21 janvier 2009

Comment je me suis fait mettre en pièces

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J'avais besoin d'un café. Vite. Pas de monnaie dans les poches, juste deux biffetons, un de 5 et un de dix euros. Je traverse le boulevard qui sépare la rédaction du bureau de tabac en triturant nerveusement le filigrane des billets tapis au fond de ma poche. Je regarde, à gauche, à droite, j'emprunte le passage piéton, je pousse la porte du commerce. "Bonjour". La dame me répond, poliment, comme tout bon commerçant sait le faire. Je me dirige vers les portants où s'empilent les magazines. J'attrape les Inrocks. Cette semaine c'est le numéro avec CD. Je vais devoir cracher 4,90€. En tant normal, c'est 3,30€.

La machine se farcit le code barre. Bip. "4,90 s'il vous-plaît". Je suis de bonne humeur, je souris, je lui tend mon billet de 10. "Vous pourriez me rendre la monnaie en pièces s'il vous plaît ?" J'ai failli rajouter que c'était pour la machine à café mais je me suis abstenu.

Qu'est ce que je n'avais pas dit. J'ai pris pour tous les autres qui sont passés avant moi et qui ont demandé la même chose. "Je commence à en avoir marre. Tout le monde veut de la monnaie en pièce, et moi.... Moi, je peux pas aller à la banque chercher de la monnaie, parce que les horaires ne correspondent pas. Alors je fais comment moi...Hein, vous pouvez me le dire ?" J'étais tout penaud, je n'ai pas su quoi dire. "Chais pas". J'ai revu le gamin qu'on avoinait parce qu'il sautait à pieds joints dans toutes les flaques d'eau qu'il voyait. J'ai souri bêtement et haussé les épaules, sous entendant que je n'y était pour rien moi.

J'ai eu comme l'impression d'être un cloporte qu'elle allait impitoyablement écraser sous son gros godillot. Elle a négligemment jeté les pièces sur le comptoir. Si elle avait pu, je crois qu'elle me les aurait balancé à la tronche. Je me suis renfrogné, ma main s'est refermée sur les quatre pièces de monnaie puis est allée s'enfouir au plus profond de la poche gauche de mon jean. J'ai tourné les talons. "N'oubliez pas votre magazine quand même". Sans à peine la regarder j'ai attrapé ma revue. Elle m'a sourit. J'ai balbutié un au-revoir que j'aurai voulu sec et calquant.

J'ai retraversé le boulevard. Un homme rentrait dans le bureau de tabac. Je me suis pointé devant la machine à café avec ma pièce d'un euro, l'épisode déjà presque oublié. Sur la machine était scotché un bout de papier sur lequel était griffonné HORS SERVICE, comme ça, en lettres capitales, histoire que personne ne passe à côté. Salope. Et toi aussi de l'autre côté de la route. Salope.

19 janvier 2009

La chanson du lundi

Eagles Of Death Metal : I Wanna Be In LA
Ce qui est loin d'être faux en ce lundi midi pluvieux.

14 janvier 2009

Quand je mange des frites, garde tes mains dans tes poches

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Le serveur a déposé devant moi une assiette copieusement garnie. Le pavé de boeuf légèrement sanguinolent s'y acoquinait avec quelques frites finement coupées. Les mains de mes convives se sont alors mises à ronger la nappe, jusqu'à venir innocemment grappiller quelques frites dans mon assiette. Certains n'en ont pris qu'une, d'autres ont recommencé leur petit manège une fois, deux fois, trois fois, comme si de rien n'était. On était six. Eux, ils avaient commandé du poisson, des saint-Jacques, les filles des salades, forcément. J'étais le seul à avoir pris des frites. Pour mon plus grand plaisir et à mon plus grand dam.

C'est vrai. La valse des doigts devient si agile et fragile quand il s'agit de bouffe. Quand c'est si facile à manger, une frite attire les convoitises. L'assiette en débordait, alors une de plus, une de moins, qu'est-ce que ça change ? Personne ne m'a demandé : "Bernie, je peux te piquer une frite ?" Personne. Alors, avec ma fourchette, je me suis amusé à aller picorer dans les assiettes des autres. J'ai dû m'étirer presque de tout mon long au-dessus de la table pour aller piocher dans certains plat. Ils sont restés éberlués devant mon geste. "Mais qu'est-ce que tu fais". "La même chose que vous", j'ai répondu en me servant dans leurs auges. On a croisé le fer à coups de fourchettes quand j'ai voulu me taper un bout de foie gras ou une saint-Jacques.

