28 avril 2008
L'amour ça craint, ça fait grossir
Je le vois sur les photos. C'est évident. Ce petit collier grassouillet qui enlace mon menton, ce bidon replet qui se dandine au dessus de la ceinture de mon jean. J'ai grossi. A vue d'oeil. J'ai pris une taille de pantalon, changé de lettre d'alphabet quand j'achète un t-shirt ou une chemise. Quand je me regarde dans la glace, je rentre le ventre, j'ai l'impression que ça va, mais sur les photos, c'est une horreur. "Je suis comme ça dans la vraie vie de tous les jours?", que j'ai demandé à ma meuf. "Ben ouais." Pas un mot de réconfort rien. Je m'en tape, elle aussi elle a grossi. Et le coupable est le même. Il paraît qu'on appelle ça l'amour.
C'est quand j'ai la flemme de cuisiner, que je rentre tard du boulot, je l'invite au resto. Je lui dit "Viens, on va bouffer une salade, je t'invite." Et je me retrouve à becter une entrecôte avec une ventrée de frites et un bol de sauce béarnaise. Le tout ponctué par une crème brûlée ou une glace surmontée d'une montagne de chantilly. Si j'avais été célibataire, je me serais fait une misérable assiette de pâtes au beurre. Je l'aurais avalée en matant la téloche, Denisot ou une connerie comme ça. Et j'aurais fini avec un yaourt nature. Sans sucre, parce que la flemme de me lever pour aller en chercher jusqu'au placard au-dessus de l'évier.
Pour les petits déjeuners, c'est pareil. Au lieu d'avaler une grande tasse de café en relevant mes mails, je l'emmène se gaver de croissants et de pains au chocolat à la terrasse d'un café de bord de mer. On lit les journaux. On prend deux cafés. Et une heure plus tard, on remange parce qu'on avait oublier que son père et sa mère nous avait inviter à déjeuner. C'est reparti pour une farandole de rôtis, de tartes et des frites, encore des frites. Et Josiane, qui me dit : "Tu vas bien en reprendre un peu Antoine?" Je ne peux lui faire l'affront de refuser, sinon derrière, c'est une heure de tractations et de "mais tu sais, il faut manger pour prendre des forces." Oui, je sais, comme dit mon père, un sac vide ne tient pas debout.
Quand j'étais célibataire et étudiant, j'ai testé toutes les sauces en boîtes en vente. Je ne mangeais que ça, des pâtes. Un coup avec du pesto, un coup avec de la sauce aux cèpes. Parfois une pizza, quand c'était jour de fête. Un peu de légumes de temps en temps, pour la forme. Le pire, c'est que j'adore faire à manger. Alors, des fois, je me décarcasse pour elle. Je lui prépare des bons petits plats. Mais quand je suis tout seul, nada. Je vais manger ce que j'ai sous la main. Une boîte de pâté Hénaff sans pain, des pâtes ou un de ses dérivés, genre raviolis.
Je fais moins gaffe, on se dit que c'est bon, qu'on l'a trouvée, alors on peut se lâcher, il n'y a plus personne à séduire. Elle, elle me dit que je suis bien comme ça, alors je fais du gras, là, échoué sur mon canapé à m'enfiler des tablettes de chocolat en lisant des bouquins pendant qu'elle est à l'école.
Seulement, j'en ai marre qu'on me dise que j'ai grossi. Surtout au boulot. Ils ne savent dire que ça, que j'ai grossi, ou que j'ai acheté mes fringues à des Roumains, juste parce que j'ai un t-shirt vert. Je vous jure, les journalistes ils sont franchement limités parfois. Et faut voir comment ils se fringuent. Soit des croques-morts, soit on voit que c'est bobonne qui achète et, eux, enfilent ce qui leur passe sous la main. Allez zou, direction la salle de sport. Objectif : 6 kilos en 2 mois. J'y peux rien, c'est mon côté pouf qui ressort.
11:11 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : régime, blabla, amour, grossir, restaurant




















