16 février 2009
Revue de presse + chanson du lundi
Lu dans So Foot : "Sarkozy pourrait jouer dans un porno, selon la hardeuse belge Eva Karera : "C'est pas tellement son corps, c'est sa gueule, je crois qu'il a une tête de vicieux", Citation de l'année."
Stuck I The Sound : Ouais
11:35 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : stuck in the sound, sarkozy, rpck, politique, porno
13 février 2009
Un coup de bol
Les jambes du gamin se balançaient dans le vide. Il était perché sur sa chaise et ses gambettes étaient encore trop courtes pour atteindre le sol. Sous l’œil bienveillant de sa grand-mère, il buvait son chocolat chaud. Ses deux petites mains encerclaient son bol, et quand il buvait, son bol lui recouvrait le visage. Après chaque gorgée, sa langue venait lécher sa lèvre afin d’effacer sa moustache en chocolat.
L'autre jour, les jambes du grand gamin traînaient dans le vide, esquissant dans l'air des petit ronds. Perché sur un tabouret de bar, il buvait sa bière, ses deux mains, plus grandes et plus poilues, encerclaient sa pinte. Il a bu une grande lampée, puis avec sa langue, il a effacé la traînée de mousse qui s'était déposée sur sa lèvre.
Ca m'a pété à la tronche comme ça, le jour de mes 26 ans, j'ai superposé ces deux images. Il y avait quoi, aller, 20 ans d'écart. Je me suis dit : c'est bien tu es un homme maintenant. J'ai souri benoîtement, comme le fait le grand béta que je peux être parfois. On m'a regardé de traviole. "Pourquoi tu rigoles tout seul comme ça? T'as l'air niais". "Pour rien, pour rien", j'ai murmuré.
12:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bol, blabla, grandir, adulte, enfnt, psycho
10 février 2009
La chanson du mardi
Je n'écoute pas beaucoup de hip-hop, mais là, ça vaut le coup.
Sage Francis feat Jolie Holland : "Got Up This Morning"
10:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jodie holland, sage francis, rap, hip-hop, blabla, musique, country
06 février 2009
Road to Luxembourg
Le Luxembourg n'est pas une destination très glamour pour un week-end, j'en conviens. On aurait tendance à préférer Londres, Barcelone, Amsterdam ou Bruxelles. Le problème, c'est que je ne connais personne là-bas, alors qu'au Luxembourg on retrouve les potes. Expats dévoués corps et âmes au grand capitalisme attirés par l'odeur de l'encre d'une planche à billets comme des charognards reniflent celle du sang des kilomètres à la ronde.
A deux heures de Paris. Une escale par Metz, faute d'avoir pu choper le TGV direct. Sur le quai, des jeunes tirés à quatre épingles tirant rageusement sur leur clope. Costard, souliers vernis, manteau trois-quart, tronche de cake et gueule de presque premier de la classe pour les garçons. Jupes, manteau trois-quart, bottes soigneusement cirées, anti-cernes et rimel presque outrancier pour les filles. Nerveux, des tics, regard teigneux, des doigts qui chiffonnent frénétiquement un billet de train. Encore 45 minutes de rail et on y est. Dans le wagon, les seuls bruits qu'on entend sont ceux des touches de clavier qu'on martyrise et des feuilles de papier qui crissent entre les doigts.
La vieille pierre de la gare fait son effet. Il fait nuit, froid et c'est en travaux, mais "on repassera demain", me dit Raf. Parce que demain, c'est tourisme. En attendant, on se dirige vers un bar. On s'engouffre dans un parking sous-terrain : 10 Porsches sur 100 mètres carrés, de la tôle rutilante et pas un vieux tacot, pas un tas de boue, pas une vieille guimbarde avec un rétro arraché qui traîne. C'est propre, très propre, presque trop. A la surface, les rues sont désertes. On peut fumer dans les bars, pas dans les restos. La bière n'est pas chère, c'est à dire aussi chère qu'en province en France, mais meilleure, il y a plus de choix. Je n'avais plus l'habitude des bars enfumés, mais j'y ai retrouvé ce supplément d'âme que ça conférait aux bistrots. Retrouvailles chaleureuses. Quelques pintes, 3 h du mat, un très gros pipi, les dents, et au lit.
Place à la visite. On commence par une balade en bagnole sur le plateau de Kirschberg, quartier d'affaire paré de verre et d'acier. Moderne, en mutation, vaniteux. On passe devant Fortis, Clearstream se rappelle à nos bons souvenirs, les bâtiments d'institutions européennes font un peu vieillots à côtés de ces coffres-forts ultra modernes. C'est désert, on est samedi, ça devient presque glauque. C'est la crise, c'est là, dans ces tours, que se joue une partie d'échecs financiers. Peut-être même avec des règles un peu tronquées. "C'est là que je bosse", me dit Mickaël. Il brasse des millions, son travail ne lui plaît pas, il est là pour faire de la monnaie, passe plus de 12 heures par jour au boulot, et bien souvent une partie de ces week-ends. D'un coup, je perds de ma jovialité, ça me rend triste de l'apprendre. Je comprends mieux d'un coup cette mélancolie et cette lassitude qui se lisent par moment sur son visage. Je détourne le visage et regarde par la vitre. Le ciel est gris.
