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28 mai 2008
Tu Paris?
Un week-end à Paris, ça fait mal aux pieds. J'avais mis mes dernières baskets toutes neuves, histoires de me la raconter. Tu parles, je me suis exploser les panards. Et puis les gens dans la rue, ce ne sont pas mes pieds qu'ils mattent, mais les leurs. Faut être con aussi d'aller aux Galeries Lafayette un samedi après-midi. J'avais pas la condition physique, un mauvais sprint, je suis parti trop vite, j'ai fini sur les rotules. C'est ça, à Paris, je ne sais pas m'économiser. Petit aperçu de la capitale, à travers les yeux d'un mec qui traîne là où les Parisiens ne vont pas ou plus (il paraît).
Vélib à terre. "Dans Paris à vélo on dépasse les autos. A vélo dans Paris on dépasse les taxis." Quelque part, Jo, il avait un peu raison. A part qu'il n'a jamais essayer de descendre les Champs en Vélib. Ce qui revient à peu près à faire du slalom entre des poids lourds à contresens sur une autoroute. C'est complètement surfait les champs en plus...
Dans la gueule du Louvre. Ils sont tous là, devant la Joconde. Agglutinés comme des cons, devant ce sourire pas plus énigmatique que celui de Bruno Lochet. Ils la prennent en photo, se pressent, se poussent. Au final, ils ne l'ont pas vu. Rien, nada, queudal. Elle est là, paumée sur une carte mémoire entre une grimace au pied de la Tour Eiffel et une bigotte égarée devant le Sacré-Coeur. Histoire de la montrer aux potes, de leur dire qu'on l'a vue. Enfin, des photos de la mère Mona, tout le monde en a déjà vu. Mais c'est juste pas donné de le faire à travers l'écran LCD d'un appareil numérique.
Une petite place pour Dalida. Je n'étais encore jamais passé par ce coin de Montmartre. Dalida en bronze, avec des nichons, sur une petite place pavée, pas très loin de la rue Lepic. Une rue Jimmy Hendrix, je comprendrais, mais une place Dalida, franchement... Et pourquoi pas Richard Anthony tant qu'on y est.
Eiffel Tower, pas même les fleurs. Quelque part entre les putes et les cartes postales, il y a les petits vendeurs de souvenirs. Forcément, je fais le touriste, donc on essaye de me refourguer une Tour Eiffel qui clignote, une tasse gravée I Love Paris... Bref, tout un tas de babioles inutiles qui ne font plaisir à personne et qui finissent par prendre la poussière au fond d'un placard. Là, ça coûte 5€. Autrement, tu peux monter en haut de ladite tour, faire un tour en fly-boat ou visiter le Sacré-Coeur pendant la messe. Mais le souvenir impérissable de chez impérissable, c'est la chtouille. Ca s'achète vers le bois de Vincennes, et pour certains, ça s'appelle le French kiss.
Train train J'arrive en train, à Montparnasse. Odeurs capiteuses, les pots d'échappement font clamser les narines. Je suis à peine sorti de la douche que je me sens déjà poisseux. Zut, il faut que je prenne le métro. Je m'engouffre sous terre, grimpe dans une rame. Je me trompe de sortie, prends les rues à l'envers, retourne mon plan dans tous les sens. Il n'y a rien à faire, je crois que je ne m'y ferai jamais. Ca va trop vite pour moi. Pas perdu mais un peu quand même. Une bière, deux bières, aller-retour, je m'endors, je suis épuisé. Une bonne cuillérée de Gibolin et tout ira mieux demain.
23:36 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : paris, touriste, blabla
23 mai 2008
Ma coiffeuse me prend pour une Barbie

Aller chez le coiffeur, c'est troublant. On reste là, assis devant un miroir à regarder le type d'en face qui nous dévisage. On ne passe jamais autant de temps face à soi que chez le coiffeur. Les moindres défauts sont passés à la loupe, on regarde ce qui a changé depuis la dernière fois : double-menton, cheveux perdus... On se dit que les cernes on encore gagné un peu de terrain, hermétique aux mots de la coiffeuse qui nous dit : "Alors, on fait quoi cette fois-ci?" Ben, je sais pas, c'est toi la coiffeuse. J'ai des cheveux très fins qui se cassent la gueule, pas spécialement longs, un cuir-chevelu abominable, tu me répètes ça à chaque fois que je viens, alors quoi ? Tu veux me faire des mèches c'est ça. Je passe ma main dans les cheveux, j'en arrache une poignée au passage. "On rafraichit", que je lui dis.
