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31 mars 2008

A Vendre : places pour le Printemps de Bourges

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Je vends des places pour le Printemps de Bourges - 15 € place au lieu de 18€

Jeudi 17 avril - 22 Est Ouest - 2 places
Phoebe Killdeer and the short straws - Fujiya & Miyagi - Friendly Fires - Fancy - The Pistolas - Be Your Own Pet - Foals

Vendredi 18 avril - 22 Est Ouest - 2 places
Zombie Zombie - Sébastien Tellier - The Wombats - Danton Eeprom - Holy Fuck - Midnight Juggernauts - Surkin - The Qemists

T'ar ta gueule au photomaton

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Qui dit photomaton, dit tête de con. Forcément, ça rime. Troisième fois que je refais des photos pour ma carte Vitale. Et la Sécu qui me doit des tunes... La première fois, les montures de mes lunettes étaient trop épaisses, la deuxième fois je souriais. C'étaient des vieilles photos, ça me faisait chier d'en refaire d'autres. Mais là, je n'avais pas d'autre choix que de retourner dans la boîte à tête de con. Donc acte.

Galerie commerciale poisseuse, je le trouve, perdue dans un recoin, entre un distributeur de capotes et une photocopieuse. Il me parle avec la même voix sensuelle que le GPS de la voiture de Momo. Quézaco, qu'est-ce que tu me veux grognasse ? Oui je sais, je n'ai pas le droit de sourire, tout ça, tout ça. Et si t'es un peu dur de la feuille, il y a un charmant prospectus qui te rappelle toutes les consignes, parce que les photos d'identité, ce n'est pas de la rigolade. Je confirme. J'enlève mes lunettes et tire ma plus belle tronche de cake. De bigleux un peu jouasse je me transforme en psychopathe dépressif. Il y a même une ligne pour te dire à quelle hauteur tes yeux doivent arriver. Mais j'ai beau joué au DJ avec le tabouret, je n'arrive jamais à la régler comme je veux. Il n'est pas stable, je m'appuie sur la fesse droite, puis la gauche afin de trouver un semblant d'équilibre. Putain, ça fait mal au cul en plus.

J'ai le droit à trois prises. La première me sert à me mettre à niveau, à bien caser ma trombine dans le gros rond rouge, puisque maintenant on se voit dans le bastringue. La deuxième, merde je souris. La troisième, la pire de toute. Comme par hasard. Mais elle remplit tous les critères. Je ne suis pas heureux, et je n'ai pas de lunettes, une belle tête de vainqueur comme on dit. On distingue mes cernes. En gros, je n'ai pas d'argent et je travaille plus, mais je ne gagne pas plus. Liberté, égalité, fraternité, souris pas t'es photographier. Même Carla Sarkozuni elle ressortirait de là-dedans avec une gueule de mégère.

Résultat sur papier glacé, c'est pas brillant. T'es qui toi ? Je ne reconnais pas le mec sur la photo. Ma bouche s'est affaissée, mes yeux larmoyants sont inexpressifs à souhait. On ne voit que mon nez. Et le bouton qui me titille le coin de la bouche. D'ailleurs, je me demande bien pourquoi on n'a pas le droit d'être heureux sur les photos d'identité. Déjà que sur mon passeport j'ai une tête de terroriste. Ca change quoi de sourire ou pas, à part refléter un peu de notre personnalité. Il fait comment le Joker pour se faire tirer le portrait? il doit être bien emmerdé tiens.

Quand j'étais ado, on se tassait à six pour faire les cons dans les photomatons. Aujourdhui, on ne peut plus le faire, parce que l'objectif se contente d'un très gros plan sur notre face. Autant les mettre dans les commissariats à ce moment là.

26 mars 2008

ABBA le disco

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Joie du service public après un week-end passé à me goinfrer : une émission sur le disco présentée par Amanda Lear. Vautrée comme un caramel Quality street dans des fanfreluches roses bonbons, sa patate chaude dans le bec, Amanda se démantibule la machoire pour nous gratifier de belles paroles. A croire que quand elle parle son dentier va se faire la malle. J'ai cru comprendre que l'émission avait un rapport avec Disco, un film représenté par ce cloporte à la drôlerie insignifiante de Franck Dubosc.

