco. N'empêche, j'ai fini par l'avoir cette tâche dégoulinante aux allures de méduse murale. Et ça, j'en suis pas peu fier.

30 avril 2008

Arrête de chauffer Marcel

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Voilà, ce week-end, le soleil nous a refait un peu de gringue. Du coup, certains en ont profité pour se dévêtir, dévoiler des petits bouts de chair pâle et blanchâtre. Pas toujours de la manière la plus classe. Les ineffables marcels sont de retour. Petites typologies du porteur de Marcel. Le Gringalet : Le gringalet pourrait être Irlandais. Blanc comme un cachet d'aspirine, maigrichon, et s'il n'a vraiment pas de pot, il est rouquin. Son pantacourt laisse déjà deviner des gambettes allumettes. Son corps fluet flotte dans le débardeur de son grand-père, qu'il a récupéré en exhumant des fripes dans le grenier il y a trois semaines. Il a l'air ridicule, mais il roule des mécaniques, l'impression qu'avec ses airs max, il est trop fashion le bonhomme. Il a la tête du mec sur qui tout le monde tapait dans la cour de récré et qui traînait ses guêtres tout seul le midi dans la cour du collège. Monsieur muscle : Monsieur muscle a passé des heures et des heures à la salle de sport à soulever des poids, comme un con, sans savoir pourquoi. Il a soulevé des kilos et des kilos de fonte, comme ça, pour avoir des gros biscottos, dont la circonférence est à peu près égale à mon tour de cuisse. Sûrement pour pouvoir balancer des parpaings dans la tronche des mecs qui reluque la poufiasse qui traîne dans son cabriolet qui a fait la une de Tunning magazine. Il bombe le torse, galbe les épaules et bande ses muscles en espérant que tout le monde l'envie. Mais tout le monde se paye sa tête parce qu'il a enfilé un top appartenant à sa meuf. Et que le rose, ça ne lui va vraiment, mais vraiment pas au teint. Le Beauf : Ventripotent, le torse velu (l'un ou l'autre, et parfois les deux à la fois), son caméscope en bandoulière sautille sur sa panse. C'est pour filmer Jason, qui fait ses premiers châteaux de sable. Et Jason, il fait des gros châteaux, avec des grosses murailles, parce que "c'est pas un PD, mon fils." D'ailleurs, Jason, il a aussi un marcel, des chaussettes avec ses sandales, et un bob Ricard, comme papa. Et comme papa, pour ses dix ans, il aura le droit un tatouage, un aigle, sur le bras gauche, comme Johnny. Rock'n roll. Mais avant " t'as intérêt à avancer espèce de trou du cul." Alors Jason, il est remonté dans la R11 avec les sièges en skaï et le volant moumoute, et il a fait la tronche toute la journée. Le Scarla : Alors, lui, c'est un panneau publicitaire ambulant. La fashionista. D&G, Louis Vuitton, et tout et tout. La casquette de camionneur sur le haut du crâne. Il a du prendre sa caltoche pour en calculer l'angle d'inclinaison. Il est soit gringalet, soit Monsieur muscle. Son marcel est blanc, immaculé. Une chaîne en or qui brille gigote sur son torse d'ado prépubère. Et le plus agaçant, son portable sonorise la rue. Un vieux peura fétide, dans la veine du Rat Luciano et de la FF. Ben ouais, il font comme le président de la République. Quand on le secoue, ça fait bling-bling.

08 mars 2008

GQ comme grosse quéquette?

