06 août 2008

Ayez confiance....

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Tout est allé très vite. En un coup de fil, tout était réglé. Après, pour le reste, ça allait être une autre paire de manche. En dix minutes on avait réglé le problème du boulot, restait à régler celui de l'appart, mon premier avec elle. Pas une mince affaire. Pas trop à cause d'elle en fait, surtout à cause de moi. Il fallait concilier mon côté panier plus que percé avec son côté hyperéconome, pour ne pas dire radin. Pas question de passer par une agence, cela va de soi. Nous voilà direction Nantes après avoir épluché tous les journaux et sites immobilier de particulier à particulier. J'avais décroché deux rendez-vous, mais ça ne m'emballais pas. Au premier, l'appart suait par tous les murs et son proprio passait son temps à ouvrir et fermer les portes et les fenêtres. Au second, il y avait une fenêtre pour tout l'appartement. Rien qu'à imaginer un dimanche pluvieux en plein mois de novembre ça m'a fichu la chair de poule. C'est donc logiquement qu'on a fini par toquer à la porte de toutes mas agences qu'on trouvait sur notre route. Vogue la galère. Combien de fois on a pris mon numéro de téléphone pour ne jamais me rappeler. Le pire, c'est que ces margoulins n'avaient rien à proposer, ou si peu. On a fini par trouver. Au bout d'une journée à crapahuter à droite à gauche, ma chemise dégoulinait de transpiration. On a pris l'ascenseur et poussé la porte de cet appart. Elle ne voulait, à cause du prix. Je lui est dit en dégainant mon plus beau sourire : "Viens, on va juste voir. On n'a rien à perdre. Si?" Pour finir, il est à nous., un beau 50 mètres carrés dans le centre de Nantes, à 500 mètres du boulot. Enfin, pas tout à fait. Il faut monter le dossier. J'ai été effaré de voir le nombre de justificatifs qu'il fallait fournir. Une vraie crise de confiance. Bulletins de salaire, les parents cautions, contrats de travail, etc., etc. Aucune économie ne sera faite sur le papier. On est même censé faire authentifier notre signature en mairie. C'est pas que j'ai autre chose à foutre, mais... "Personne ne le fait, mais c'est obligatoire", elle a dit la madame de l'agence. Bon, si personne ne le fait, pourquoi moi je le ferai? Tu peux me le dire? Tout ça pour dire que la peur c'est toute une industrie. On l'entretient, c'est le coeur du business. Peur de tout et de rien, de ne pas être payé, de l'étranger, de ne pas avoir de toit, de ne pas remplir les critères, de ne pas être assez comme ci ou assez comme ça, de prendre des initiatives, de sortir de chez soi... Quelqu'un peut-il me dire comment on fait pour responsabiliser les gens dans ce contexte ? La confiance règne. La confiance de la peur bien sûr.

25 juillet 2008

En deux coups de cuillère à peau

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Je suis resté deux heures au soleil et cela me vaut une souffrance de plusieurs jours. La rougeur de mon dos contraste sérieusement avec le teint d'albâtre de mon petit cul. J'ai du mal à marcher tellement le soleil a rudoyé mes genoux. Je suis con aussi, je n'ai pas mis de crème solaire. J'ai passé deux heures à lire, à barboter dans l'eau et à regarder les gens, et trois jours après, je m'en mors encore les doigts. J'ai juste l'impression que le soleil cogne plus fort qu'avant. Quel avant, je n'en sais rien. Mais je me rappelle qu'il y a une dizaine d'années, quand je n'avais pas encore de poils sur le torse, je pouvais exhiber fièrement ma pâleur. Et si tôt fait, je bronzais en deux coups de cuillère à peau. Là, il la martyrise. Serait-ce ma peau qui supporte plus mal les UV ? En tout cas, depuis lundi, j'en suis à mon deuxième tube de Biafine. Je ressemble à une glace deux boules vanille-fraise. Sans chantilly. Qu'est-ce que je dors mal. Obligé de dormir sur le ventre, la douleur me réveille la nuit. Pire que quand au lycée les potes me claquaient les épaules douloureuses parce que j'avais eu le malheur de leur dire que j'avais chopé des coups de soleil, ou qu'ils m'avaient vu arriver de loin avec mon sac à dos sur les avants-bras. Ca pince, ça pique, ça gratte. J'ai voulu remédier à mon bronzage de bureaucrate, et deux petites heures m'ont ramené à la réalité : plus ça va, moins je supporte le soleil, ou plus ça va, plus le soleil tape fort. C'est là que je me dis que la couche d'ozone a pris une bonne torgnole dans la gueule, et que ça ne va pas aller en s'arrangeant. Que vu les prix de la crème solaire (15€ le flacon), ce sont encore les plus pauvres qui vont trinquer. Que même devant le soleil, les hommes ne sont pas égaux. Que la nature est la plus forte, et que quoi qu'on fasse pour la dompter, elle nous rappellera toujours à l'ordre, et de façon brutale s'il le faut. Un bon coup de soleil, ça vaut toutes les campagnes de prévention. A condition d'en tirer les leçons.