Premier constat : le disco ça fait mal aux yeux. Paillettes, strass, lumières flashy, pantalons moule-boules, fuseaux en vinyle, choucroutes capillaires, etc., l'apogée du mauvais goût et de la ringardise regroupé sur une petite décennie. La maîtresse de cérémonie en est la triste représentation. Il fallait voir ces images de Régine se trémoussant sur des airs synthétiques dans des robes directement sorties de la Petite maison dans la prairie. Et oui, il faut se rendre compte qu'a la fin des seventies, toute la France était disco, marchait aux sons des beats du laideron Patrick Hernandez. Entre rire et désolation j'absorbais les images les unes après les autres, me demandant si mes parents étaient disco. Mais à en voir les vieilles photos de famille, je suis rassuré.

Je vois défiler tout un tas de groupes inconnus au bataillon, mais qui des dires d'Amanda ont marqué à jamais l'histoire de la musique. Car pour Amanda, qui se propulse grande prêtresse discoïde, avant le disco il n'y avait rien. Pas de musique, pas de vie, le néant total. Les Beatles n'était même pas des petits scarabés car il n'y avait pas de vie sur terre. D'ailleurs, Amanda Lear avait 43 ans quand elle est née. Les boîtes de nuit sont élevées au rang de cathédrale et les déhanchements sataniques de John Travolta ne sont qu'allégeance au Dieu disco : les Bee-Gees. Oui, pour notre blonde tunée par Orlando, la boîte de nuit, c'est l'église disco, avec une boule à facette tournicotant au dessus de la tête de Jésus, pour le coup enguirlandé de paillettes et coiffé d'une afro... Et Jean-Paul II qui chante le Freak, c'est chic pour dire la messe. Tant qu'à faire.

Ses disciples se nomment ABBA. C'est bien connu, tout ce qui se vend en kit, c'est Suédois. Déjà à l'époque ça cartonnait. Deux couples qui ont produits des daubes, sur lesquelles il paraît qu'on danse encore. ABBA, ça me rappelle mes premières booms, quand je restais tout seul dans mon coin parce que je trouvais la musique merdique. Ca me fait penser à toutes ces fêtes de mariage animées par un groupe de bal qui reprend Dancing Queen version accordéon.

Pas une fois, le nom de Nile Rodgers n'a été mentionné. C'est pourtant lui, le guitariste de chic, qui est à la base de cette rythmique disco. Mais ça, pour Amanda, diva égocentrique, ça ne veux rien dire, parce que le disco se résume à ABBA, Patrick Juvet et Régine. A la fin de l'émission, ces couillons arrivent même à mettre Daft Punk dans le même sac que David Guetta et Bob Sinclar.

Il y a dans le disco tout ce que je déteste, ce décorum putassier, ce vide musical, cet absence de classe. Tout un tas de truc qui font que je n'ai jamais pu l'encadrer. Et ce n'est sûrement Franck Dubosc, aussi ringard que le disco, qui va me faire changer d'avis.

22 mars 2008

Moi et les filles, Part II

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Handicapé sentimental j'étais, handicapé sentimental je ne suis pas resté. Le tocard de la drague a laissé place à un mâle concupiscent, enfin presque. Atterré par mes échecs, pas forcément au top de ma forme, pris dans l'étau d'un avenir incertain et rongé par des vieux démons, un jour, je me suis pris en main et je me suis inscrit sur Meetic. Longtemps, j'ai pris cette nébuleuse pour un haut lieu de la poufiasserie, regorgeant de nymphos en manque, de pervers érotomanes et de détraqués sentimentaux asociaux. Donc moi, jamais. Un p'tit gars comme moi, bien comme il faut, je vaux mieux que ça.

Je me sentais un peu honteux au début. Pareil que dans la vie, j'avais peur de me faire remballer, même virtuellement. Je passais des heures à consulter les mêmes profils, juste à les consulter, en fantasmant, en me disant et si... si seulement. Secrètement, je traitais de salaud et de fieffé menteur Lewis Wingrove, le quadra libidineux auteur du blog Je nique c'est meetic. Je me suis sorti les doigts du cul, j'ai flashé quelques filles, sans plus de conviction que ça, envoyer des mails, souvent sans recevoir de réponse. Pas grave, elles ne savent pas ce qu'elles perdent ces idiotes. Il faut dire que j'avais des critères haut de gamme : études supérieures, belle gueule, érudition sans faille. Je sais, je suis naïf parfois.