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J'ai découvert GQ dans les bouquins de Bret Easton Ellis. GQ, me rappelle automatiquement Pat Bateman, le dandy déglingué d'American Psycho. GQ, une bible pour fashionistas gonflés à la testostérone qui se posent des questions aussi existentielles que de savoir s'ils peuvent mettre des chaussettes à rayures avec une chemise à carreaux. Ca laisse pantois, n'est-il pas? Bref, GQ (Gentleman Quarterly) est arrivé en France. Je me suis rué au kiosque pour l'acheter, voir à quoi ça ressemble ce truc maintes fois imaginé, presque fantasmé. Ca tombe bien, je devais prendre le train. Couverture noire, sobre, des grosses lettres blanches me pettent à la tronche : "Le magazine qui parle aux hommes sur un autre ton". C'est ce qu'on va voir mon bonhomme. En plus petit : "GQ : Masculin, beau et intelligent". Masculin ça me va puisque je suis un garçon. Beau : je suis bien trop Français pour me trouver beau, et il paraît que je ne suis pas beau mais que j'ai du charme. Le belle entourloupette. Intelligent : on me le dit souvent. Et puis 1€, c'est pas cher. Passé les 20 à 30 pages de pub pour jeunes hommes de bonne famille, j'arrive sur le sommaire, beau gosse, belle gueule. Dix pages de pub plus loin, un édito un peu raplapla qui nous explique ce qu'est GQ. Redix pages de pub loin, un historique du magazine, et une petite galerie de la hype qui a participé à ce numéro. Je survole des petites chroniques sur le ciné et la musique branchouille du moment, c'est pas mal, et il me faut attendre la page 101 pour me plonger vraiment dans de la lecture à proprement dite. Ca s'intitule Salon. J'aime bien, il y a un gars qui explique qu'il est homme au foyer et que ça le fait bander, David Abiker (chroniqueur, écrivain) nous explique comment faire bouffer la note du resto à un client aussi pingre que malséant, et Grégory Schneider (journaliste sportif à Libé) essaye de décrypter le style de l'équipe de France de foot. Fandard, bien écrit, bon pied bon oeil, je continue ma lecture et me cale confortablement dans mon fauteuil TGV 2e classe. C'est cosy ici tout à coup. Je me poile en lisant l'interview pas très conforme aux canons de l'esthétique journalistique de François Bayrou (lire ci-dessous). Le panégyrique de Vincent Cassel a le don de le faire remonter un peu dans mon estime... Je chiffonne les pages modes en les tournant. Le golden boy à la crinière de feu qui pourrait faire de la pub pour Email Diamant là, ça ne me ressemble pas. Et je ne suis pas encore prêt à me nipper version jeunesse UMP. Donc, passons... Et là, le choc : "2008, année de la moustache..." Y'en a des petites, des grosses, des fournies, des ridicules, pour tous les goûts. Je suis un petit mec dans le vent, un peu gonzo et tout. Je sors ma tondeuse, me fait la barbe et laisse la moustache. Une belle moustache, raffinée mais pas très touffue. Ce que j'ai l'air con. Je la garde quand même et pars déjeuner avec mon père. Il roule des yeux, j'ai un sourire niais, tout fier de ma connerie que je suis. Il ne dit rien mais n'en pense pas moins. "2008, année de la moustache, c'est écrit dans GQ". "Dans quoi?". Ignare, va, t'es vraiment trop ringard. "Ca te va pas", qu'il me dit. Une dernière oeillade dans le miroir, je suis moche avec ça c'est vrai. Je voulais minauder au boulot avec ma stache, loupé. Petite escapade dans la salle de bain pour raser tout ça. Je me sens plus léger. Faut vraiment pas croire tout ce qu'il y a écrit dans les journaux. Et GQ dans tout ça? Hormis que ce soit un aspirateur à pub, c'est bien goupillé, les textes sont bien gaulés, les femmes à poil sont dénudés par l'objectif des Jean-Loup Sieff... Un tantinet BCBG cela dit. Ca y'est, je crois que je l'ai trouvé ma littérature de gare...

13 janvier 2008

Mon côté pouf

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J'aime pas les soldes, c'est chiant, ya plein de monde dans les magasins. Les gens sont agressifs, les caissières en ont ras la casquette des clientes furibardes qui déambulent avec dix pantalons, 24 tops (vous avez vu les filles comment j'ai le vocabulaire du shopping) et 15 pulls, juste pour ne pas les voir leur passer sous le pif. En entrant à la fnac, j'ai même fait demi-tour, pourtant j'étais motivé à faire chauffer la carte bleue, c'était jour de paye. Rien à faire, à peine rentré dans une boutique, je faisais demi-tour. Pourtant j'aime bien le contact avec le petit vendeur malicieux qui essaye de vous refourguer tout ce qu'il peut, même des trucs pas à la bonne taille, surtout des trucs pas à la bonne taille. Je suis rentrer dans un shop de skaters boutonneux, je voulais une veste zippée verte (merci de ne pas discuter mes goûts merci). Je me heurte à une bande de tektonik boys partageant un ipod pour trois en faisant des gestes bizarres avec leurs bras et se déhanchant ridiculement. Pantalon slim moule burne trop petit, coupe mulet et Van's à damier, ils farfouillaient dans un lot de t-shirts roses, tirant sur le violet pouffiasse sortant de chez Pimkie. J'ai gloussé en passant à côté d'eux. Aucune réaction. Pathétique et consternant. Je me suis enfoncé un peu plus dans la boutique, j'ai jeté un rapide coup d'oeil sur les vestes. Rien de bien interessant. J'avais rien à faire, personne à voir, donc je me suis un peu attardé. Un vendeur a sorti un veste bleue, un rien old school, cocotte à souhait, l'a présenté à un grand dadet dégingandé habillé en XXL qui n'en a pas voulu. Je me suis discrètement mais sauvagement rué dessus. Du M, nickel, pile poil ma taille. Elle est à moi, à moi, à moi, rien qu'à moi. Je l'ai essayée, elle m'allait pas trop bien, en fait. L'autre pedzouille a demandé au vendeur où elle était passé, il a fait un geste du menton vers moi. Le rider m'a toiser de haut en bas, mon manteau trois-quart, mon 501 et mes Veja. "Ben quoi, tu veux ma photo tête d'oeuf?", j'ai failli lui sortir. Je voyais bien qu'il la voulait. Il me regardait avec des petits yeux cruels, se répétant : "T'es pas un skater, elle n'est pas pour toi cette veste Element". Et la tronche qu'il a fait quand le vendeur a voulu lui a refiler un sarrau Adidas. J'ai bien dû parader pendant un quart d'heure dans le magasin, la veste sur son cintre solidement harnachée à ma main crochue. Comme une bernique accrochée à son rocher. C'est vrai qu'elle m'allait pas super, qu'elle était un peu longue, bleue et pas verte, mais vu sa tronche de cake à l'autre, je ne pouvais pas la lui lâcher. Impossible. Pendant ce petit quart d'heure je me suis senti dans la peau d'une ado prépubère avec trois fois rien de nichons, qui se pavane en low-boots dans Jenifer pour montrer son décolté à tous les péquenots du coin. Un rien jouissif. Pire, j'ai même fait en sorte de passer en caisse juste avant l'autre grand sifflet. Il était vert. L'espace d'un instant j'ai été une vraie pouf. Etrange et jouissive expérience.

