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15 avril 2008

Road to La Roche-sur-Yon

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J'ai débarqué dans ma bagnole siglée, bleue avec le nom de mon canard dessus. Ma Clio était un peut trop petite pour les Kills qui tambourinaient plus que de raison à l'intérieur de l'habitacle. Moi, je dodelinais de la tête au son des beats, Ray-Ban flambant neuves sur les yeux. Interloqué, un pépé s'est figé en plein milieu du passage clouté. Il m'a regardé bizarrement, l'air de dire : "espèce de petit sacripan, où tu l'as volé cette automobile?" Je m'étais rasé avec un biscotte mouillée, pas trop coiffé, levé à 7h du mat (très tôt pour moi), il a dû me prendre pour un voyou de bas étage où se dire qu'il recrutait vraiment n'importe qui dans la presse de nos jours. Pas trop funky le papy. Je lui ai décoché un sourire carnassier. Alors, il a fait un quart de tour sur ses guiboles fatiguées avant de finir péniblement sa traversée. Autres temps, autres moeurs.

Premier constat, c'est moche. Deuxième constat, heureusement qu'il fait beau. Troisième constat, heureusement que j'y viens pour travailler. Cela dit, La Roche-sur-Yon c'est super hype, les panneaux d'affichage 4 par 3 sont des écrans LCD. Mais c'est la classe américaine ma parole! Les pubs sont animées, et il n'y en n'a pas qu'un seul. Je me perds forcément dans ce New-York vendéen, mon plan mappy me faisant une énième fois prendre des rues en sens interdit.

Napoléon se dresse devant moi. Chevauchant fièrement son fidèle destrier sur une place bien trop grande pour lui. Je sais pas moi, ils auraient pu mettre un mec à côté de lui, son petit Sancho Panza à lui, De Gaulle par exemple, ou Jaurès. C'est ça la démocratie non? L'hôtel de ville arbore des airs de vieilles bâtisses rabougries, croulant sous le poids des années, marquée au fer rouge par des décennies d'un jacobinisme hautain et pisse-froid. En sillonnant les rues, on prend un cours d'histoire complet sur La IIIe République. Raymond Poincarré embrasse Roger Salengro, qui lui même fait du gringue à Adolphe Thiers, Georges Clémenceau et Léon Gambetta.

Et puis, la pluie s'est mise à tambouriner aux carreaux, la cité s'est rembrunie, les façades ont commencé à faire la gueule pour un oui ou pour un non, tout comme les passants dans la rue. On m'avait prévenu : "Tu vas en Vendée. Ben bon courage." Moi l'image de la Vendée que j'avais, c'était celle d'un département un peu mort, qui ne savait pas trop quoi faire, qui a tailler son bocage, qui a bétonné ses côtes. D'ailleurs quand j'ai demandé à un collègue ce qu'il y avait à faire ici. Il m'a répondu "rien", la mine déconfite. Je ne vais tout de même pas rester terré dans mon mobile-home pendant mes jours de congés?

Alors, je me suis promené dans cette ville un peu vieillotte, j'ai arpenter le quadrillage des rues en contemplant l'absence d'architecture typique de cette ville napoléonienne un tantinet frigide. Les enseignes commerciales sont là pour mettre un peu d'animation dans le bourg. C'est pas rock'n'roll ici, on ne peut même pas s'asseoir à la terrasse d'un café et regarder les filles passé dans la rue, parce qu'elles ne sont pas très belles, salopement fardées ou sapées comme des sacs à patates. Mais heureusement, la mer n'est pas loin. Heureusement...

Commentaires

et t'as tenté la bourboule?

Ecrit par : les400clics | 15 avril 2008

Qu'il est vilain !!!

Ecrit par : Suffragettes | 15 avril 2008

Bah ça donne pas envie, hein!
Dire qu'il y a des gens qui y passent leurs vacances pour du vrai...
Note que, hein, quand on sait qu'il y a même des gens qui passent leurs vacances du côté de Vannes (mes parents et moi quand j'étais petite, par exemple)...

Ecrit par : Wini | 16 avril 2008

@ Miss 400 : Non, mais je peux essayer de décrocher un job à La Montagne rien que pour ça. J'envoie ma candidature de ce pas. hop, hop, hop.

@ Suffragettes : Qui ça? le petit vieux du passage clouté. Grave, avec ses petits yeux cruels de pervers, un vrai vilain Monsieur.

@ Wini : Là je dis non. Vannes, c'est beau. Il n'y a que des vieux mais c'est très joli. Alors non Nioclas. Allez chante : 'Je vous demande pardon, Monsieur Manhattan..."

Ecrit par : Bernie | 16 avril 2008

Je t'assure qu'il y a des coins sympas en vendée! mais pour les vacances seulement, parce qu'après tu tournes en rond! l'hiver il n'y a personne, c'est la déchéance..courage..

Ecrit par : zygaena | 16 avril 2008

Alors autant Annecy et la tartiflette j'aime bien, autant la Roche sur Yon, ca me tente moyen
Amelimelo (comment ça rien à voir?)

Ecrit par : Amelimelo | 16 avril 2008

Merci pour le tableau Bernie, un peu limité quand même !!!
No coment

Lison

Ecrit par : lison | 17 avril 2008

Aaaah la Bretagne... A l'époque je râlais pasque toutes mes copines elles partaient à la Côte d'Azur, mais maintenant ça me dirait bien d'y retourner...
No offense, donc. Allez, viens dans le Spoutnik...

Ecrit par : Wini | 17 avril 2008

En tant que Demi Vendéenne (du coté maternel qui plus est), je puis t'assurer que la Vende a ses charmes. Si tu as le temps, va tout simplement te ballader en vélo à Noirmoutier. Un ptit tour de l'île et tu vivras la Vendée autrement.
Mais un ptit conseil: ne regarde JAMAIS un vendéen dans les yeux. La légende veut que son regard soit pétrifiant. Baisse la tête et tout ira bien.
Et comme dirait ma grand mère "pôv' ti fi d'garçe, v'la ti qu'le drôle il est perdu par chez nous aut'"

Ecrit par : cattleya | 18 avril 2008

@ Zygaena : Je sais Saint-Gilles tout ça. Mais j'ai une mogette en travers de la gorge.

@ Amelimelo : Attends, t'aimes pas les mogettes?

@ Lison : C'est parce que c'est limité et complètement subjectif et partial que mes lecteurs m'aiment.

@ Wini : Non, je te jure, la Méditérrannée c'est complètement surfait.

@ Catt : On ne choisit pas sa famille.

Ecrit par : Bernie | 18 avril 2008

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