Au bout d'un mois, j'avais déjà claqué 30€ pour pas grand chose. J'ai d'abord rencontré Mauricette (tous les prénoms ont été changés pour préserver l'anonymat des mes proies), une comptable qui écoutait du hard-rock. Ma curiosité me laissait perplexe devant un tel oxymore, il fallait que je vois ça de mes propres yeux. Puis est venue Ginette. Mais si Ginette était moche et un peu conne, Mauricette et son ignoble absent picard avait un petit quelque chose. J'ai oublié de vous parler d'Albertine, une fille gentille. Ces deux parents étaient morts, elle était tellement bigleuse qu'elle n'avait pas le droit de passer le permis. Il y a mieux qu'une catatonique quand on veut repartir de l'avant. Donc non, m'enticher d'elle et de son pathos, c'était plutôt craignos.

Après des bribes de discussion sur MSN et deux coups de fil, Sandra m'avait donner rendez-vous sur le parking du Mc Do. Pas très glamour mais simple à trouver. Je l'ai tout de suite trouver jolie avec ses tâches de rousseur et sa fausse assurance. Bon style, sauf les fausses Converses à fleur. Tant pis. Le temps est magnifique, nous marchons pieds nus sur le sable chaud avant de nous alanguir sur une serviette de plage minuscule. Je parle beaucoup, elle m'écoute, me dévisage, en même temps que nous enfournons une tablette de chocolat, un vice commun.

Deux heures plus tard, je suis fidèle à moi même, je n'ai rien essayé, mais j'ai le débit d'un rappeur ayant avalé 4 litres de café. Le soleil commençait à décliner. Une légère bise venait chatouiller mes bras nus, légèrement engourdis par la chaire de poule. Plusieurs fois, Sandra m'a caresser le dos ou poser sa main sur ma cuisse, me demandant si je n'avais pas froid. Elle avait été plus prévoyante et avait pris un pull, et moi, je martelais que ça allait alors que je me pelais les miches. J'ai fini par la prendre dans mes bras et l'embrasser. Ca avait la douceur crémeuse d'une double glace italienne vanille-fraise qu'on léchouille en écoutant Björk. "Ben t'en as mis du temps" m'a-t-elle lancé, goguenarde. C'est tout moi ça, indécis jusqu'au bout.

Ca va faire un an bientôt. Un an qu'on est emboîtés comme deux Lego sortis d'usine avec un défaut de fabrication.

19 mars 2008

Moi et les filles, toute une histoire

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Il y a peu, j’ai remarqué une chose intéressante : seules des filles laissent des comentaires sur mon blog. Une observation intrigante. C’est vrai que j’ai toujours attiré les filles d’une manière ou d’une autre. Ado, le visage serti de boutons d’acné et d’affreuses binocles en plastique, pas spécialement beau gosse donc, j’étais le bon copain. Un être sensible fragile, pas forcément gâté par la vie, qui disait amen à la confesse des copines. J’étais bien entouré cela dit, mais question pelles, j’en roulais pas beaucoup ? J’étais plutôt du genre à régaler mes potes de mes amitiés féminines. Ca s’est un peu arrangé, quand j’ai chaussé des lunettes plus discrètes, que j’ai découvert le gel fixation béton et que trois poils m’ont poussés sur le menton. Las, quand les situations les plus opportunes se présentaient, mes mains se plantaient au plus profond de mes poches alors que j’aurais voulu agripper la fille par les hanches et lui fourrer goulûment ma langue dans la bouche. Ni moche ni beau, j’étais sympa, marrant, et c’est vrai que je comptais encore devenir footballeur professionnel. J’arrivais seulement à gallocher quelques donzelles avec cinq vodkas dans le cornet. Mère maquerelle, prêtre, copine, j’étais un peu tout ça. On rigolait bien avec moi, mais j’emballais pas.

