28 décembre 2007
C’est au pied du tire-fesse qu’on voit les trous du cul
Au pied du télésiège, on trouve une foule d’individus très différents. Un panel miniature de la société française, les pauvres en moins. Ben oui, les pauvres n’ont pas les moyens de partir en vacances, au ski encore moins. Sinon, comment pourrions-nous nous rendre compte de notre chance ? De ce petit sentiment de supériorité que l’argent fait circuler dans les veines. Cette infime décharge de plaisir vaniteuse et concupiscente qui ne sied qu’aux nantis.
Au pied d’un télésiège, c’est un peu la lutte des classes aussi. A toi à moi. Il y a les gens stylés : lunettes Gucci sur le bout du nez, le cul moulé dans un futal Volcom et la veste assortie ; et il y a le pauvre qui se trimballe dans la pauvre combard violette que papa a mis quand il est parti à la neige pour pas cher avec le CE de chez Michelin. Entre les deux, il y a les gens moyens, ni beaux ni moches, ni bien sapés ni ridicules. Pire, tout juste moyens.
Enfin, il y a les locaux. C’est les mecs trop stylés, pardon staylés, qui se foutent de la gueule du premier débutant qui se plante en chasse-neige en fumant des tarpés ça comme. Eux ce sont les Rwayders, les vrais, les king of ze poudreuse. Les mecs qui parlent avec un accent pas possible et passent plus de temps à mouler leur raie du cul dans la neige qu’à surfer.
On remarque les habitués au tire-fesse. Déjà eux, ils l’appellent tire-cul, c’est tellement plus classe, tellement plus mondain, infiniment plus hype. Ensuite, ils savent le prendre, se le fourrer délicatement entre les cuisses et se faire traîner par la peau du cul jusqu’aux cimes enneigées. Ca brise délicatement les testicules, mais l’habitué, il s’en fout parce que le style, il l’a à mort. Et sans les mains en plus. Une fois en haut, il se pose, contemple paysage, attend qu'il n'y ai plus personne pour entamer honteusement sa descente en chasse neige. Dès que quelqu'un le doublera il fera semblant d'attendre un pote qui n'avance pas en hurlant : "mais qu'est-ce qu'il fout ce con?", avec un par terre de mégots à ses pieds.
Alors que le pauvre pauvre se demande à quoi peu bien servir cette barre de métal qu’il a vaguement vue dans les Bronzés font du ski et dans le JT de Pernaut au cours d’un reportage sur la rentabilité des remontés mécaniques. Il s’agrippe comme il peut à cet objet bizarre qui va le traîner sur 20 m en lui faisant bouffer la neige synthétique par le nez. Tout penaud, il va recommencer cinq fois comme ça, en vain, sous les quolibets et les sarcasmes de ces crétins de snowboarders, qui, planqués derrière le dernier masque Bollé cherche la moindre occasion de faire remarquer aux mauvais qu’ils sont mauvais, avant de faire un inutile étalage de leurs talents.
Le snowboarder a un langage très particulier. "Oh p’tain, c’te session, j’ai fait un holy tail grab dans la poudreuse de sa mère. Les autres ils ont mangé ma board." Incrédule, je les regarde le genou ensanglanté parce que je viens de me manger une pierre. Une plaie ouverte de 2 cm, mon récit s'arrête, mes vacances sont finies.
11:49 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ski, snowboard, vacances, noël

























Commentaires
Fais comme moi : déteste le ski !!
Ecrit par : Suffragettes | 31 décembre 2007
Bonnnnnnnnnnnne année !
Ecrit par : Suffragettes | 02 janvier 2008
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