19 juillet 2008

Ma bouche carbure à la mouche

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La première fois que j'ai gobé une mouche c'était sur mon scooter. La gueule écartelée par un bâillement béant elle est venue se faire décapiter par un grand coup de glotte. Gloups. Ca m'est resté entre la gorge. Juste avant, elle avait perdu connaissance en entrant dans le champ de mon haleine fétide de lendemain de cuite avant de venir s'emplafonner au fond de ma gorge. Petite conne, regarde où tu vas quand tu traverses la route. Hier, enfourchant de plus belle mon cher deux roues à pédales, j'ai bouffé sa petite soeur. Pas un faux pli sur mon pantalon, les lacets bien noués, je me dirigeais le ventre gargouillant rejoindre deux amis au restaurant. Tom Zé à fond dans l'i-pod, ma bouche grande ouverte malaxait bruyamment les paroles en portugais de Companheiro Bush : "A quel a bomba to Iraqui.... Fuck for you bush..." Je l'ai vue virevolter devant mes lèvres avant de s'engouffrer dans mes entrailles. Ca n'a pas fait un pli, elle n'a pas regardé où elle allait, elle s'est explosée directement au fond de ma gorge. J'ai dégluti difficilement. Sa dépouille gisait là, pas pressé de se faire décomposer par une horde de sucs gastriques. A plusieurs reprises, je me suis raclé le fond de la gorge pour essayer de la faire passer. Pas moyen. Ca a commencé à m'obséder cette mouche là. J'ai accumulé un bon paquet de salive pour qu'elle s'en aille. Elle restait cramponnée ici. Je me suis assis à table après avoir amusé la galerie avec ma mésaventure du jour. Je ne sais pas si elle m'a rempli le bide ou coupé l'appétit, mais je n'ai guère pu avaler grand chose. Si j'avais pu, j'aurais chopé une grosse pince, je me la serais enfoncée dans le gosier pour l'en extirper. Et puis, je me suis dis que c'était son destin, qu'elle devait mourir comme ça. Parfois, la nature est cruelle. Pauvre bête. Finalement, c'est écolo comme carburant, la mouche.