Et puis l'angoisse de devoir parler de la pluie et du beau temps. Ca, je ne sais pas faire. Parler pour parler, je n'ai pas besoin de ça, et la bécasse qui me tripote les lobes d'oreille en faisant mon shampooing peut toujours essayer. Je roule des yeux, me fait des grimaces, me gratte le nez parce que des cheveux égarés me chatouillent. La dernière fois, ma coiffeuse s'est barrée en courant en plein milieu d'un coup de ciseau. Elle a piqué un sprint pour aller filer à bouffer au parc-mètre quand elle a vu une pervenche passer dans la rue. J'ai rien compris, j'ai failli perdre mon oreille. Une vraie Mike Tyson du ciseau celle-là.
Je me regarde, je me dis que j'ai une tête de con. Un petit mot d'humour pour la forme. histoire de ne pas passer pour un connard. Je toise souvent la coiffeuse, ses mimiques, ses tics, les machoires des ciseaux qui s'ouvrent et se referment en prononçant un "tchic" si particulier. Quand elle me fait mal, je m'amuse à murmurer des petits "aïe", que je fais durer dans un petit souffle étouffé. J'ai alors l'impression que les coiffeuses ont fait ce métier pour continuer à jouer à la poupée quand leur âge ne le leur autorisait plus. Pouvoir tripoter des cheveux, c'est comme coiffer sa Barbie, la martyriser, la triturer comme une poupée vaudoo. Pour les coiffeurs, c'est une autre histoire. Un Oedipe mal digéré ou une voiture majorette en métal qui a finit sa cavalcade entre la fesse droite et la fesse gauche.
Je sens ses petites mains galoper sur mon crâne, plisser mes cheveux entre deux doigts pour les guillotiner d'un coup de ciseaux assasin. On s'en fout, ça repousse, pas comme sur les poupées. Voilà, parce que ça repousse, elles font rageusement ce qu'elles ne pouvaient pas faire avec leurs bout de plastique surmontés d'une tignasse en poils de couilles. Et puis, franchement, est-ce que c'est la peine de me mettre des barettes sur la tête. Juste pour tenir quatre poils bruns qui se tirent la bourre avec un épi. Là, j'ai l'impression d'être une Barbie, un jouet entre les mains d'une sale gamine qui maraboute ses poupées en espérant que cette connasse d'Alison arrivera chauve demain matin à l'école.
J'en suis encore sorti pas satisfait, mais je me suis dit que la prochaine fois je dirai à ma coiffeuse que je ne suis pas sa Barbie.
20:02 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
22 mai 2008
L'île aux Hommes
Comme ma grande copine Lucie est super drôle et bourrée de talents (souvent bourrée tout court), je lui ai filée une white card pour que je puisse offrir une certaine diversité à toi, mon cher lecteur adoré. Donc voilà, en attendant une prochaine note, j'ai laissé les clés de la boutique à la mère Lucie.
Je me suis rendue récemment en vacances à Rome parce que je suis enseignante fonctionnaire et donc souvent en grève et en congé. L’Italie, on m’a dit : « tu verras, c’est magnifique ! » A cette phrase récurrente, je répondais : « oui, j’imagine ! » (Normal, je n’allais pas répondre : « ah bah non moi je ne veux pas voir du joli ! J’ai choisi cette destination parce que c’est réputé pour être vilain !). Mais j’avais pleins de questions indispensables à la préparation de ma valise : Les Italiens sont beaux ? Bah oui. A la mode ? Évidemment (tu ne savais pas que Milan était la capitale de la mode!) On mange des pizzas et des pâtes tout le temps ? Non ils ne mangent pas que ça, t’es conne ou quoi ! (Oh on se calme ! oui je suis conne et je dis des gros mots et je t’emmerde).
Bref, je voyage avec une grande compagnie aérienne aux tarifs élevés parce que je suis fonctionnaire et que j’ai beaucoup d’argent. Je pars donc de ce grand aéroport standing qu’est Beauvais et après un vol de luxe arrosé au champagne et badigeonné de petits fours, j’arrive à Rome !
