18 novembre 2008

Un livre, un endroit, un frisson

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J'ai toujours un bouquin dans ma besace. Ca me permet de pouvoir lire où je veux, dès que j'ai un bout de temps devant moi et un peu d'espace de cerveau disponible. Du coup, je me retrouve souvent à bouquiner dans des endroits différents, dans des ambiances différentes. Donnant une saveur particulière à chaque livre.

Par exemple, celui que j'ai seulement lu dans le train, le temps d'un aller-retour à Paris. Il n'était pas épais, je l'ai dévoré à moitié affalé contre la vitre du wagon, lorgnant de temps à autre sur le paysage qui s'effilochait à mesure que le TGV grignotait le rail. Il y a celui que j'aime lire à la terrasse d'un café, même s'il fait froid. Sur le guéridon, un café ou une bière en fonction de l'heure de la journée. Les pages défilent devant mes yeux, éclairée par un doux soleil d'hiver, puis par un réverbère, le jour déclinant.

Il y a aussi celui que j'effeuille dans un parc par un jour de grand beau temps, le cul rongeant un peu plus le bois de ce banc public écorné. Que j'essaye de suivre tant bien que mal malgré le bordel des gosses qui jouent au foot juste à côté, alors que je me prélasse dans l'herbe fraîchement coupée. L'autre que je lis sans lire, avachi dans le fauteuil du salon. Un coup plus fasciné par la musique de fond, ou l'accordéon du voisin. L'autre à me demander si j'ai plus envie de bouquiner ou de glander devant la téloche.

Il y a celui des salles d'attente, que je n'aime pas trop, car je suis à peu près sûr de devoir le délaisser au beau milieu d'un chapitre. Aussi frustrant qu'exaspérant quand quelqu'un débarque dans la pièce en écorchant mon nom de famille et que je dois abandonner là ma lecture.

Et puis, mon préféré. C'est celui qui me traîne au lit. La tête confortablement calée par deux oreillers, les pages jaunies par ma lampe de chevet, ce bouquin là se dévore au pieu. Je prends soin de traîner sur chaque phrase, sur chaque mot, d'en soupeser tout le sens. J'ai le temps. Les jambes caressées par une couette me remontant juste au-dessus de l'abdomen, je suis bien. Au chaud en ces soirs un peu froid, avec un deux carrés de bon chocolat venant flattés mes papilles. Les mots me bercent. C'est un peu l'histoire que me racontait mes parents en me mettant au lit quand j'étais un petit garçon.

Photo : http://yoda.zoy.org

17 novembre 2008

Joliment barré



Of Montreal : Id Engager.

11 novembre 2008

Moi, une bière et James Dean

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J'ai refermé la porte d'entrée derrière moi, jeté ma besace au pied du buffet du salon et me suis dirigé vers la cuisine. Machinalement, j'ai ouvert la porte du frigo, ai plongé ma main dans le bac à légume pour attraper une bière tout un cherchant le débouche-bock de l'autre. Le pschit évanescent de la décompression de la capsule a délicatement grésillé. Je n'avais pas encore bu une gorgée que déjà je sentais le liquide tapisser fraîchement mon gosier. J'ai fait tout ça machinalement, presque instinctivement, à coup sûr inconsciemment.

Ces gestes m'ont surpris, car inhabituels. Je les ai effectués avec un tel délié, une telle aisance que le plaisir en a été décuplé par cent. Je me suis vu dans un film en noir et blanc, Marlon Brando, James Dean, une chemise dévoilant largement mon torse et dont les manches étaient remontées au-dessus de mes coudes, un vieux jean élimé, le corps souillé par du cambouis. Mon image reflétait dans les chromes d'une bécane, une Norton rutilante, trônant au milieu d'un garage un peu poisseux du middle west américain. J'ai jeté un coup d'oeil dans le rétro. Mes cheveux était idéalement graissé. C'était La fureur de vivre, Easy rider. Chaque goutte, chaque bulle renforçait ma magnificence. La guitare bluesy de Clapton tapissait le fond sonore. Ténébreux.

Je me suis senti profondément homme, incarné par cette puissance du houblon prisonnier d'une bouteille verte. Personne d'autre que moi et ma bière, unis par un bouche à bouche fiévreux, embarqués pour une folle équipée sauvage. Un baiser épicé pour un bad-boy qui ne cherche qu'à s'encanailler dans un vieux bouge enfumé. Rien d'autre autour, hormis les odeurs d'huile de moteur, de sueur, de cuir et de poussière. Avec quelque relents de cramé.

Au bout de cinq minutes, mon omelette agonisant dans la poêle m'a ramenée à la réalité. Ma bière était vide, avait légèrement dégouliné sur le col de ma chemise. J'en avais profité jusqu'à la dernière goutte. La dernière gorgée de bière à claqué aussi sèchement qu'aun clap de fin. Philippe Delerme n'a rien compris. Coupez.

05 novembre 2008

Petite musique de vie

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Ca y'est, je me suis encore fait taguer. C'est un truc que j'avais fait il y a déjà pas mal de temps mais qui me plaît bien. Je serai même capable de le faire tous les jours tellement je suis toqué.

Le thème est le suivant : “mettre son ipod en position aléatoire et coller les treize chansons qui sortent du chapeau aux treize questions suivantes, sans tricher bien sur !”

Alors, voici les résultats :

1. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
I Don't Owe You Anything - The Smiths. Carrément ????

2. Comment les autres vous voient ?
Polar Girl - Dionysos. C'est très embêtant, étant donné que je suis... un garçon.

3. Quelle est l’histoire de votre vie ?
Down In Hollywood - Ry Cooder. Right now baby?

4. Quelle chanson pour votre enterrement ?
In My Box - The Do. C'est vrai, je pense que je serai dans une boîte, ou une urne.

5. Comment allez-vous de l’avant dans la vie ?
La Corde Sensible - M. Ca, ça dépend des jours.

6. Comment être encore plus heureux ?
Cameras - Women. Moi, réalisateur de films. Ou acteur????

7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie ?
Back Burner - Isobel Campbelle & Mark Lanegan. Il y a erreur sur la personne Monsieur.

8. Pour décrire ce qui vous ravit ?
Pass The Hat Around - Help She Can't Swim. Ca ou le téléphone arabe, ça dépend des jours.

9. Votre boulot pour vous c’est… ?
Mama's Got the Wagon - Mickey Murray. Mmmhhhh. Non, en fait.

10. Que devriez-vous dire à votre boss ?
People Tell Me Not To Worry - Papas Fritas. C'est vrai Chantal? Je suis prolongé???

11. Pour vous, l’amour c’est… ?
Move On Up - Curtis Mayfield. Of course baby, sinon c'est la routine et ça capote.

12. Pour vous, la sexualité ça doit être… ?
Electro-Shock blues - Eels. Si c'est pas torride ça. Grrrhhh.

13. Bloguer pour vous c’est… ?
Psychotic Reaction - Count Five. Ca va vous faire fuire ça.

Maintenant, fait qui veut.


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