06 novembre 2007

Road to Le Havre

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N'ayant pas d'inspiration pour le titre de cette note, j'ai repris le titre d'un album de Supergrass (Road to Rouen) pour l'accomoder à ma sauce. De toute façon, ça ne change rien, on reste dans le même département : la Seine Maritime. Ce week end, j'étais au Havre pour assister au départ de la transat Jacques Vabres et j'ai décidé de vous raconter comment c'est pour que surtout vous n'y foutez jamais les pieds. Oui je le concède, ma vie est très fun. Pour aller au Havre, la route est jonchée de bleds aux noms pas possibles. Des machins choses en Besace ou des trucs bidules s/ Vire que je vous épargnerai. Morne plaine jusqu'au pont de Normandie. P'tete ben que c'est moche, p'tete ben que c'est beau, en tout cas, on croise beaucoup de vaches. Quatre heures de route. On s'occupe comme on peut. On écoute de la musique de merde pour se distraire, on s'arrête au Mc Do pour se remplir la panse, et le reste du temps, rien, on conduit. On finit par passer le pont de Normandie. Sous les haubans, la Seine s'affale dans son lit, arborant déjà sa nonchalance et sa platitude toute parisienne. Elle y est seulement un peu plus grassouillette et pétulante. J'éprouvais une certaine curiosité et une certaine hâte à découvrir Le Havre et son esthétique si particulière de l'Auguste Perret. D'abord, j'ai vu les cheminés fumantes. Puis, les brûleurs de gaz, les pipelines foutraques, les archtitectures métalliques brinquebalantes. La laideur industrielle s'étalant sur des kilomètres carrés, comme un Beaubourg cauchemardesque, éxutoire pétrochimique et briseur de rêve écologique. Pas très grenelle tout ça. Ensuite, on longe les bassins à flot pour débarquer dans le centre-ville. Je ne pensais pas que c'était aussi moche. Du béton, un espèce de voclan blanc ideux pour cinéma et des djeunes lookés tecktonik. Le décor est planté. Jamais de ma vie je ne veux habiter dans cette ville. Un djeun fait du vélo avec un sac à dos à hauts parleurs intégrés (jamais vu ça avant) et ses potes le suivent en faisant des wheelings sur les trottoirs pour avoir leur dose d'adrénaline. Ils sonorisent le centre-ville avec un peura fétide, ce qui a le don de faire peur aux grands-mères. Niveau look, les habitants sont aussi moches que leur ville. Mais de là à les classer au patrimoine mondial de l'UNESCO il est un pas qu'il ne faudrait franchir, bien qu'il faille protéger les espèces en voie d'extinction. Des pieds à la tête, le Havrais ne ressemble à rien. Coupe mi iroquois, mi punk, mi crétin, il s'habille fashion avec trois ans de retard. Jean retroussé, le chaussettes qui montent au genoux pour y enfoncer le pantalon, il alterne entre Air max et Converse languettes pendouillantes. Sweat à rayure et capuche informe et difforme. Selon son humeur il va se parer d'une casquette. Ouaich ma poule ça biche ou bien les oui-ouins. Aussi moche que ridicule. L'esthétisme du pire. La ville reflète ses habitants et les habitants reflètent leur ville. Par petite touche, on remarque une once de bon goût. Mais elles ne sont que trop rares pour être belles.