Whaouh ! Que la vie est chouette quand on est en vacances ! Ah moi le Colisée, Prada, les glaces, Romulus et Rémus et les beaux Italiens !
Avec mes copines célibataires et en couple, on parle souvent mecs et tout le tralala : je rappelle, je rappelle pas ? il me plaît, il me plaît pas ? il est chouette, il lui manque un truc non ? Bref, on débrief pas mal sur nos moult rencontres. Et tous ces débriefs, nous ont amené à élaborer des théories assez sensationnels sur le mâle (je les dévoilerai un jour si Bernie me laisse une other white card sur son blog !) Parmi elle, la théorie de l’île aux hommes ! Mais quelle est-elle, me direz vous ? Dans nos rêves les plus fous, nous avons imaginé qu’il existait sur notre cher Terre, une île sur laquelle les hommes, les vrais, les beaux, les forts, vivaient en paix, en harmonie mais entre eux, attendant désespéramment qu’une Christophe Colomb’s girl viennent les découvrir !
Quel rapport avec l’Italie ? Patience, ça vient !
Me voilà donc à Rome, prête à tout connaître de cette capitale ! Avec mon guide du routard sous un bras et ma meilleure copine sous l’autre, je suis d’attaque ! Je vous passe les détails sur mes nombreuses visites (je vous raconterais tout ça dans ma prochaine white card). Mais arrive la visite tant attendue : le Vatican. Moi, non chrétienne, jamais baptisée, presque juive et ayant à mon grand désespoir une culture religieuse pitoyable, je voulais voir, savoir et comprendre ! Et bien pour tout vous dire, j’ai tout compris en un seul regard et surtout je crois que j’ai été touchée par la foi ! L’ILE AUX HOMMES, mes amis, c’est là ! Avec un seul mot d’ordre : intouchable ! Le Vatican regorge d’hommes plus beaux les uns que les autres, mais pas beau un peu comme Brad Pitt hein, beau comme Jude Law dans Irrésistible Alfie, comme Patrick Swayze dans Ghost, comme Johnny Depp dans Edward aux mains d’argent ! BEAU QUOI !
Et bien je suis rentrée de mon périple avec peu de réponses à mes questions de départ mais en ayant trouvé l’Ile aux hommes et ça, je peux vous dire, je n’en suis pas peu fière !
Vous retiendrez donc pour vos prochains amis qui se destine à aller visiter l’Italie et sa capitale : « Rome, c’est beau mais c’est chaste ! »
12:23 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : mec, blabla, filles, rome
20 mai 2008
Le nec plus Ultra
Ces mecs là sont les premiers à arriver au stade, les derniers à en sortir aussi. Sécurité oblige. Bardés de banderoles, ils croulent sous le poids des grosses caisses et des mégaphones. Des toxicos du ballon rond, vaccinés à coup de crampons alu dans la tronche. Des gars qui ont fait leur classe dans les virages, tout petit avec papa, marqués au fer rouge par un premier match, une finale ou un joueur fantastique. Pas toujours des flèches non plus.
Ils ont la gueule fardée sous une écharpe, portent haut et fort leurs couleurs, celles de leur équipe. Maillot à l'appui. Ils s'appellent Bad Gones à Lyon, Dogues à Lille, feu les Boulogne Boys à Paris... 38 matches dans la saison, dont 19 à l'extérieur. 19 neuf week-ends à faire des bornes, à arpenter les routes de France en long, en large et en travers. Chaque stade évoque une ville qui ne leur dit rien, qu'ils n'ont pas eu le temps de visiter, dont ils ont seulement squatté deux ou trois troquets un peu crados. Chaband-Delmas, Bollaërt, Geoffroy-Guichard, tous ces gradins ils les ont piétinés, impatiemment. Chaque tribune renferme un souvenir : un but, une baston, un match volé. Ils se contrefoutent du pourquoi du comment du nom du stade, ils veulent seulement y être.
