05 mai 2008

Mes premières fois

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Je dois raconter mes premières fois. Celles que je veux. Je ne vous ferai pas part de LA première fois. De toute manière, cette fois-là, c'est pour tout le monde pareil, soit c'était bof bof, soit il était bourré. Moi, j'étais bourré, et c'était pas terrible. Ou alors, c'était pas terrible parce que j'étais bourré. Ma première messe de minuit Ca a été la dernière d'ailleurs. Déjà, c'était pas à minuit, c'était à 19h30. L'arnaque. Je m'étais retrouvé là par hasard, avec tous mes cousins et cousines, parce les tontons et les tatas devaient préparer le repas de Noël. Dans ce cas-là, ne pas avoir leurs mômes dans les pattes, c'est mieux. Surtout moi à l'époque. En même temps, la dernière fois que j'étais aller à l'église, j'avais voulu faire le mariolle et j'étais tombé dans la fontaine. C'était pour le baptême de mon frère. Ca devait aussi être le mien, mais je ne voulais pas être baptisé, je m'en tamponnais le coquillard de toutes ces bondieuseries. La messe a duré deux très longues heures. Et vas-y que je te salue Marie. Et puis Joseph. Et Jésus. Moi je croyais que c'était une famille monoparentale, vu que Marie avait été engrossé comme ça, en matant Friends à la téloche. J'ai découvert qu'ils étaient plein et qu'il y avait même une histoire de roi, mais je n'ai pas tout compris. Je ne me levais pas quand il fallait se lever, je ne chantais pas non plus. Ma grand-mère me filait des coups de coude dans les côtes pour que je le fasse et a fini par me choper par le colback. Je l'ai tellement exaspérée et elle a tellement eu honte qu'elle a dit que je n'irai plus à l'église. Gagné. Mon premier jour de lycée Je n'avais rien à me mettre. L'horreur. J'ai passé mes vieilles nippes de skater. J'y suis aller avec mon voisin, seule personne que je connaissais qui allait dans le même bahut que moi. J'ai regardé les panneaux, j'étais en seconde 7, mon nom égaré au milieu d'autres, tous des inconnus. Je suis rentré dans la salle de classe, je me suis assis dans mon coin, histoire que personne ne me remarque. Une prof, vieille mégère d'un mètre cube, est arrivée. C'était la prof de maths, genre à ne rigoler que sous la torture. Elle a fait l'appel. La moitié de mes camarades repiquaient. Tous voulaient aller en S. Déjà les boulettes de papier volaient. Comme les noms d'oiseau. C'était parti pour trois ans de n'importe quoi. Mon premier disque C'était Dangerous, de Michael Jackson. L'album avec un masque bizarre sur la pochette au fond noir. C'était pour un Noël. Je devais avoir huit ans. Je l'avais acheté avec les sous que mamie m'avait offerts, une centaine de francs, ma mère avait fait l'appoint. Je l'ai encore, il trône en bonne place sur mes étagères, complètement rayé, HS. Je l'ai écouté en boucle pendant deux ans. Mes parents n'en pouvaient plus d'entendre Heal The World et Black Or White cinq fois par jour. C'était ça, j'avais ouvert la brèche d'une boulimie musicale qui ne m'a plus quittée depuis. Ma première boom J'ai fait une crise de foie. Je m'étais enfilé trop de bonbons, j'étais émoustillé par ces slows dansés à bout de bras, à quarante centimètres de ma partenaire. Et puis, il y a eu cet action/vérité. J'avais enfin fait un smack à Alexandra. C'en était trop pour mes hormones de petit puceau prépubère. J'ai eu un haut le coeur, j'ai tout lâché, sur la moquette. La grande classe. On dû appeler ma mère à 21h pour lui dire que j'avais fait une overdose d'Haribo. Elle est venu me chercher. Je suis reparti la tête baissée, je ne savais plus où me foutre. Mais j'ai quand même été invité à celle d'après. Et puis on s'est mis à boire de la bière, et ça ne m'est plus jamais arrivé. Mon premier concert Noir Désir. Paradoxalement, ça a été assez tard, 17 ans. J'étais rond comme une queue de pelle. A l'apéro depuis 18h, on s'est pressé devant la scène à 23 h. La première image que je vois, c'est celle d'une midinette évacuée sur une civière. Et puis le son. Puissant. La voix lancinante, déchirante. Sur Comme Elle Vient, le public couvrait la voix de Bertrand Cantat. J'ai sauté partout pendant 2 heures. Non stop. J'ai débourré. Sur Tostaky ça bourrinait. Les mouvements de foule m'ont coupé de mes potes. J'ai fini torse nu, en nage, A Ton Etoile en fond, magique. Je ne voulais pas que ça s'arrête, que la chanson s'étiole jusqu'au petit jour. Un an après, c'était le drame. Je taggue qui veut bien raconter ses premières fois. Wini par exemple.

