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06 juin 2008

La position aérodynamique du sommeil

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L'interrupteur bascule sur off, la lumière s'éteint. Je me mets en recherche de la position aérodynamique du sommeil, la plus doucereuse et confortable pour tomber dans les bras de cette salope de Morphée. Sur le ventre le plus souvent, sur le dos parfois, quand j'ai trop bouffé ou trop bu. A force de tourner virer, de m'emberlificoter dans mes draps à force de mouvements douteux, je finis par la trouver la position adéquate. Et c'est toujours la même : sur le ventre, le genou droit légèrement remonté vers le bas ventre, l'oreiller coincé sous l'épaule gauche et la tête tournée dans la direction opposée. Mais c'est fait exprès.

J'adore ce moment entre le coucher et l'endormissement. Ce moment durant lequel j'échafaude toutes sortes de théories philosophiques, je me masturbe le bulbe rachidien à la recherche de sujet pour mes prochaines notes. Je pars crapahuter dans les méandres de ma vieille caboche, je me renseigne sur le sens de la vie, me demande de quelle manière je vais caser ce nouveau mot que j'ai appris aujourd'hui : palinodie. Les minutes défilent, les heures passent. Des fois, un fond sonore se tapit dans la noirceur de ma chambre, à un volume très bas. Une musique très douce. Juste de quoi me bercer. A 2h, il est vraiment temps que j'arrête mes conneries.

La machine s'emballe, les mots s'assemblent à une vitesse qui me dépasse. Je jubile à l'idée des trouvailles truculentes. Je devrais les partager, mais j'ai trop peur qu'on me les chipe. Et même si je sais bien qu'il n'y a rien de nouveau dans tout ça, je persiste à croire que j'en ai la paternité, histoire de me dire que j'ai un peu de génie en moi. Souvent, je m'extirpe de ma couche pour aller griffonner tout ça sur un papier. Le lendemain, j'ai du mal à me relire, tout ça est tombé tellement abruptement sur ce morceau de papier chiffonné que ça ne veut plus rien dire. C'en est presque indéchiffrable.

Des fois, je ne contrôle plus rien. Je suis pris dans l'engrenage, je suis vraiment fatigué, il faut que je dorme. Je pense à un grand trou noir. Mais rien n'y fait, j'ai chaud, ma nuque est trempée. Je me lève, ventile mes membres, étanche ma soif, je vais pisser un coup. Je fais le vide, et dès que j'éteins ma lampe, c'est reparti pour un tour.

Et puis, je ne sais pas comment ni pourquoi, je m'endors. Le lendemain matin, je me lève, rassemble des bribes de trucs, remet ma petite popote intello dans l'ordre. J'allume mon ordi, consulte mes mails en buvant mon café. Et j'écris tout ça ici...

Commentaires

ah tiens, je fais ça souvent, aussi. Mais parfois j'ai pas le courage de me relever et le lendemain j'ai tout oublié mes brillantes idées. (et ça marche aussi le matin quand tu veux faire la grasse mat et qu'une idée (en général, moi c'est pour le roman) te prends, qu'elle se déploit peu à peu, on lutte au début et puis finalement, on cède, se lève et vomit la scène d'un trait sur l'ordi)

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 06 juin 2008

Le matin c'est pas mal non plus... Celui où tu sors juste le petit pied pour tater de la température ambiante...

Ecrit par : Amelimelo / Ces petits riens parisiens | 06 juin 2008

Pour me rattraper, je t'ai mis un petit link ;-)

Ecrit par : Amelimelo / Ces petits riens parisiens | 07 juin 2008

@ Blonde : le matin, je ne peux pas trop. Le temps de sortir de la brume et de remettre le bastringue en branle, ça prend du temps. entre l'allumage, le préchauffage, etc., c'est toute une histoire.

@ Amelimelo : Voir ci-dessus. Merci, moi aussi...

Ecrit par : Bernie | 08 juin 2008

J'ai tellement envie de dormir en ce moment que je n'ai pas le temps de penser à quoi que ce soit quand enfin je pose ma tête sur mon oreiller mais d'habitude j'aime bien refaire le fil de ma journée dans ma tête, imaginer demain et m'endormir doucement... Je suis quand même du genre à vite dormir, un de mes ex me disait souvent que j'étais "une crevarde du sommeil" et que je pourrais vendre ma mère pour 3 minutes de sommeil en plus... c'est pas faux!

Ecrit par : Lucie | 08 juin 2008

@ Lucie : je confirme, un vraie rapia quand il faut rester au pieu... C'est qui qu'à dit ça? Seb??

Ecrit par : Bernie | 09 juin 2008

Bonne pioche!

Ecrit par : Lucie | 09 juin 2008

Je ne sais pas pourquoi moi c'est le dimanche soir que j'ai du mal à m'endormir, sans doute car j'ai trop accumulé de sommeil pendant le we.
Comme toi je suis aussi très cérébrale !!

Ecrit par : Suffragettes | 09 juin 2008

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