Bref, j’ai toujours été entouré de filles, bon gré, mal gré, pas que des beautés et parfois des écervelées. Là encore, je constate que mon blog marche à l’œstrogène. Pourquoi ? J’en sais rien. Il y bien longtemps que j’ai réglé mon Œdipe, été dépucelé un soir de beuverie et me suis réveillé à côté d’une fille avec pour seul souvenir un trou noir, la gerbe et un mal de crâne ne passant qu’après un tube entier d’efferalgan. « Mais t’es qui toi ? » Car c’est vrai que sans cet écho à mes écrits je n’aurai peut-être pas continuer à écrire, ou seulement pour moi, dans mon vieux Moleskine.
Alors oui, ça me turlupine tout ça. Pourquoi que des filles et pas de mecs ? C’est pas parce qu’on laisse un commentaire sur le blog d’un autre garçon qu’on risque de virer sa cuti. Si? Alors quoi ? Je suis un écrivain à femmes. Que nenni. Pas plus un homme à femme.

C’est que j’ai envie de comprendre. C’est vrai que je squatte quelques blogs de gonzesses, mais pas que. Je fais peur au gars ? Je suis plus enclin à asticoter la jugeote féminine? Mon magnétisme et mon charisme 2.0 fait des ravages dans la gent féminine ? Arrête Bernie, tu fabules, t’as de la fièvre mec…

Tout ça me fait m’imaginer chroniqueur chez Elle, Cosmo ou Glamour, dans des rédactions gavées de nymphettes effarouchées ou de féministes réac. Ca me permettrait de pouvoir enfin répondre à des questions aussi existentielles que : pourquoi les filles veulent toujours parler après l’amour ? Je prends le top noir ou le top rouge ? Pourquoi tant de temps dans la salle de bain ? Pourquoi Jennifer à coucher avec Brad qui a une toute petite bite ? Etc., etc. D’ailleurs imaginons un instant que les magazines masculins soient rédigés par des femmes et vice-versa, ça nous aiderait à mieux nous comprendre, non ? Les garçons sauraient draguer au lieu de se la jouer gros lourdeaux, genre : « j’ai une Golf cabriolet, tu veux faire un tour et rugir de plaisir, parce que j’en ai sous le capot. » Ca éviterait au timide de se faire atomiser par les râteaux de grandes gueules. Et puis les filles ouvriraient la boîte de Pandore masculine, découvriraient enfin les règles du hors-jeu et le pourquoi du comment de la fascination de certains pour les voitures de sport rouges et italiennes.

Des fois, j’aimerais bien être une fille, juste pour voir ce que ça fait. Qui veut échanger une semaine de sa vie avec moi ? Et si les hommes et les femmes étaient incompatibles en fait ? Je ne voulais pas tout à fait écrire ça comme ça, mais c'est comme ça que s'est sorti. Les gars, les filles, à bon entendeur...



17 mars 2008

Et paf...Jean-Pierre Pernaut

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Le p'ti' dej c'est souvent synonyme de lecture pour moi. Un grand café bien chaud et je chope le premier magazine que croise mes paluches. Samedi, pas de pot, c'était TV magazine, un ramassis de conneries distribué tous les vendredis avec la plupart des canards. Et sûrement le torchon le plus sale de tous. Je tourne les pages nonchalamment, tout en sachant très bien que je fais ça juste pour m'occuper, le temps de boire mon café. Encore un truc sur les municipales. J'en ai ras la casquette des élections, déjà au boulot c'est que ça, tous les jours. Sauf que là, c'est un peu particulier. Encore un sondage à la con : quelle personnalité du Paf éliriez-vous comme maire?

Les résultats sont , mmmmhhhhh, ébouriffants, hallucinants, désopilants, atterrants. Arrive en tête le petit père des métiers oubliés, le roi du JT franchouillard et incarnation télévisuelle d'une beaufitude rétrograde : Jean-Pierre Pernaut. Aaaargghhhh!!!!! Mon café est passé par le mauvais trou, je m'étoufffe... Je tambourine ma poitrine. Je tousse. Ca va mieux. Je parcours le reste du classement. Tout à trac, je retrouve Mimi Mathy (1e chez les 18-25 ans), Arthur, Christophe Hondelatte, Jean-Pierre Foucault, PPDA, il y a même des gens qui ont voté pour Cauet.

Merde, je suis en retard, j'abandonne ma lecture. Quand je rentre, le magazine a été jeté à la poubelle. Putain, merde. Je me demande qui a voté? Pour qui? Pour quoi? Si ça trouve, un cul terreux a même élu Gérard Holtz. Bref. Je me dis, que j'ai rêvé. que si ça se trouve, ce magazine n'a jamais existé. D'ailleurs, il n'est plus là. Ils n'ont interrogé que des fans de TF1. Si je m'écoutais, je retrousserai mes manches et j'irai faire les poubelles pour en sortir cette daube toute chiffonnée.

