25 août 2008
Pas de carte bancaire, pas de dernière bière
C'est la merde, j'ai encore paumé ma carte bleue. Je l'ai glissée dans la poche de mon short, et puis plus rien. Disparue. Elle a due tomber quand j'ai sorti mon ipod pour changer de chanson.
Me voilà à guerroyer dans les arcanes du système bancaire : faire opposition, blablater avec la godiche de l'accueil, etc. "Vous en êtes à votre quatrième carte bancaire en deux ans Monsieur. Ce serait bien de faire un peu attention", qu'elle m'a dit. Non, c'est que j'adore changer de code, grognasse. Et puis après tout, je paye pour ça, donc je fais ce que je veux. Si j'ai envie de la perdre dix fois par an c'est moi que ça regarde, non mais... Je ne mets pas le nez dans tes comptes moi. Tu n'es que banquière ma fille, pas ma gouvernante.
Cela dit, c'est un jeu auquel je ne m'amuserai pas trop. Oui, je suis accro à ma CB. Je suis un peu un junkie du code à quatre chiffres et sans, je me sens à poil. Et puis, c'est la merde. Je suis obligé de me pointer aux heures d'ouverture du guichet pour retirer deux pauvres billets de 10 sacs. Du coup, je retire plus, et je dépense plus. Je me sens riches avec mes biffetons froissés dans les poches. Je suis obligé de régler mes achats par chèque. Ce qui veut dire que là c'est le pied, mais que dans deux semaines je ferai la tronche parce que tout sera débité en même temps. Et puis, payer par chèque c'est chiant, on les accepte dans moins en moins d'endroits et ça prend trois plombes.
C'est ça qui est problématique. On m'a habitué à l'instantanéité, c'est tellement simple de tout avoir tout de suite. J'ai faim à 16 h, je mange un casse dalle avec des frites ; j'ai une envie d'achat compulsif à 4 h du mat, je vais sur le net et je torche le business et trois clics. Je veux donc j'ai, donc je suis, l'équation est simple. Et là, je ne peux pas, alors j'attends. Et comme je ne suis pas patient, ça m'agace. Ca réfrène un peu mes envies, j'achète moins en fait. Je gratte un biffeton par-ci par-là parce que c'est trop tard pour aller retirer et que je boirais bien une dernière mousse avant de rentrer à la maison. Résultat des courses, je me retrouve avec des dettes.
Je trouve mon porte-feuille un peu vide comme ça. Je suis vermoulu par la société de consommation.
19:28 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : consommation, blabla, carte bleue, politique, société
13 août 2008
Monique, je mets quoi dans le caddie?
Jusque là, il n'y avait que trois bouteilles de pinard dans son caddie. Latour, Margaux, Saint-Estèphe, ce sont des noms qui lui parlent à Alain. Pour le reste, Monique sait bien qu'il déteste arpenter les rayons des supermarchés. D'ailleurs, il ne le fait jamais. Elle lui avait fait une liste longue comme la queue du Marsupilami, lui, s'appliquant à rayer chaque produit acheté à la pointe de son beau stylo plume. Il a fait crisser ses chaussures bateaux quand il a bifurqué vers le rayon surgelés. J'ai croisé son regard perdu au moment où il hésitait entre un paquet de brocolis et un autre de frites allégées. C'est alors qu'il a glorieusement dégainé son iphone 3G pour appeler Monique.
"Monique, c'est Alain là. Dis moi, je suis un peu perdu là, qu'est-ce que je dois prendre?" Des initiatives que j'ai eu envie de lui glisser. Elle, elle a dû lui dire qu'elle avait bien tout noté sur la liste et qu'il devait la suivre à la lettre. C'est vrai que son rôle à lui, c'est de se casser le cul dans un bureau 60 heures par semaine pour ramener de l'oseille à la maison afin que Monique puisse remplir allègrement son caddie. Du coup, quand Monique demande à son mari, une vraie feignasse à la maison, d'aller faire les commissions, il traîne les pieds, ça le fait chier, parce que les vacances, c'est fait pour se reposer.