"Ben ouais, mais c'est pas pareil. toi c'est juste une frite !" Juste une frite, peut-être, mais vous avez procédé avec la même ingratitude, voire avec une once de sournoiserie. Avec vos paluches mesquines, là. Bigre, j'y suis allé avec la fourchette tout de même, c'est plus propre qu'avec vos doigts graisseux. Bande de cons. La frite ne serait-elle qu'un ingrat bâtonnet de pomme de terre frit ? Dans la théorie oui. Mais dans l'assiette et dans la bouche c'est autre chose. C'est ce met qu'on mange avec les mains, qu'on engouffre d'une traite ou qu'on grignote en l'entaillant de plusieurs vifs coups de dents. C'est un truc que chacun mange à sa façon. Avec, on sauce, on finit son repas, on traque la saveur du ketchup.

C'était donc ça. A leurs yeux, il ne s'agissait que de deux ou trois frites. Et bien non. Sans passe-droit on ne peut se permettre d'aller becter dans l'assiette du voisin. Non mais, quelles manières. Alors, la prochaine fois, je commanderais des haricots verts. Et eux des frites. Et on verra qui c'est le plus fort. Parce que : "qui c'est les plus forts, évidemment c'est les verts". Donc les haricots.

06 janvier 2009

Viens faire un tour dans mon inculture

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BritBrit, vous commencez à la connaître. Et bien figurez-vous que cette impétueuse, après un zest de flagornerie, rapport au ramage et au plumage de ma boîte cranienne, elle me soumet à la chaîne de l'inculture. Comme je ne suis pas bégueule, assez téméraire et bon camarade, je le fais. Vous voilà plongé dans les tréfonds de mon ignorance dans les six domaines imposés suivants : cinéma, livres, géographie, mathématiques, nourriture et boissons.

Cinéma
L'autre jour, j'ai revu Piège en Haute Mer, avec Steeven Seagal. Un régal. Mais quand le générique s'est mis à défilé, je me suis dit que j'avais vu beaucoup de croûtes blindées de testostérone et pas assez de films de Jean-Luc Godard ou d'Eric Rohmer. J'y peux rien, quand ça fait boom de partout, j'aime bien. Y'en a qui regarde la Star Ac ou super Nanny pour se vider le crâne, et ben moi je regarde Les Ailes de l'enfer. Badaboom.

Livres
Pour le bac de français, je me suis fadé un pavé de Zola, Au Bonheur des Dames. Je tournais les pages avec peine, sans aucun entrain, les descriptions pénibles se succédant éternellement. Toutes ces lignes grises ne finissant jamais leur folle chevauchée, ça me foutait la gerbe. Du coup, j'ai décidé de faire l'impasse sur tout un pan de la littérature française dite classique.
J'ai préféré découvrir Hunter S.Thompson, Bret Easton Ellis et John Fante que me taper Les Rougons Macquarts. Cela dit, c'était il y a presque dix ans et peut-être qu'aujourd'hui ça m'intéresserait. Ou pas.

Géographie
Je suis incollable. Quand on partait en vacances, pour m'occuper, et surtout pour que je ne bastonne pas mon petit frère, mon père me faisait apprendre les départements avec les plaques d'immatriculation. Quand j'en avais marre, on jouait au jeu des capitales. Par contre, je n'ai jamais pris l'avion.

Mathématiques
Ca je suis une vraie burne. Et passé les divisions à deux chiffres, je suis perdu. L'autre jour, mon cousin qui est 6e m'a demandé de l'aidé à résoudre un problème. J'ai essayé. J'ai pas réussi. J'ai rien compris.

Nourriture
L'odeur m'a chatouillée les narines. Désagréable, un truc que je n'avais pas senti depuis très longtemps, une odeur qui rappelait la grosse et méchante dame de la cantine : des choux de Bruxelles. Un de mes colocs mange des choux de Bruxelles. Ca et les salsifis, je peux pas. Ca et l'odeur de pied pourri d'un fromage coulant, ça me fait tourner de l'oeil. Par contre, j'aime beaucoup le vin rouge. Du coup, quand on arrive au fromage, je compense et je suis deux fois plus saoul que les autres.

Boissons
Ca j'en suis pas peu fier, je ne bois pas de Coca Cola. Presque jamais. J'aime pas ça. Cette arrière goût trop sucré que ça laisse dans la bouche, cette espèce de pélicule de tartre que ça laisse sur les dents. A la limite avec de l'alcool, je dis pas. Mais uniquement dans du bacardi pour un cuba libre. Ouais, je n'aime pas non plus le whisky. Ca a un goût de plastique.

Comme d'hab, je ne taggue personne, mais si quelqu'un veut nous faire partager un bout de son ignorance, c'est gratuit... et ça ne fait pas mal.

Et puis tant qu'on y est : BONNE ANNEE.

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