Je m'imagine un moment le JPP du Paf maire de ma ville. Il ferait construire une statue géante de Nicolas Sarkozy, ouvrirai un musée des métiers disparus et créerait un grand raout national des selliers-bourreleurs. Non, mais sérieusement, JPP et sa face de cul, maire, c'est antinomique. Dès que je le vois je zappe. Le pire, c'est de se retrouver coincer autour d'une table, chez des gens qui le regarde religieusement. Pas moyen de changer de chaîne, une goutte de sueur perle le long du visage. Eux ils s'abreuvent de la belle parole médiatique, moi j'ai envie de crier, de balancer la télé par la fenêtre. Un "n'importe quoi" m'échappe, et je me fais rabrouer par un "CHUT" des plus belliqueux.

En fait, je pourrais déverser mon sac de fiel sur JPP, mais je n'en ai pas envie, gaspiller mes mots pour ça. Quelque part, c'est presque trop facile de ne pas l'aimer, lui l'hibernatus de l'"information". Le truc, c'est juste de ne pas le regarder.

12 mars 2008

J'ai mal à Monsanto

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Petit, j'ai eu la chance de passer pas mal de temps à la ferme, chez papi et mamie. Le week-end venu, après le foot, le papa, la maman et le petite frère, tout le monde se tassait dans le Renault 12 bleue familiale, et en route mauvaise troupe. Direction la cambrousse lorientaise, les bottes en caoutchouc remplaçaient les crampons, je trépignais sur les sièges en skaï, qui me glaçait le sang en hiver et me rôtissait les cuisses en été. "Papa, papa, papa, c'est quand qu'on arrive?", je devais demander ça toutes les cinq minutes durant le trajet de trois quarts d'heure. A peine arrivé, j'allais foutre la zone dans la basse-cour et faire du cheval sur le dos de Lulu, le chien de la maisonnée.

J'ai passé des heures arc bouté sur le garde boue du tracteur de papi. On ne se disait pas grand-chose mais on était tous les deux heureux d'être là. Mon petit corps brinquebalait dans la cabine tandis que je regardais la charrue creuser ses sillons. Ensuite, on revenait semé le maïs, et tout au long de l'année je m'autoproclamais petit chef de travaux. Je faisais le tour des champs avec papi pour voir où en était la pousse du maïs.
Je faisais des courses de brouette avec mes cousins, j'ai vu ma grand mère faire son propre beurre, j'ai trait des vaches, piqué les oeufs de poules pour les balancer sur les voitures qui empruntaient la route derrière la ferme... J'ai appris beaucoup de choses sur les animaux, les cycles naturels, et j'ai ce besoin depuis de me raccrocher à la terre.

Si je raconte tout ça, c'est qu'hier, j'ai vu le doc d'Arte sur Monsanto. Je l'ai pris en cours de route en rentrant du boulot. J'y ai vu tout ce que je déteste de la nature humaine : le mensonge, la vilenie, la mécréance, le profit à outrance, le déni des outrages fait aux agriculteurs et à la terre.
En gros, Monsanto, via ses semences (maïs, soja...) transgéniques, cherche à monopoliser la chaîne alimentaire en imposant ses produits aux paysans du monde entier. Résultat des courses : des hectares et des hectares de champs tournent de l'oeil, subissent les assauts de la monoculture, les populations crèvent, s'endettent, s'exilent... sacrifiés sur l'autel du profit à tout prix.

Monsanto trouve ça "normal". Grâce aux semences transgéniques brevetées, la firme veut nourrir la planète entière et la reverdir. Mon cul ouais. Ils ne pensent pas à la pollenisation qui engendrent des plantes monstrueuses (qui selon eux n'a aucun effet d'ailleurs), à ce gamin qui à force de traverser un champ de soja OGM voit sa peau rongée par des plaques bizarroïdes. Les chimères de Monsanto me foutent la gerbe. Même les gouvernements ne peuvent rien faire. Monsanto a fait rentrer du soja OGM au Paraguay en contrebande. Devant le fait accompli, les autorités ont été obligées de légaliser leur culture.