C'est que ce soir, il y a les Delamousse qui viennent becter et Monique ne peut pas jouer sur tous les fronts. Elle doit nettoyer la baraque, s'époumoner aux fourneaux, s'emperlouser et botter le cul de ses grands enfants. En plus de ça, elle va devoir passer une plombe au téléphone avec son incapable de mari pour le guider dans le supermarché. Et même en le guidant, elle se doute bien qu'il va trouver un moyen de se planter, de confondre le chou rouge et la betterave. Elle, elle essaye de raccrocher son mari à la vie du foyer. Si elle le voyait là, affaissé sur la barre de son caddie...
Plusieurs fois, je vais croiser mon gars Alain, pendu à son iphone, dépité à en bouffer son polo Lacoste devant des Pépitos, interloqué devant le rayon poissonnerie, aboyant sur Monique au beau milieu du rayon cosmétique.
Avant Alain, je n'avais pas trop fait gaffe. Et puis, en faisant mes courses, j'en ai croisé cinq ou six des comme lui, cadres quinquagénaires paumés dans un rayon de supermarché, incapables de prendre une initiative, presque radins quand il faut claquer un peu de tunes à la caisse. Déjà, Alain croyait qu'il n'allait jamais récupérer la pièce d'un euro qu'il avait enfournée dans le monnayeur du caddie. Comme quoi, on dit la France d'en bas, la France d'en bas... Mais vous avez vu la tronche de ceux qui sont en haut de l'escabeau?
11:25 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : blabla, iphone, course, homme, femme
06 août 2008
Ayez confiance....
Tout est allé très vite. En un coup de fil, tout était réglé. Après, pour le reste, ça allait être une autre paire de manche. En dix minutes on avait réglé le problème du boulot, restait à régler celui de l'appart, mon premier avec elle. Pas une mince affaire. Pas trop à cause d'elle en fait, surtout à cause de moi. Il fallait concilier mon côté panier plus que percé avec son côté hyperéconome, pour ne pas dire radin. Pas question de passer par une agence, cela va de soi.
Nous voilà direction Nantes après avoir épluché tous les journaux et sites immobilier de particulier à particulier. J'avais décroché deux rendez-vous, mais ça ne m'emballais pas. Au premier, l'appart suait par tous les murs et son proprio passait son temps à ouvrir et fermer les portes et les fenêtres. Au second, il y avait une fenêtre pour tout l'appartement. Rien qu'à imaginer un dimanche pluvieux en plein mois de novembre ça m'a fichu la chair de poule.
C'est donc logiquement qu'on a fini par toquer à la porte de toutes mas agences qu'on trouvait sur notre route. Vogue la galère. Combien de fois on a pris mon numéro de téléphone pour ne jamais me rappeler. Le pire, c'est que ces margoulins n'avaient rien à proposer, ou si peu. On a fini par trouver. Au bout d'une journée à crapahuter à droite à gauche, ma chemise dégoulinait de transpiration. On a pris l'ascenseur et poussé la porte de cet appart. Elle ne voulait, à cause du prix. Je lui est dit en dégainant mon plus beau sourire : "Viens, on va juste voir. On n'a rien à perdre. Si?"
Pour finir, il est à nous., un beau 50 mètres carrés dans le centre de Nantes, à 500 mètres du boulot. Enfin, pas tout à fait. Il faut monter le dossier. J'ai été effaré de voir le nombre de justificatifs qu'il fallait fournir. Une vraie crise de confiance. Bulletins de salaire, les parents cautions, contrats de travail, etc., etc. Aucune économie ne sera faite sur le papier. On est même censé faire authentifier notre signature en mairie. C'est pas que j'ai autre chose à foutre, mais... "Personne ne le fait, mais c'est obligatoire", elle a dit la madame de l'agence. Bon, si personne ne le fait, pourquoi moi je le ferai? Tu peux me le dire?
Tout ça pour dire que la peur c'est toute une industrie. On l'entretient, c'est le coeur du business. Peur de tout et de rien, de ne pas être payé, de l'étranger, de ne pas avoir de toit, de ne pas remplir les critères, de ne pas être assez comme ci ou assez comme ça, de prendre des initiatives, de sortir de chez soi... Quelqu'un peut-il me dire comment on fait pour responsabiliser les gens dans ce contexte ? La confiance règne. La confiance de la peur bien sûr.
09:54 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : immobilier, peur, blabla, nantes


