Je vois ce qu'il y a à voir. Le palais du Duc, la ville basse qu'on appelle le Grund, une vieille abbaye joliment restauré, des vieilles pierres. Et puis, il y a ce panneaux bizarres ou rigolos qu'on ne comprend pas toujours : "Pas de salage : accès à vos risques et périls" ; un panneau sur lequel figure un vélo et sous lequel il est écrit " excepte combat de gel" ; ou cet autre où figure un adulte tenant un enfant par la main, largements barré de rouge. Tiens, un garde immobile avec une moumoutte sur la tête. On a l'impression que personne ne fait vraiment sa vie ici, que les gens y sont juste de passage. Qu'ils y restent quelques années, puis repartent comme ils y sont arrivés, sans grande émotion, sans que ça ne fasse ni chaud ni froid.
Encore un bar, encore une bonne bière, deux, trois, quatre. La soirée se passe. Ca fait du bien de se retrouver tous ensemble après tout ce temps. Impossible de trouver une boulangierie ouvert après 18h un samedi soir. La soirée continue. Gueule de bois, trajet dans le sens du retour. De jour ce coup-ci, ce qui permet de voir défiler l'industrie de l'est : Mittal, des houillères, la métallurgie presque fantomatique. C'est le genre d'endroit, quand on y passe, on se dit : "Je n'aimerai pas habiter là". Mais ça, on ne choisit pas forcément.
15:58 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : luxembourg, voyage, blabla, bière, fumer
03 février 2009
La chanson du mardi
The Avalanches : Frontier Psychiatrist
Une petite chanson de psychopathe pour démarrer la semaine.
11:12 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : the avalanches, blalba, musique, psy
02 février 2009
Un putsch dans ma bouche
Je suis tombé de mon trône. J'ai fini le cul par terre, déchu par un chewing-gum frondeur. Quelques coups de dents et voilà que le mollasson en vient à me décoiffer de ma couronne. Insolent. Tout ça en plein mois de novembre. Par un froid glacial alors qu'on descendait de Pigalle vers Opéra. J'ai recueilli la couronne au creux de ma main. Coincée entre mon pouce et mon index je l'ai auscultée. Elle avait une sale gueule, encore brillante par endroit, l'amalgame qui la garnissait semblait vouloir pourrir un peu plus. Pourrais-je la rechausser? Redeviendrais-je souverain?
"Je peux vous la recoller, mais je ne peux pas dire combien de temps ça va pouvoir tenir." Cette dentiste ment-elle comme une arracheuse de dent? Me voilà parti à la reconquête de mon trône. Le tout pour un demi-K€. Le temps de monter un échafaudage dans mon royaume bucal, me voilà allonger sur le fauteuil du dentiste. La gueule béante. Pour l'ouvrir plus largement il aurait fallu un cric. Taille de dent à coup de roulette pour mieux la sertir de ma couronne flambant neuve. Durée des travaux : un mois.
On en était aux finitions. Une carie félonne a resurgit, planquée derrière un vieux plombage. Elle rongeait tranquillement une prémolaire. Un lent et pernicieux travail de sape. L'échafaudage est resté en place. La dentiste a fait tourbillonner sa fraise, la roulette a sifflé dans l'air avant de venir heurter la dent dans un bruit plus sourd. Elle appuyait, encore et encore. J'ai fermé les yeux intensément pour marquer ma douleur. Rien n'y a fait. J'ai commencé à taper du pied sur le bout du siège. Elle s'est arrêtée : "Je suis désolée, j'ai un peu touché le nerf". Elle me posait des questions, mais avec tout le barda de tubes que j'avais dans la bouche, mes mots s'abîmaient dans un charabia que je baragouinait avec peine et douleur. Je me contentais de hocher la tête et de rouler des yeux pour me faire comprendre. Elle, sournoise, feignait d'être sensible à mon mal.
La revoilà parti à l'assaut de ma forteresse dentaire. A ce rythme-là, elle va me finir à la perceuse ou au marteau-piqueur. Elle va me monter sur les genoux, m'écarteler les mâchoires avec des étais et me faire sauter le chicot avec une pelleteuse. J'étais anesthésié. Je ne sentais ni ma bouche, ni ma joue, ni ma langue, mais ma dent me lançait. La dentiste a dévitalisé la dent. L'a rempli avec je ne sais quoi. Dans un jargon archi-médical d'arci-duchesse dentaire, elle m'a décrit la marche des opérations. Bien sûr, je ne pouvais répondre.
Avant qu'elle la repère, cette dent ne m'avait jamais causé de tort. Depuis, elle ne m'a jamais fait aussi mal. Viva la révolucion.
11:53 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : dentiste, blabla, révolution, putsch


