Alors voilà, moi, petit branleur que je suis, j'aimerais bien que des gamins puissent encore grandir comme moi à la ferme, faire des expéditions dans les champs de maïs, monter sur la croupe de la jument de papi... Et tout simplement grandir dans un environnement sain. Mais devant tout ça, on se sent tellement petit, tellement impuissant. J'essaye d'acheter bio et tout, mais je me dis que que ça ne suffira jamais. Il y a des jours comme ça où je perds tout espoir en l'être humain. Le monde selon Monsanto c'est de la merde.

08 mars 2008

GQ comme grosse quéquette?

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J'ai découvert GQ dans les bouquins de Bret Easton Ellis. GQ, me rappelle automatiquement Pat Bateman, le dandy déglingué d'American Psycho. GQ, une bible pour fashionistas gonflés à la testostérone qui se posent des questions aussi existentielles que de savoir s'ils peuvent mettre des chaussettes à rayures avec une chemise à carreaux. Ca laisse pantois, n'est-il pas?

Bref, GQ (Gentleman Quarterly) est arrivé en France. Je me suis rué au kiosque pour l'acheter, voir à quoi ça ressemble ce truc maintes fois imaginé, presque fantasmé. Ca tombe bien, je devais prendre le train. Couverture noire, sobre, des grosses lettres blanches me pettent à la tronche : "Le magazine qui parle aux hommes sur un autre ton". C'est ce qu'on va voir mon bonhomme. En plus petit : "GQ : Masculin, beau et intelligent". Masculin ça me va puisque je suis un garçon. Beau : je suis bien trop Français pour me trouver beau, et il paraît que je ne suis pas beau mais que j'ai du charme. Le belle entourloupette. Intelligent : on me le dit souvent. Et puis 1€, c'est pas cher.

Passé les 20 à 30 pages de pub pour jeunes hommes de bonne famille, j'arrive sur le sommaire, beau gosse, belle gueule. Dix pages de pub plus loin, un édito un peu raplapla qui nous explique ce qu'est GQ. Redix pages de pub loin, un historique du magazine, et une petite galerie de la hype qui a participé à ce numéro. Je survole des petites chroniques sur le ciné et la musique branchouille du moment, c'est pas mal, et il me faut attendre la page 101 pour me plonger vraiment dans de la lecture à proprement dite. Ca s'intitule Salon. J'aime bien, il y a un gars qui explique qu'il est homme au foyer et que ça le fait bander, David Abiker (chroniqueur, écrivain) nous explique comment faire bouffer la note du resto à un client aussi pingre que malséant, et Grégory Schneider (journaliste sportif à Libé) essaye de décrypter le style de l'équipe de France de foot. Fandard, bien écrit, bon pied bon oeil, je continue ma lecture et me cale confortablement dans mon fauteuil TGV 2e classe. C'est cosy ici tout à coup. Je me poile en lisant l'interview pas très conforme aux canons de l'esthétique journalistique de François Bayrou (lire ci-dessous). Le panégyrique de Vincent Cassel a le don de le faire remonter un peu dans mon estime...

Je chiffonne les pages modes en les tournant. Le golden boy à la crinière de feu qui pourrait faire de la pub pour Email Diamant là, ça ne me ressemble pas. Et je ne suis pas encore prêt à me nipper version jeunesse UMP. Donc, passons...

Et là, le choc : "2008, année de la moustache..." Y'en a des petites, des grosses, des fournies, des ridicules, pour tous les goûts. Je suis un petit mec dans le vent, un peu gonzo et tout. Je sors ma tondeuse, me fait la barbe et laisse la moustache. Une belle moustache, raffinée mais pas très touffue. Ce que j'ai l'air con. Je la garde quand même et pars déjeuner avec mon père. Il roule des yeux, j'ai un sourire niais, tout fier de ma connerie que je suis. Il ne dit rien mais n'en pense pas moins. "2008, année de la moustache, c'est écrit dans GQ". "Dans quoi?". Ignare, va, t'es vraiment trop ringard. "Ca te va pas", qu'il me dit. Une dernière oeillade dans le miroir, je suis moche avec ça c'est vrai. Je voulais minauder au boulot avec ma stache, loupé. Petite escapade dans la salle de bain pour raser tout ça. Je me sens plus léger. Faut vraiment pas croire tout ce qu'il y a écrit dans les journaux.

