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13 mai 2008
Il y a des mecs qui n'ont honte de rien
Je l'ai vu venir de loin celui-là. Il lui a tapé la biz et s'est assis à côté d'elle. J'étais juste de l'autre côté du couloir du TER. Ils devaient être au lycée ensemble, j'ai pensé. Elle était plutôt mignonne, une petite brune comme on en voit pas mal. Frange, converse et slim noir. Lui, look de footeux, style de footeux, dégaine de footeux (cerveau de footeux???). Les cheveux à moitié long, gominés et plaqués un peu vers l'arrière, un peu vers le côté. Il avait un air de ce cancrelat de Milan Barros (joueur lyonnais). Le teint mat, des petites pompes blanches en toile, trois poils qui se tirent la bourrent sur son menton imberbe. Le pire à son âge, il avait un appareil dentaire qui lui encerclait les ratiches.
A partir du moment où il s'est assis, j'ai compris qu'il voulait l'attraper. Elle a fait mine de ne pas comprendre. D'abord, elle a rejeté une première fois son bras qu'il avait passé autour de son cou. Ils se sont fait engueuler par le contrôleur parce que leurs panards astiquaient les sièges du carré famille. J'avais été plus malin et mis mon sac en dessous mes pieds. Il s'est mis à lui tapoter la cuisse. Intrigué, j'ai baissé le son de mon ipod, histoire de choper des bribes de conversation. Rien. Ils se foutaient de la gueule l'un de l'autre, à cause de la photo de leur carte 12-25. A part ça, il essayait de la convaincre de le laisser mettre sa langue dans sa bouche
Elle s'est détendue. Il lui a passé le bras autour du cou. Elle s'est laissée faire. Je faisais semblant d'être plongé dans mon bouquin, mais je suivais la scène avec une curiosité outrancière et pas très discrète. J'avais vu son sac du FC Lorient. Il lui restait 20 minutes pour galocher. Cap ou pas cap? A l'autre bout du wagon, ses potes se payaient sa tronche, sachant très bien qu'il n'arriverait à rien. Comme souvent avec une aussi piteuse technique de drague.
Elle s'est mise à glousser, puis elle en a eu ras le bol. Elle a vite été exaspérée par ce numéro de charme de pacotille. Pendant les dix dernières minutes du trajet il l'a baisouillée, un coup sur la joue, un coup sur le bras, lui tripotant la cuisse. Il a essayé de mettre la langue, mais elle l'a envoyé bouler. Elle m'a jeté un regard, comme une supplique. Elle s'était mise toute seule dans les bras d'un tocard, ce n'était pas à moi de l'en sortir. Non mais...
Presque il la forçait. J'ai eu envie de me lever, m'asseoir en face de lui et lui expliquer comment ça marchait les filles. Mais je me suis dit que j'aurais été incapable d'essayer de draguer dans un train. Et puis, il n'avait pas l'air très fûté, il n'aurait peut-être pas tout compris à ce que je lui aurais dit. Il m'aurait dit, qu'il était au centre de formation du FC Lorient et donc... Donc quoi? Que t'as une chance sur 100 (et encore...) d'être un jour professionnel et que tu finiras à vendre des merguez à l'entrée du stade....
Je suis méchant, je sais. Mais des mecs comme ça, j'en ai vu plein. Partir dans des centre de formation. Revenir la queue entre les jambes. Se prendre quand même pour des stars, s'afficher avec toutes les Marie-couche-toi-là du coin. A 15 ans t'es une star, à 17 t'es tricard. En fait, ces mecs là m'amusent. Ils ont juste besoin de grandir, ou d'arrêter de regarder la télé. Ou de comprendre que courir après un ballon, ce n'est pas ça qui fait rêver les filles. Encore un râteau dans sa gueule.
12:43 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : blabla, drague, train, foot





