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16 juillet 2008

Quand peindre un mur deviens de la peinture sur soi

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Au premier de l'an, ils n'avaient rien trouver de mieux à faire que de barioler un mur blanc de vin rouge. C'est comme ça qu'ils m'ont remercié de l'invitation. Déjà qu'ils se sont barrés sans faire un poil de ménage. Ca a tiré sur le bleu pétrole avant de pourrir le beau blanc cassé d'un violet picrate. Une grosse tâche qui avait dégouliné en quatre ou cinq petits filets pour se scratcher sur la plainte en carrelage. Rien à foutre, j'avais planqué tout ça derrière un meuble que je venais de retaper. Ni vu ni connu. En mars, j'avais acheté la peinture, hier, je me suis décidé, enfin, à rendre à cette cloison son immaculée dignité. J'ai sorti l'artillerie lourde : la vielle caisse avec le matos de peinture, la blouse bleue maculée de peinture de toutes les couleurs, un vieux short, des vieilles godasses trouées. Déjà, j'ai bien dû mettre 5 minutes à ouvrir le pot de peinture. Tournevis en main, j'ai failli m'arracher trois doigts et j'étais à deux doigts de me le faire à l'ouvre-boîte. C'est à ce moment que je me suis dit qu'il devrait faire le même système d'ouverture sur ses fichus pots que sur le boîtes de raviolis. On tire, ça fait pschit, et c'est prêt à consommer. Mon pinceau était aussi sec qu'une flaque d'eau en plein désert. Le poil rabougri, sec et cassant. Je n'avais pas dû bien le nettoyer la dernière fois. M'en fout, j'avais un beau rouleau tout beau, tout neuf. Hop, une petite trempette dans le liquide fraîchement touillé, et je roule. Enfin, je galère. Me sachant pas très adroit, un peu sale quand je fais des travaux d'envergure, j'avais calfeutré un périmètre de 5 mètres autour du mur. En me prenant les pieds dans le drap de protection, j'ai évité la chute humiliante en plongeant la main gauche dans le pot de peinture. Heurk. Pas grave, je peints, je peints et je repeints. J'en mets partout. Je finis plus blanc que le mur. Et cette maudite tâche qui me nargue, résiste à mes coups de rouleaux. Il n'y a rien à faire, elle ne veut pas partir. Une couche, deux couches, trois couches et toujours là. C'est qu'elle est tenace la garce. A chaque aller-retour du rouleau, il projette des gouttelettes qui décolorent mais mains, mes jambes. Je m'étais déjà essuyé la main sur la blouse, elle était dans un état la pauvre. Même avec un scaphandre j'aurais trouvé le moyen de me peinturlurer la tronche. Rien n'a été épargné, les lunettes, le short, la peinture se niche dans toutes les petites cavités de mes doigts. Ca va encore mettre trois jours à partir ce truc. Je vais encore devoir me doucher au white spirit. Et on va me dire : "Ah, t'as fait de la peinture toi!". Non, j'ai fait un combat de catch avec un tube de blanco. N'empêche, j'ai fini par l'avoir cette tâche dégoulinante aux allures de méduse murale. Et ça, j'en suis pas peu fier.

11 juillet 2008

La prochaine fois, on n'ira pas en camping, hein ?

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Un peu à la dèche, on a raclé les fonds de tiroir, taxé quelques chèques vacances ici et là et on est parti en camping. Sac surchargé sur le dos, on a embarqué sur le bateau direction belle-île pour une escapade nature. Mer dégueulasse, j'ai failli dégueuler. Après quelques bornes à crapahuter tels des mulets, on a planté nos premières sardines. Il n'y a pas à dire, le camping c'est vraiment chouette. Jour 1 . En grand manitou du camping je lui ai dit : "Laisse moi faire, je suis un pro !" Des années de camping avec papa et maman pour bagage technique, l'intégrale du bouquin des Castors Juniors dans la poche, j'ai monté la tante, gonflé les matelas, tandis qu'elle me regardait avec des grands yeux béats d'admiration. Je me suis redressé pour surplomber mon oeuvre de toute ma hauteur. La tente s'était ratatinée sous les coups de boutoir d'un zef pas possible. Elle a gloussé, étouffé un rire. "C'est normal qu'elle soit toute penchée comme ça ta tente?". Non, c'est pas normal. Le vent sifflait dans mes oreilles et ses sarcasmes aussi. Sauf que moi j'ai très bien dormis et pas elle. Alors, c'est qui le vrai Castor Junior? Jour 2 . C'est décidé, on change d'emplacement. Déplantage, replantage, nous voilà dans la pinède sous la coupe d'arbres centenaires. Pas de chaise, rien d'autre que des journaux pour poser ses fesses au sec après une grande rando. Entre temps, elle a vomi son midi. Sans doute les moules d'hier soir qui ne sont pas passées. Opération réchaud. Je mets le gaz pour la deuxième fois après avoir shooté dans la casserole plein de flotte. Oui je suis maladroit et alors... Tu le sais bien non? L'eau ne boue pas, je cuis quand même les pâtes. Elles étaient censées cuire en 3 minutes, au bout de 6 ou 7 minutes j'extrais de la casserole une sorte de mélasse jaunâtre que je mélange à du pesto. Trois bouchées chacun, c'est infâme. Demain, on va au resto... Jour 3 . Repos. Enfin presque. Les gosses des voisins ont voulu jouer aux cowboys et aux Indiens autour de notre tente. Ils se sont pris les pieds dans les fils de la tente et ont amoché notre abri de fortune déjà mal en point. Bande de sales morveux. Et dire que ça fait marrer leurs parents. Jour 4 . Pas d'électricité, pas de confort, seuls au milieu de la nature, nous revoilà plus primitifs que jamais. "Je m'ennuie" qu'elle m'a dit. Je lisais tranquillement. Il y aurait eu un centre commercial qu'elle s'y serait précipitée, juste pour en prendre plein les mirettes. On avait déjà fait pas mal de bornes à vélo, pique-niqué sous un fin crachin, je voulais être peinard. J'ai laissé couler. Elle est revenu à la charge, j'ai cédé. J'ai refermé mon bouquin, et nous voilà tout en allers et venues dans les petites boutiques de l'île. On a fini à boire des bières et à bouffer au resto. Ras le bol de bouffer du taboulé le cul par terre. Jour 5 . C'est fini. Il pleut. Je déplante sous la pluie. Je suis crado. Je n'avais pas prévu assez de fringues. J'ai retroussé mon vieux jean à mi-mollet. Ma veste verte est complètement fardée de tâches. C'est toujours comme ça quand je rentre de vacances. Je rentre un peu sale, un peu fatigué. C'est le signal de la fin. J'ai hâte de rentrer pour prendre une bonne douche. Sur le bateau du retour elle s'est penchée vers moi : "La prochaine fois, on n'ira pas en camping, hein ?"

