14 janvier 2009
Quand je mange des frites, garde tes mains dans tes poches
Le serveur a déposé devant moi une assiette copieusement garnie. Le pavé de boeuf légèrement sanguinolent s'y acoquinait avec quelques frites finement coupées. Les mains de mes convives se sont alors mises à ronger la nappe, jusqu'à venir innocemment grappiller quelques frites dans mon assiette. Certains n'en ont pris qu'une, d'autres ont recommencé leur petit manège une fois, deux fois, trois fois, comme si de rien n'était. On était six. Eux, ils avaient commandé du poisson, des saint-Jacques, les filles des salades, forcément. J'étais le seul à avoir pris des frites. Pour mon plus grand plaisir et à mon plus grand dam.
C'est vrai. La valse des doigts devient si agile et fragile quand il s'agit de bouffe. Quand c'est si facile à manger, une frite attire les convoitises. L'assiette en débordait, alors une de plus, une de moins, qu'est-ce que ça change ? Personne ne m'a demandé : "Bernie, je peux te piquer une frite ?" Personne. Alors, avec ma fourchette, je me suis amusé à aller picorer dans les assiettes des autres. J'ai dû m'étirer presque de tout mon long au-dessus de la table pour aller piocher dans certains plat. Ils sont restés éberlués devant mon geste. "Mais qu'est-ce que tu fais". "La même chose que vous", j'ai répondu en me servant dans leurs auges. On a croisé le fer à coups de fourchettes quand j'ai voulu me taper un bout de foie gras ou une saint-Jacques.
"Ben ouais, mais c'est pas pareil. toi c'est juste une frite !" Juste une frite, peut-être, mais vous avez procédé avec la même ingratitude, voire avec une once de sournoiserie. Avec vos paluches mesquines, là. Bigre, j'y suis allé avec la fourchette tout de même, c'est plus propre qu'avec vos doigts graisseux. Bande de cons. La frite ne serait-elle qu'un ingrat bâtonnet de pomme de terre frit ? Dans la théorie oui. Mais dans l'assiette et dans la bouche c'est autre chose. C'est ce met qu'on mange avec les mains, qu'on engouffre d'une traite ou qu'on grignote en l'entaillant de plusieurs vifs coups de dents. C'est un truc que chacun mange à sa façon. Avec, on sauce, on finit son repas, on traque la saveur du ketchup.
C'était donc ça. A leurs yeux, il ne s'agissait que de deux ou trois frites. Et bien non. Sans passe-droit on ne peut se permettre d'aller becter dans l'assiette du voisin. Non mais, quelles manières. Alors, la prochaine fois, je commanderais des haricots verts. Et eux des frites. Et on verra qui c'est le plus fort. Parce que : "qui c'est les plus forts, évidemment c'est les verts". Donc les haricots.
11:15 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : blabla, frites, restaurant, gastronomie

























Commentaires
je déteste quand on vient piquer dans mon assiette. Je grogne. Quand c'est très bon, j'ai envie de faire partager, mais c'est moi qui gère : je prépare une fourchettée et je demande qu'on ouvre la bouche. Mais des doigts dans mon assiette, grrr. T'aurais dû les empaler à la fourchette
Ecrit par : les400clics | 14 janvier 2009
t'es pratique toi en DoggyBernie non ?
Ecrit par : BritBrit | 14 janvier 2009
http://fr.youtube.com/watch?v=awCUKCbKQKo
(C'est vrai, c'est insupportable. Mon père me le faisait quand j'étais petite, ça me rendait dingue, et quand je râlais, il me disait: "Tu vas toutes les finir, peut-être", me laissant sans réponse puisque, en effet, j'avais un petit estomac et que je n'allais pas les finir, ces frites.)
(Merci, Bernie, grâce à toi j'économise des séances psy)
Ecrit par : Wini | 15 janvier 2009
@ Miss 400 : Ouais, leur enoyer ma fourchette entre les yeux.
@ BritBrit : ouais, un vrai dépotoire. Je finis toutes les assiettes de tout le monde à chaque fois.
@ Wini : Il va peut-être falloir que je songe à une reconversion un de ces quatre.
Ecrit par : Bernie | 19 janvier 2009
je deteste ça les pilleurs d'assiette sans meme demandé en plus, moi aussi j'aime partager mais quand je veux
Ecrit par : bibifok | 19 janvier 2009
pas plus tard que mardi dernier, j'ai piqué une frite dans l'assiette d'un copain mais c'est lui qui l'avait proposé... Je tiens à le dire.
A mon sens piquer dans l'assiette de l'autre, voire même goutter est un geste suffisamment intime pour que je ne le propose pas à n'importe qui voire que je refuse de faire chez quelqu'un que je ne connais pas assez.
Et puis piquer des frites dans l'assiette du voisin quand on a commandé une salade au vinaigre balsamique, franchement c'est le comble de l'hypocrisie... C'est moche. T'as bien fait de te rebeller... N'empêche, je rentre du boulot, tu m'as donné faim et y'a rien dans mon frigo... dis, il te reste pas une frite là quelque part ? hihihihi j'plaisante... je vais plutôt me contenter d'une tomate, c'est une alimentation normale pour les blondes.
Ecrit par : une blonde dans la ville | 19 janvier 2009
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