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15 mai 2008

Je te survivrai... Ken

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Ken le survivant sort au cinéma, alors qu'on déroule le tapis rouge sur la Croisette. Oua tsatsa. Les traits acérés des son visage anguleux, ses muscles hypertrophiés, le truc des cinq points vitaux et des corps qui se disloquent dans de violentes explosions de sang et de viscères. Avec des cris suraigus de castrats. Il n'y a pas longtemps, j'ai revu un épisode de ce dessin animé. C'est ultra violent. Et encore on a eu le droit à une version light, puisqu'il était interdit au moins de 16 ans au Japon. Et que Dorothée, dans son infime gentillesse, avait édulcoré la chose. Histoire de protéger nos petits esprits d'enfants crétins.

Je me souviens. Je regardais ça entre Princesse Sarah et Olive et Tom. Vous avez vous aussi remarqué la continuité entre les programmes. Les personnages étaient complètement destroy, des écorchés, des borgnes, des corps difformes. Pas une once de finesse, juste de la baston cradingue et du gore en veux-tu en voilà. Et toujours Ken qui gagnait à la fin. Trop fort. Il frappait ses adversaires à cinq endroits différents en trois dixièmes de seconde. Là, il leur balançait : "Tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà mort!!". Le méchant lui riait au nez avant qu'un éclair fende l'écran et qu'il gicle comme une vulgaire tâche de ketchup sur un t-shirt tout neuf. Tarantino a repris le concept dans Kill Bill. Un brin plus classieux tout de même.

Alors, je ne sais pas, sortir Ken le survivant au cinéma c'est un peu comme écouter les Musclés en dolby suround 5.1, ça n'a pas beaucoup d'intérêt. A part que le concert d'hémoglobine sera quatre fois plus grand. Une baston géante, Ken gagne à la fin, du sang, quelques yeux arrachés. De quoi faire une bonne souplette. La même que dans Indiana Jones, rouge, avec un oeil qui fond sous la langue.

Je ne suis pas trop nostalgique de tous ces dessins animés, contrairement à certains qui sont restés perchés dans les 80's, qui écoutent Indochine en boucle et qui ont érigé un autel à la gloire de Casimir dans leur chambre, entre un poster des Chevaliers du Zodiac et un autre de Top Gun. Je suis d'accord pour dire que nos programmes jeunesse c'étaient autre chose que Bob l'éponge, mais de là à tout racheter en DVD...

On grandit, on découvre autre chose, on lit, on sort, on rencontre des gens... C'est trop con de chercher à rattraper le temps perdu, à cavaler derrière une enfance qui s'est fait la malle. Tout est devant, pas derrière.