04 juillet 2008

La vie c'est comme un trousseau de clé

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Pour Forrest Gump et sa maman, tout ça c'était une histoire de chocolats, de boîte et de hasard. Pour moi, la vie c'est une affaire de clés. Plus t'en as sur ton trousseau, plus ta vie est remplie. Je me suis fait cette réflexion l'an dernier. Je venais de plier ma caisse, je me retrouvais à la chôme. J'avais donc rendu la clé du bureau et celle de la boîte aux lettres, et jeté mes trois clés de bagnoles. Mon trousseau de clé était devenu famélique, j'avais plus de porte-clés que de clés. Seules les clés de la maison et du garage y pendouillaient. Avec un avantage : ça ne déformait plus les poches de mes jeans. Je ne me retrouvais plus avec cet amas difforme dans la poche droite qui faisait dire à tout le monde : "Mais qu'est-ce que t'as dans ta poche ?" Dans ces cas-là, l'anneau se laisse moins facilement dépecer. Il ferme sa gueule comme pour éviter de voir se barrer un peu de lui-même. On a un peu plus de mal à extirper la grosse clé du bureau du porte-clé. L'impression de perdre un bout de soi-même, qu'on laisse derrière soi un lieu fermé à clé où on ne foutra plus les pieds, si ce n'est pour un rapide salut aux anciens collègues. On abandonne le sésame au fond d'un tiroir du bureau de la secrétaire, et puis on se dit que bientôt on aura une autre clé, d'un autre lieu, d'une autre page de sa vie. J'ai troqué les clés de ma super 5 contre une clé d'antivol de vélo. Elle est plus petite, moins encombrante. Elle veut aussi dire que que quand il pleut, je vais me prendre une saucée. Que je ne claque aucune tune en essence, ce qui a le don d'exalter ma veine écolo. Au fond, un trousseau de clé ça en dit pas mal sur nous même. C'est représentatif de notre vie, de nous même. Le dépouillement du trousseau peut en dire aussi long qu'un trousseau tout en fanfreluche et flanqué de mille porte-clés. Il n'y a qu'à comparer un trousseau masculin et un autre féminin pour se rendre compte des nos différences comportementales. Celui d'un gars revêtira un porte-clé avec la marque de sa caisse, surtout si c'en est une une allemande avec pas mal de chevaux sous le capot. Celui d'une fille sera plus coloré avec un porte-clé perso, un truc très affectif. Quand on a peu de clés, on entre moins, on sort moins donc. C'est logique. On a moins de lieu à fréquenter, alors on reste chez soi. On en sort que quand on en a besoin. On toise ce satané porte-clé, maigrichon comme c'est pas permis, en espérant le voir se ragaillardir. Hier soir, encore une fois, j'ai déposé le clé du travail sur le bureau de la secrétaire. Sans me retourner, sachant, que cette fois ci j'avais atteint mon quota de CDD et que je ne reviendrai plus. C'est con, on nous donne pas de clé à la ANPE.