16 février 2008

Je me suis fait taguer

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Suffragettes m'a tagué. En gros, le jeu est simple : je dois vous parler de moi en décrivant 6 habitudes / tics qui me caractérisent et passer la main. Genre un peu comme tous ces mails bidons qu'on doit faire suivre si on ne veut pas que s'abatte sur nous le courroux divin d'un quleconque trou du cul. Et vous savez pourquoi elle m'a taguée? Parce que : " j'aime son franc parler et son ton non politiquement correct". Merci pour la flagornerie, j'en suis fort aise. La première fois que j'ai atterri sur son blog, à Suffraggettes, son pseudo était dans une liste de quinze ou vingt autres. Mais j'ai cliqué sur le sien parce que j'ai pensé à cette chanson démentielle de Bowie : "Suffragettes City". Suffragettes ça veut aussi dire (source Larousse) : en Grande-Bretagne, militante qui réclamait pour les femmes le droit de voter." Donc, je me suis dit que la personne et le blog planqués derrière ce pseudo ne pouvait être que foncièrement bons. Et c'est vrai qu'elle est cool la miss Suffragettes. Du coup, on se renvoie régulièrement la balle par blog interposé. Mais delà à me taguer!!! Alors pour toi lecteur, je vais déroger à mes grandes vertus morales et me plier au jeu. Voilà 6 habitudes ou tics qui me caractérisent : 1. Un grand café au réveil. Je ne peux pas faire sans. Un café avec un sucre, dans un mug. C'est le signe que la journée commence. Avant ça, je navigue en eaux troubles les yeux mi-clos et l'haleine pestilentielle. Mais dès que le flot de café noir inonde ma gorge, là je revis. 2. Ecouter du rock, très fort. Je ne vois pas l'intérêt d'écouter du rock sévèrement burné en sourdine. Le rock, ça s'écoute fort, à fond les ballons. Il y a des chansons comme ça, dès que les premiers accords retentissent, je monte le son. J'y peux rien, j'ai ça dans le sang. J'ai jamais écouté Henri Dès, à la place, j'ai été biberonné à Led Zep. Comment il peut en être autrement. 3. Corner la page d'un bouquin. le marque-page est un truc qui n'existe pas dans ma vie. Je corne systématiquement la page, en haut à droite, des bouquins que je lis pour ne pas en perdre le fil. C'est un truc que j'ai toujours fait, alors même qu'on m'a toujours refourgué des marque-pages ideux avec les bouquins que j'achetais. C'est vrai, c'est tellement moche les marque-pages. 4. Commencer à lire le journal par la fin. Tous les trucs qui m'intéressent dans un journal sont à la fin : la culture, le sport et la télé. Quand j'ai commencé à bosser dans la presse tout le monde me regardait bizarrement en me disant : "Mais qu'est ce que tu fais?" Comme si en procédant de la sorte, je blasphémais, je reniais la sacro-sainte information. Désolé, mais les mauvaises nouvelles, c'est pas ma came. 5. Acheter des disques. J'ai téléchargé une fois de la musique. C'était une chanson de Bernard Ménez (Je me prends pour Al Pacino), pour un collègue de boulot. Je préfère fouiner dans les bacs. C'est d'autant plus jouissif de dégotter un disque que l'on cherche depuis 2 mois. J'ai des potes qui font la course aux gigas, mais quand je trifouille dans leurs disques durs je leur dis souvent : "Tiens t'écoutes ça toi?" La réponse est souvent la même : un NON sonnant et trébuchant. Saint-John-Lennon, ayez pitié de leurs âmes. 6. Personne ne m'appelle par mon prénom. C'est comme ça mais je m'en fous, tout le monde m'appelle Bernie. Rien à voir avec le film. En des temps reculés, en 6e, pendant les cours de maths de notre prof nazi, avec un pote on a créé une BD qui s'appelait : les Aventures de Bernie La Mouche. Comme j'avais des binocles pas possibles à l'époque, on m'a tout de suite comparé à Bernie La Mouche. Et puis c'est resté, et puis tout le monde m'appelle comme ça. Un jour, ma petite Lucie adorée m'a envoyée une lettre d'Allemagne au nom de Bernie. Eh ben je l'ai reçue parce que même mon facteur m'appelait comme ça. J'adore, c'est tellement rock'n'roll. Je ne passerai la main à personne, parce que j'aime bien faire chier le monde aussi.