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20 juin 2008
Moi, belle maman et les gros mots
"Depuis que je suis avec toi, ma mère trouve que je dis vachement plus de gros mots." Putain de merde, c'est quoi ce bordel ! Elle a dit ça Josiane? C'est vrai que je parle pas toujours un langage des plus châtiés. Un putain ou un merde s'échappent facilement de ma bouche, des mots chelous aussi, des trucs en verlan. Putain doit être un de mes mots préférés, encore plus que concupiscence ou abracadabrantesque. Ce qui fait que je ne suis pas toujours compréhensible pour les plus de 30 ans.
Serais-je vulgaire? Pourtant, devant belle maman je suis sage comme une image, je finis toujours les plats qu'elle me sert, je suis bien fagoté et je mets pas mes coudes sur la table. Je lui sert des "volontiers", "merci", "c'est succulent Josiane" en veux-tu en voilà. Avec beau papa, c'est plus simple, on parle barbecue, bricolage, je grignote sur le vocabulaire, ses oreilles sont moins sensibles.
Je suis poli, bien élevé, mais j'aime dire des gros mots. Petit, on m'a dit de dire bonjour madame, merci madame, au revoir madame. Or, à force d'entendre mon père vociférer des "aaaahhhh, vérole, putain de bordel de merde", ça n'aide pas à se faire une place dorée dans le monde de la courtoisie. Si plus aucun ne devait en sortir de ma bouche, je crois que je sombrerai dans un profond désarroi. C'est tellement jouissif de lâcher une vieille insulte contre une porte qui nous a explosé le pied ou un ordi qui vient d'effacer tout seul les quatre pages de textes qu'on venait d'écrire. Je me libère de mes frustrations, ne garde rien sur le coeur, je crie. Et ça fait du bien. Comme balancer à un pote : "Mais t'es con ou quoi?"
Alors, forcément, ça déteint sur mon entourage. Sans nuance, mes mots gangrène l'esprit pur de ma mie, qui s'évertue à lutter contre le blasphème qui l'alanguit entre ses lèvres, mais rompt sous le poids du soulagement qu'il lui procure. "Nom de Dieu". Voilà, c'est sorti, elle se sent mieux. Mais, elle se lâche aussi devant sa mère, ce qui fait rougir ses lobes d'oreille. Pour se justifier, elle dit que c'est de ma faute, que je lui apprend toutes sortes d'immondices. Ce qui met à sac tous mes efforts de séduction auprès de belle-maman.
Je trouve une certaine esthétique dans le gros mot. Au-delà du soulagement que ça procure de le dire, dans un texte, il arrive souvent à refléter un état d'esprit, il retranscrit une ambiance, renvoie une image de celui qui l'écrit. C'est surprenant d'en trouver parfois dans des roman polissés. Il se glisse insidieusement dans certains textes. J'aime la façon dont il arrive à trancher, à mettre un texte en relief pour lui donner du corps, comme les tanins soulignent le caractère d'un bon vin. Ou la façon dont il arrive à extorquer un rire étouffé à un cul serré. Le gros mot peut alors devenir le plus subtil des mots. Un démon des mots en quelque sorte.
Mais là, je me retiens. Je fais gaffe à ce que je dis, pour ne froisser personne. C'est frustrant. Parce que moi sans mes gros mots, ce n'est plus vraiment moi.
11:51 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : blabla, gros mots, insultes, belle mère






















Commentaires
je jure comme un charretier, et j'adore ça. Ma mère est outrée, mon mec s'est habitué mais n'en pense pas moins. Mes préférés : puterie, putain, sans oublier l'incontournable fait chier. Enfin c'est vrai que je me suis quand même un peu calmée (je crois). Tout ça est largement dramatisé. En fait j'ai jamais trop compris pourquoi c'était si mal vu : ponctuel, contextualisé, libérateur, ...
Ecrit par : les400clics | 20 juin 2008
L'autre jour, j'ai balancé sur le dos d'une gonzesse qui s'était montrée particulièrement égoïste: "c'est vraiment qu'une grosse salope, qu'elle aille sucer des bites en enfer". (Avec accent liégeois bien prononcé que l'écrit ne permet pas de rendre, ce qui est bien dommage.)
Ben on m'a dit que ça ne m'allait pas du tout...
(Fait chier putain.)
Ecrit par : Wini | 20 juin 2008
Je ne peux pas dire de gros mots moi, parce que dans mon travail c'est interdit! Et finalement j'aime plutôt bien l'idée de ne pas en dire, remplacer chiant ou casse couille par pénible, merde par zut ou flute, tu me fais chier par tu me casses les pieds! Je trouve que beaucoup d'expressions bien plus soft s'offrent à nous et soulagent nos jolies petites oreilles! Réserver les gros mots aux moments où l'énervement est insoutenable, c'est chouette et ça permet de savourer ces instants là!
Ecrit par : Lucie | 21 juin 2008
@ Miss 400 : Je dirais même fais chier la bite
@ Wini : c'est comment l'accent liégeois. C'est pas comme l'accent belge que tout les Français imitent pour se moquer de vous?
@ Luce : C'est tout à fait vrai. Mais je ne dis jamais zut, flmûte ou crotte. Je dis plus souvent "Et meeerde". Tu sais comment je suis....
Ecrit par : Bernie | 22 juin 2008
Putain de bordel! t'as bien raison, on se sent mieux après un "putain"...j'avoue que j'en dis souvent, alors avec mes tenues classes et mon petit air de madame, j'avoue que ça jure par moment..
Ecrit par : zygaena | 23 juin 2008
Putain, moi aussi j'adore ce mail !
Ecrit par : Suffragettes | 23 juin 2008
Tiens justement, ce week-end en jouant au tennis, j'ai traité la balle de pute au bout du 3ème filet...
Ecrit par : Amelie / Ces petits riens parisiens | 23 juin 2008
Nan nan, l'accent genre "Alleï dis une fois", c'est l'accent bruxellois.
Pour avoir un bel exemple d'accent liégeois, tape "michel daerden" dans Youtube...
(Alors? C'est la grande classe, non?)
Ecrit par : Wini | 24 juin 2008
@ Zygaena : dire des gros mots quand on est bien habillé, j'adore....
@ Suffragettes : ce mail???
@ Amelimelo : comment c'est possible de faire une triple faute au tennis?
@ Wini : Il est exceptionnel ton gus. Ca vaut Johnny bourré au JT de France 3 Nord. Là, je crois qu'on n'a pas d'équivalent politique. On ne boxe plus dans la même catégorie.
Ecrit par : Bernie | 25 juin 2008
@ Bernie : c'est possible comme il est possible de faire plus de 3 posts par semaine... chacun son truc, petit poulet ;-)
Ecrit par : Amelie / Ces petits riens parisiens | 25 juin 2008
@ Amelimelo : je dois prendre ça comme un reproche?
Ecrit par : Bernie | 25 juin 2008
@Bernie: Pourtant votre président a du potentiel... (Pour rappel: http://fr.youtube.com/watch?v=CVCpwfwExBM )
Ecrit par : Wini | 25 juin 2008
Moi j'ai trouvé la solution : j'emploie toujours le même gros mot auquel j'applique une variation.
Mon mot c'est "pute". Par variation, il devient "pute gratuite", "pute zobe", "pute vierge",...
Du coup, cela devient une vraie marque de fabrique.
Ecrit par : BritBrit | 25 juin 2008
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