02 juillet 2008

Toute l'élégance britannique dans une sandale

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Les touristes anglais se repèrent à des kilomètres à la ronde. Souvent rougeauds, les Britons à la grande carcasse bedonnante ont une allure toute britannique. Légèrement nonchalante, légèrement voûtée. Un gras du bide qui sue plus que de raison, tout perdu qu'il est sous son bob en regardant les panneaux directionnels. Le bon Briton, la peau rôtie par le soleil, se remarque très souvent par son absence de goût. Son truc à lui, c'est de mettre des chaussettes avec ses sandales. Et qu'on ne vienne pas me parler de confort quand il s'agit d'emmitoufler ces gros pieds britanniques alors que le mercure titille des 30 degrés. C'est un fait, notre voisin d'Outre Manche n'aime pas la tong. Là où l'Allemand glissera ses petons teutons dans une Birkenstock, l'Anglais lui préfère la grosse sandale, massive, avec ses lanières pompeuses qui maintiennent fermement le pied et la chaussette. Car toute la subtilité réside dans le fait de ne pas faire plisser la chaussette, ce qui réduirait à néant toute cette recherche optimale du confort. Et la chaussette ? Souvent blanche, parfois noire. Certains Angliches sont plus fantaisistes. J'en ai vu un avec des vertes le week-end dernier. Un Rouquin d'Irlandais. Sa peau laiteuse, sa tignasse orange carotte et ses chaussettes vertes... Assorti aux couleurs de son drapeau. On aurait pu le suspendre par les pieds à un mat qu'on n'aurait pas fait la différence. Le fluet gamin aurait flotter dans les airs comme un étendard. Et puis, en été, les chaussettes, ce n'est vraiment pas écolo. Car qui dit chaussette, dit machine à laver, donc eau, donc énergie, etc., etc. Et puis ça pue. Des panards angliches macérant toute la journée. Beurk. Comme une odeur de cheddar et de bière périmés. Infâme. Les gros balourds de la perfide Albion se remarquent aussi par le port quasi-systématique du maillot de foot. Privilège réservé ici aux fans invétérés du ballon rond ou aux beaufs. Les leurs sont criards, des couleurs sobres quand ils s'agit des clubs mythiques, de tons démagos quand il s'agit de leurs clubs de rase campagne. Leur façon à eux de dire qu'ils nous emmerdent, nous les froggies. Comme dans leur manière de boire systématiquement la bière par pintes, quelque soit l'heure de la journée. Là où on préfère boire un café. J'aimerai bien savoir ce qui se passe dans leurs têtes pour mettre des chaussettes dans les sandales et des maillots de foot fluos. C'est quand même paradoxal que dans une contrée dont on vente le bon goût et l'élégance la sandale se porte avec des chaussettes. Mais bon, chacun ses beaufs après tout. De l'autre côté de la Manche, ils doivent voir le marcel comme une exception culturelle. Mais que fait la reine?

30 juin 2008

Un an déjà

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Un an. Ca fait un an jour pour jour que j'ai posté ma première note, que je suis devenu un bloggeur. Je m'en souviens encore. Je l'ai postée en me demandant bien qui pourrait me lire. Les copains évidemment, encore que... Souvent encore, il m'arrive d'entamer une note sans trop savoir de quoi je vais parler. Ca vient comme ça, au fil des lignes. Après, il y a l'attente des commentaires. Une attente un peu fébrile d'un mail nous disant qu'on a reçu un commentaire sur notre blog. Plus on en a, plus on en veut. C'est normal, ça donne envie de retourner au charbon, d'écrire encore et toujours. Alors merci à tous de me lire, ça me fait du bien à l'égo. Et surtout continuez, comme ça moi aussi je continuerai. Allez, je vais souffler ma bougie.