Et puis, ils repartent en sens inverse. Entassés dans une bagnole ou dans un car. Pause clope sur une air d'autoroute. Agrémentée par un café dégueulasse uriné par une machine dévoreuse de menue-monnaie. Ultras jusqu'au bout des ongles, ils voient potron-minet plus souvent qu'à leur tour en revenant de Lens, Toulouse, Sochaux ou Auxerre. La bouche pâteuse, la langue blanchâtre quémande une dernière bière. Une gueule de bois pointe son nez.
Un week-end sans foot ce n'est pas un week-end. Les Ultras bariolent les stades, les abrutissent, conspuent, supportent. Le montée d'adrénaline, le doux parfum de la baraque à frites, un casse-dalle à la rillette pour seul viatique, c'est ça qui les fait kiffer. Il n'y a pas à chercher plus loin. On prend une RTT ou un ou deux jours de congés quand les matchs ont lieu en semaine. On fait mille bornes dans un sens et mille dans l'autre pour 90 minutes de bonheur à s'érailler la voix, pour aller foutre une raclée au dernier ou prendre une valise contre le leader. Ces mecs là puent le foot, pas forcément le meilleur foot. Mais ils l'aiment. Plus que tout au monde, et pas toujours comme il faudrait. Se serrer les coudes dans une tribune, chanter, vibrer, ridiculiser les mecs du virage d'en face, il n'y a que ça qui compte et rien d'autre. Il n'y avait qu'à voir tous ces durs à cuir chialer comme des madeleines, samedi soir. Soit parce qu'ils descendaient, soit parce qu'ils se maintenaient en L1.
Mais voilà, la saison a tiré sa révérence. Deux mois à se faire chier, avant la reprise du championnat, début août. L'équipe de France, il n'en ont rien à secouer, l'Euro va juste leur servir de cache misère, comme la méthadone sert de substitut à un cocaïnomane. Je me demande vraiment ce qu'ils font quand il n'y a pas foot. Et deux mois, c'est long.
12:04 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : blabla, foot, ultras, supporters, bière
15 mai 2008
Je te survivrai... Ken
Ken le survivant sort au cinéma, alors qu'on déroule le tapis rouge sur la Croisette. Oua tsatsa. Les traits acérés des son visage anguleux, ses muscles hypertrophiés, le truc des cinq points vitaux et des corps qui se disloquent dans de violentes explosions de sang et de viscères. Avec des cris suraigus de castrats. Il n'y a pas longtemps, j'ai revu un épisode de ce dessin animé. C'est ultra violent. Et encore on a eu le droit à une version light, puisqu'il était interdit au moins de 16 ans au Japon. Et que Dorothée, dans son infime gentillesse, avait édulcoré la chose. Histoire de protéger nos petits esprits d'enfants crétins.
Je me souviens. Je regardais ça entre Princesse Sarah et Olive et Tom. Vous avez vous aussi remarqué la continuité entre les programmes. Les personnages étaient complètement destroy, des écorchés, des borgnes, des corps difformes. Pas une once de finesse, juste de la baston cradingue et du gore en veux-tu en voilà. Et toujours Ken qui gagnait à la fin. Trop fort. Il frappait ses adversaires à cinq endroits différents en trois dixièmes de seconde. Là, il leur balançait : "Tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà mort!!". Le méchant lui riait au nez avant qu'un éclair fende l'écran et qu'il gicle comme une vulgaire tâche de ketchup sur un t-shirt tout neuf. Tarantino a repris le concept dans Kill Bill. Un brin plus classieux tout de même.
Alors, je ne sais pas, sortir Ken le survivant au cinéma c'est un peu comme écouter les Musclés en dolby suround 5.1, ça n'a pas beaucoup d'intérêt. A part que le concert d'hémoglobine sera quatre fois plus grand. Une baston géante, Ken gagne à la fin, du sang, quelques yeux arrachés. De quoi faire une bonne souplette. La même que dans Indiana Jones, rouge, avec un oeil qui fond sous la langue.
Je ne suis pas trop nostalgique de tous ces dessins animés, contrairement à certains qui sont restés perchés dans les 80's, qui écoutent Indochine en boucle et qui ont érigé un autel à la gloire de Casimir dans leur chambre, entre un poster des Chevaliers du Zodiac et un autre de Top Gun. Je suis d'accord pour dire que nos programmes jeunesse c'étaient autre chose que Bob l'éponge, mais de là à tout racheter en DVD...