Et GQ dans tout ça? Hormis que ce soit un aspirateur à pub, c'est bien goupillé, les textes sont bien gaulés, les femmes à poil sont dénudés par l'objectif des Jean-Loup Sieff... Un tantinet BCBG cela dit. Ca y'est, je crois que je l'ai trouvé ma littérature de gare...

04 mars 2008

"Le Béarnais n'est pas bling-bling"

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François Bayrou sur son tracteur, c'est quand même un des grands moments de communication politique franchouillarde bien de chez nous comme on en fait depuis le début de la V République. Le BB de la politique (Béarnais bègue) est inteviewé dans le GQ version french touch (bientôt un note à ce sujet) par le dandy trash déglingué au gros tarbouif, j'ai nommé Frédéric Beigbeder, lui aussi Béarnais. Morceaux choisis.

Beigbeber : "Chimène Badi?"
Bayrou : "Je ne connais pas. C'est qui?"
Moi : Bayrou 1, Sarko : 0.

FB : " Je lis comme on boit (...), comme on goûte un alcool qu'on connaît bien."
Moi : De la Suze?

FB : "La rédaction m'a envoyé le journal. Je ne sais pas très bien ce qu'est GQ mais je sais très bien qui vous êtes. Et le journaliste qui m'a appelé était très sympathique, c'est pourquoi j'ai finalement dit oui."
Moi : Si ça avait été un gros con, il aurait dit non?

FB : "Comme disent les Anglais : Life is a bitch and then you die."
Moi : T'écoutes les Sex Pistols en cachette François? J'ai hâte que tu fasses partie du jury de la nouvelle star.

FB : "TF1, Gala, Closer, Paris Match et quelques autres organes grand public auraient le pouvoir de changer l'esprit du peuple..."
Moi : C'est déjà baisé, François, ils l'on déjà fait. Lagaf + Dechavanne + Risoli + Pernault = cerveau ramollo.

FB : "On dit "Baillerou". On dit "Baillerou" comme on dit Bayonne."
Moi : On dit aussi Baillerou comme on dit canaillou.

FB : "Cabourut, la tête dure, c'est l'adjectif préféré des Béarnais. Ici, on n'enlève son béret devant personne."
Moi : Même devant Giscard, le petit père des centristes?

BGBD : "Vous savez ce que ça veut dire bling-bling?"
FB : "Oui, j'ai appris ce mot. Et non, le Béarnais n'est pas bling-bling. (....) Moi en tout cas, je mourrais si j'étais obligé de vivre comme ça. Avec des Ray-Ban et des montres chères..."
Moi : "Je ne reconnais plus personne en Massey-Fergusson", nouvel hymne de François Bayrou.

BGBD : "Je ne connais pas très bien la nuit paloise. Comme vous êtes peut-être le futur maire..."
FB : "Moi non plus, je ne connais pas ma nuit paloise."
Moi : moi non plus.

FB : "Je ne déteste pas boire, on va dire ça comme ça. J'aime bien le vin (...) Comme vous savez, le vin ce n'est pas de l'alcool."
Moi : Ben non, c'et du jus de raisin. Comme la bière, c'est du jus d'abbaye.

FB : "La France est la nation de la résistance?"
Moi : Tu vas fusionner avec le PC et la LCR François?

BGBD : "Mais est-ce que ce n'est pas énervant de voir quelqu'un qui est élu reprendre toute vos idées?"
FB : "Excusez-moi, quand on fais ce que je fais, on n'est pas énervé."
Moi : Ca te pêtes un peu les couilles quand même?

FB : "Je suis inconfondable avec Nicolas Sarkozy."
Moi : ??????

FB : "Mais vous avez eu une histoire avec Carla Bruni, non?
BGBD : "Avec Carla Bruni? Non! Je la connais bien, c'est une copine, mais non, je ne fais pas partie de son tableau de chasse."
FB : "On ne prête qu'aux riches..."
Moi : Beigbéder a prêté Carla à Sarko? Comprends Pas!

BGBD : "Nicolas Sarkozy a dit que les centristes étaient des "couilles molles". Vous pensez que c'est vrai?"
FB : "(Rires) Sur le sujet, il faut qu'il poursuive ses études."
Moi : Prochain invité d'In bed with François Bayrou : Nicolas Sarkozy.

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