26 juin 2008

Les amuses gueules m'ennuient

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Les amuses-gueules n'ont rien de drôles. Au restaurant, à chaque fois c'est pareil, on nous sert des trucs gratos aux noms farfelus : émulsions de croûtes de porc, jus d'asperges aux lentilles, etc, etc. Je laisse volontiers ma part au chien. La dernière fois, une émulsion d'asperges, la vulgaire impression de croquer dans du vide, un arrière goût qui m'a harcelé les papilles pendant tout le repas, au point de ne pas en apprécier la suite. Etendard gastronomique chichement brandi, on nous sert des amuses-bouches faméliques, pompeux et suranés, pour nous faire patienter. Et quand je dis que je n'en prendrai pas, on me l'amène quand même. Et sur un plateau. Une cuillérée pour papa, une cuillérée pour maman... Le cérémonial est bien rôdé. On commande, et sans qu'on nous prévienne, il sort de derrière les fagots. Libation bilieuse qui se sirote ou s'attrappe à la cuillère, fuyante, inexpressive. Mise en bouche subliminalement idiote, elle s'amuse, laisse augurer d'une suite pompeuse. Une suite qui est souvent délicieuse, mais s'abîme dans son prélude. C'est con, mais quand on me sert un truc comme ça, je repense à la cuisine de ma grand-mère, qui, le nez collé dans sa marmite, concocte des plats en sauce sans chichis, des crêpes délicieusement beurrées. Rien d'amer, tout se goulèye dans une éffusion jouissive des goûts. C'est pas que c'était mieux avant, c'est que c'est juste simple, chaleureux, plein d'amour. J'aime manger, j'adore ça même. Croquer c'est vivre, sentir un bout de chair se déliter sous une canine impérieuse, les chicots qui bataillent avec un bon bout de bidoche c'est s'amouracher des petits plaisirs. Comme un poisson fondant s'attarde sur ma langue, c'est jouissif. Et alors que j'ai envie de tous ces plaisirs, on m'amène une verrine bégueule qui me nargue, là, paumée dans son océan de porcelaine, comme pour me faire poireauter un peu plus. Alors j'attends, avec pas une cacahuètes à me mettre sous la dent.

20 juin 2008

Moi, belle maman et les gros mots

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"Depuis que je suis avec toi, ma mère trouve que je dis vachement plus de gros mots." Putain de merde, c'est quoi ce bordel ! Elle a dit ça Josiane? C'est vrai que je parle pas toujours un langage des plus châtiés. Un putain ou un merde s'échappent facilement de ma bouche, des mots chelous aussi, des trucs en verlan. Putain doit être un de mes mots préférés, encore plus que concupiscence ou abracadabrantesque. Ce qui fait que je ne suis pas toujours compréhensible pour les plus de 30 ans. Serais-je vulgaire? Pourtant, devant belle maman je suis sage comme une image, je finis toujours les plats qu'elle me sert, je suis bien fagoté et je mets pas mes coudes sur la table. Je lui sert des "volontiers", "merci", "c'est succulent Josiane" en veux-tu en voilà. Avec beau papa, c'est plus simple, on parle barbecue, bricolage, je grignote sur le vocabulaire, ses oreilles sont moins sensibles. Je suis poli, bien élevé, mais j'aime dire des gros mots. Petit, on m'a dit de dire bonjour madame, merci madame, au revoir madame. Or, à force d'entendre mon père vociférer des "aaaahhhh, vérole, putain de bordel de merde", ça n'aide pas à se faire une place dorée dans le monde de la courtoisie. Si plus aucun ne devait en sortir de ma bouche, je crois que je sombrerai dans un profond désarroi. C'est tellement jouissif de lâcher une vieille insulte contre une porte qui nous a explosé le pied ou un ordi qui vient d'effacer tout seul les quatre pages de textes qu'on venait d'écrire. Je me libère de mes frustrations, ne garde rien sur le coeur, je crie. Et ça fait du bien. Comme balancer à un pote : "Mais t'es con ou quoi?" Alors, forcément, ça déteint sur mon entourage. Sans nuance, mes mots gangrène l'esprit pur de ma mie, qui s'évertue à lutter contre le blasphème qui l'alanguit entre ses lèvres, mais rompt sous le poids du soulagement qu'il lui procure. "Nom de Dieu". Voilà, c'est sorti, elle se sent mieux. Mais, elle se lâche aussi devant sa mère, ce qui fait rougir ses lobes d'oreille. Pour se justifier, elle dit que c'est de ma faute, que je lui apprend toutes sortes d'immondices. Ce qui met à sac tous mes efforts de séduction auprès de belle-maman. Je trouve une certaine esthétique dans le gros mot. Au-delà du soulagement que ça procure de le dire, dans un texte, il arrive souvent à refléter un état d'esprit, il retranscrit une ambiance, renvoie une image de celui qui l'écrit. C'est surprenant d'en trouver parfois dans des roman polissés. Il se glisse insidieusement dans certains textes. J'aime la façon dont il arrive à trancher, à mettre un texte en relief pour lui donner du corps, comme les tanins soulignent le caractère d'un bon vin. Ou la façon dont il arrive à extorquer un rire étouffé à un cul serré. Le gros mot peut alors devenir le plus subtil des mots. Un démon des mots en quelque sorte. Mais là, je me retiens. Je fais gaffe à ce que je dis, pour ne froisser personne. C'est frustrant. Parce que moi sans mes gros mots, ce n'est plus vraiment moi.