On grandit, on découvre autre chose, on lit, on sort, on rencontre des gens... C'est trop con de chercher à rattraper le temps perdu, à cavaler derrière une enfance qui s'est fait la malle. Tout est devant, pas derrière.
14:46 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : dessin animé, télé, blabla, cinéma, ken le survivant
13 mai 2008
Il y a des mecs qui n'ont honte de rien
Je l'ai vu venir de loin celui-là. Il lui a tapé la biz et s'est assis à côté d'elle. J'étais juste de l'autre côté du couloir du TER. Ils devaient être au lycée ensemble, j'ai pensé. Elle était plutôt mignonne, une petite brune comme on en voit pas mal. Frange, converse et slim noir. Lui, look de footeux, style de footeux, dégaine de footeux (cerveau de footeux???). Les cheveux à moitié long, gominés et plaqués un peu vers l'arrière, un peu vers le côté. Il avait un air de ce cancrelat de Milan Barros (joueur lyonnais). Le teint mat, des petites pompes blanches en toile, trois poils qui se tirent la bourrent sur son menton imberbe. Le pire à son âge, il avait un appareil dentaire qui lui encerclait les ratiches.
A partir du moment où il s'est assis, j'ai compris qu'il voulait l'attraper. Elle a fait mine de ne pas comprendre. D'abord, elle a rejeté une première fois son bras qu'il avait passé autour de son cou. Ils se sont fait engueuler par le contrôleur parce que leurs panards astiquaient les sièges du carré famille. J'avais été plus malin et mis mon sac en dessous mes pieds. Il s'est mis à lui tapoter la cuisse. Intrigué, j'ai baissé le son de mon ipod, histoire de choper des bribes de conversation. Rien. Ils se foutaient de la gueule l'un de l'autre, à cause de la photo de leur carte 12-25. A part ça, il essayait de la convaincre de le laisser mettre sa langue dans sa bouche
Elle s'est détendue. Il lui a passé le bras autour du cou. Elle s'est laissée faire. Je faisais semblant d'être plongé dans mon bouquin, mais je suivais la scène avec une curiosité outrancière et pas très discrète. J'avais vu son sac du FC Lorient. Il lui restait 20 minutes pour galocher. Cap ou pas cap? A l'autre bout du wagon, ses potes se payaient sa tronche, sachant très bien qu'il n'arriverait à rien. Comme souvent avec une aussi piteuse technique de drague.
Elle s'est mise à glousser, puis elle en a eu ras le bol. Elle a vite été exaspérée par ce numéro de charme de pacotille. Pendant les dix dernières minutes du trajet il l'a baisouillée, un coup sur la joue, un coup sur le bras, lui tripotant la cuisse. Il a essayé de mettre la langue, mais elle l'a envoyé bouler. Elle m'a jeté un regard, comme une supplique. Elle s'était mise toute seule dans les bras d'un tocard, ce n'était pas à moi de l'en sortir. Non mais...
Presque il la forçait. J'ai eu envie de me lever, m'asseoir en face de lui et lui expliquer comment ça marchait les filles. Mais je me suis dit que j'aurais été incapable d'essayer de draguer dans un train. Et puis, il n'avait pas l'air très fûté, il n'aurait peut-être pas tout compris à ce que je lui aurais dit. Il m'aurait dit, qu'il était au centre de formation du FC Lorient et donc... Donc quoi? Que t'as une chance sur 100 (et encore...) d'être un jour professionnel et que tu finiras à vendre des merguez à l'entrée du stade....
Je suis méchant, je sais. Mais des mecs comme ça, j'en ai vu plein. Partir dans des centre de formation. Revenir la queue entre les jambes. Se prendre quand même pour des stars, s'afficher avec toutes les Marie-couche-toi-là du coin. A 15 ans t'es une star, à 17 t'es tricard. En fait, ces mecs là m'amusent. Ils ont juste besoin de grandir, ou d'arrêter de regarder la télé. Ou de comprendre que courir après un ballon, ce n'est pas ça qui fait rêver les filles. Encore un râteau dans sa gueule.
12:43 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : blabla, drague, train, foot
07 mai 2008
Le sang, la sueur et les charmes
Du fessier fourbu aux biceps repus il n'y a qu'un pas que je ne saurais franchir. Car si la salle de sport rime avec camp d'amaigrissement pour moi, elle est l'antre du biscotto pour presque tous les autres. J'y transpire, goutte comme une vieille serpillière qu'on essore après avoir fait le sol un lendemain de cuite. J'ai l'impression d'être le seul à y faire fondre ma graisse, perdu entre deux pépés qui viennent y rompre leur solitude et faire un poil d'exercice. Entre Adonis et égéries musculeuses j'ai du mal à y trouver ma place. Je ne dis bonjour à personne, enfonce mes écouteurs au plus près de mes tympans, monte sur le rameur, et je rame, je sue, je rame, je m'égoutte.
Miroir, mon beau miroir dis moi qui est la plus belle. Elles se toisent les unes les autres, arborant une façade complaisante autour d'un café, mais dégomment la première minette qui quitte les lieux à la va-vite. Les filles zieutent les culs, les mecs zieutent les culs, tout le monde regarde le cul de tout le monde. Et son nombril. Maillot de corps, brassière, des tranches de bidoche sont à vendre, c'est la foire aux bestiaux. On fait saliver la petite dernière de la bande, comme pour lui faire comprendre qu'elle va en chier pour perdre son petit embonpoint.
L'autre jour, un minet maigrichon s'est installé sur le rameur à côté du mien. Il était en perfecto (!?!) et dégageait une forte odeur d'eau de toilette répugnante. Je crois qu'il avait pris au pied de la lettre le slogan, "plus t'en mets, plus t'en as". Lorsqu'il a agrippé la poignée du rameur, j'ai cru qu'il allait y laisser ses bras, qu'il allait se démantibuler, étaler ses membres au quatre coins de la pièce. Au bout de deux minutes il était rincer le gringalet. Il s'est levé, a jeté un regard furtif dans la glace pour voir si ses cheveux n'avaient pas bouger. J'ai bien cru qu'il allait sortir son peigne. Mais n'est pas Fonzy qui veut.
Du côté de la salle de muscu, ça papote. Les grands gaillards soulèvent de la fonte, hagards. On dirait qu'il y a pas mal d'anciens militaires qui glandent ici pour ne pas subir un affaissement gélatineux de leur masse musculaire, acquise au temps béni des colonnies (à toi Michel...). Ils sont tout le temps là, à chaque fois que je viens. Et le plus étonnants, ils ne transpirent jamais. Ils dissertent sur la dernière paire de godasse de machin et toutes les dix minutes pause. Ils se postent dans l'embrasure de la salle de cours pour reluquer les gonzesses qui s'échinent sur Bob Sinclar. Une lueur concupiscente dans l'oeil, ils se jettent un petit regard complice Genre : "t'as vu comment elle est bonne elle!!" Ensuite, je les soupçonne de filer à la douche pour aller se pignoler doucereusement.
Ils se connaissent tous et moi je ne connais personne. Parfois, une fille m'adresse un sourire, sa tête dodeline et si aucun mot ne sort de sa bouche, je lis sur ses lèvres qu'elle entonne du Madonna. Elle roule du cul juste devant mon nez. Par politesse, je lui rends un timide sourire, et continue à suer dans mon t-shirt Kronenbourg. Trempé jusqu'aux os, à faire des abdos, je fredonne à voix haute : "Mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu." Je suis là pour mincir, pas pour devenir un vulgaire tas de muscle. A chacun sa merde.
12:18 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : muscu, régime, blabla, sport
05 mai 2008
Mes premières fois
Je dois raconter mes premières fois. Celles que je veux. Je ne vous ferai pas part de LA première fois. De toute manière, cette fois-là, c'est pour tout le monde pareil, soit c'était bof bof, soit il était bourré. Moi, j'étais bourré, et c'était pas terrible. Ou alors, c'était pas terrible parce que j'étais bourré.
Ma première messe de minuit
Ca a été la dernière d'ailleurs. Déjà, c'était pas à minuit, c'était à 19h30. L'arnaque. Je m'étais retrouvé là par hasard, avec tous mes cousins et cousines, parce les tontons et les tatas devaient préparer le repas de Noël. Dans ce cas-là, ne pas avoir leurs mômes dans les pattes, c'est mieux. Surtout moi à l'époque. En même temps, la dernière fois que j'étais aller à l'église, j'avais voulu faire le mariolle et j'étais tombé dans la fontaine. C'était pour le baptême de mon frère. Ca devait aussi être le mien, mais je ne voulais pas être baptisé, je m'en tamponnais le coquillard de toutes ces bondieuseries.
La messe a duré deux très longues heures. Et vas-y que je te salue Marie. Et puis Joseph. Et Jésus. Moi je croyais que c'était une famille monoparentale, vu que Marie avait été engrossé comme ça, en matant Friends à la téloche. J'ai découvert qu'ils étaient plein et qu'il y avait même une histoire de roi, mais je n'ai pas tout compris. Je ne me levais pas quand il fallait se lever, je ne chantais pas non plus. Ma grand-mère me filait des coups de coude dans les côtes pour que je le fasse et a fini par me choper par le colback. Je l'ai tellement exaspérée et elle a tellement eu honte qu'elle a dit que je n'irai plus à l'église. Gagné.
Mon premier jour de lycée
Je n'avais rien à me mettre. L'horreur. J'ai passé mes vieilles nippes de skater. J'y suis aller avec mon voisin, seule personne que je connaissais qui allait dans le même bahut que moi. J'ai regardé les panneaux, j'étais en seconde 7, mon nom égaré au milieu d'autres, tous des inconnus. Je suis rentré dans la salle de classe, je me suis assis dans mon coin, histoire que personne ne me remarque. Une prof, vieille mégère d'un mètre cube, est arrivée. C'était la prof de maths, genre à ne rigoler que sous la torture. Elle a fait l'appel. La moitié de mes camarades repiquaient. Tous voulaient aller en S. Déjà les boulettes de papier volaient. Comme les noms d'oiseau. C'était parti pour trois ans de n'importe quoi.
Mon premier disque
C'était Dangerous, de Michael Jackson. L'album avec un masque bizarre sur la pochette au fond noir. C'était pour un Noël. Je devais avoir huit ans. Je l'avais acheté avec les sous que mamie m'avait offerts, une centaine de francs, ma mère avait fait l'appoint. Je l'ai encore, il trône en bonne place sur mes étagères, complètement rayé, HS. Je l'ai écouté en boucle pendant deux ans. Mes parents n'en pouvaient plus d'entendre Heal The World et Black Or White cinq fois par jour. C'était ça, j'avais ouvert la brèche d'une boulimie musicale qui ne m'a plus quittée depuis.
Ma première boom
J'ai fait une crise de foie. Je m'étais enfilé trop de bonbons, j'étais émoustillé par ces slows dansés à bout de bras, à quarante centimètres de ma partenaire. Et puis, il y a eu cet action/vérité. J'avais enfin fait un smack à Alexandra. C'en était trop pour mes hormones de petit puceau prépubère. J'ai eu un haut le coeur, j'ai tout lâché, sur la moquette. La grande classe. On dû appeler ma mère à 21h pour lui dire que j'avais fait une overdose d'Haribo. Elle est venu me chercher. Je suis reparti la tête baissée, je ne savais plus où me foutre. Mais j'ai quand même été invité à celle d'après. Et puis on s'est mis à boire de la bière, et ça ne m'est plus jamais arrivé.
Mon premier concert
Noir Désir. Paradoxalement, ça a été assez tard, 17 ans. J'étais rond comme une queue de pelle. A l'apéro depuis 18h, on s'est pressé devant la scène à 23 h. La première image que je vois, c'est celle d'une midinette évacuée sur une civière. Et puis le son. Puissant. La voix lancinante, déchirante. Sur Comme Elle Vient, le public couvrait la voix de Bertrand Cantat. J'ai sauté partout pendant 2 heures. Non stop. J'ai débourré. Sur Tostaky ça bourrinait. Les mouvements de foule m'ont coupé de mes potes. J'ai fini torse nu, en nage, A Ton Etoile en fond, magique. Je ne voulais pas que ça s'arrête, que la chanson s'étiole jusqu'au petit jour. Un an après, c'était le drame.
Je taggue qui veut bien raconter ses premières fois. Wini par exemple.
12:17 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : blabla, musique, disque



























