15 décembre 2007

Je tape dans les boîtes

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C'est dingue comment on est cerné par les boîtes. On y va même... en boîte. On a des boîtes pour tout : boîte aux lettres, boîte à sucre, boîte à gants, boîte à savon, boîte de conserve, boîte à cons, et même des boîtes à boîte. Je me suis fait cette réflexion hier soir en déblayant ma chambre, me rendant alors compte du nombre de vieilleries que j'entassais dans des boîtes à chaussures. Un petit historique de la boîte s'impose.

Comme beaucoup d'objet, la boîte est née d'un malencontreux hasard et porte le nom de son inventeur, au même titre que la poubelle ou le caddie de supermarché. Mustapha Boîte était un sacré bordélique. En 1832, il vivait dans un petit studio à Guéret, dans la Creuse, dans lequel s'amoncelaient toutes sortes de bizarreries. On y trouvait aussi bien des machines à saucisse que des chaussures en peau de ragondin d'Australie. Mustapha Boîte était loueur de choses, métier en complète désertion depuis le début du troisième millénaire. Mais il passait des heures à trouver ce qu'il cherchait, ne finissant par plus savoir ce qu'il cherchait il finissait par se chercher lui-même et ne plus se trouver.

Au bord de la folie, en proie à des crises d'apoplexie à chaque fois qu'on venait lui demander une chose ou une autre, Mustapha Boîte passait des journées entières à se demander comment il pourrait enfin se retrouver dans son capharnaüm, les formes asymétriques de ses choses s'emboîtant aussi bien que des Lego sortis d'usine avec un défaut de fabrication. Il commençait à sérieusement tapé dans les boîtes l'ami Mustapha.

Un soir de déprime, il descendit les quelques marches qui le séparait du troquet d'en bas de chez lui. Il s'assit au comtoir, posa sa menue monnaie sur le zinc et demanda au patron un truc fort, mais bien fort, "parce que j'en ai vraiment besoin", ânonna Mustapha, dans un charabia presque inaudible. Il avala d'un trait son Zigouigoui, la boisson locale à base de gnôle, de rosé et d'efferalgan Vitamine C (pour le goût). Mustapha vacilla sur sur son tabouret, enquilla un deuxième Zigouigoui, et le voilà rond comme un queue de pelle en train de danser la carmagnole au milieu du bistrot. Après la tournée du patron, il se fait botter le cul et fini complètement dichtrailler, perdu dans sa propre rue à dragouiller Monique, la vieille putain décrépie du quartier.

Le lendemain, Mustapha Boîte se réveilla avec une barre au milieu du crâne. Il ne se souvenait plus de rien, sauf qu'il s'était fait jeter par Monique et puis c'est tout. Au pied de son lit, il y avait un truc en bois carré et vide. Il n'avait jamais vu un truc semblale de sa vie. Ce n'était pas une malle, ni un panier ou quelque chose dans le genre. Sûrement trop bourré il avait conçu cette chose. Sur le coup de sa trouvaille, il décida de lui donner son nom : c'était devenu une boîte.

Tout le monde a oublié cette épisode, même si au final on ne sait pas vraiment comment est née la boîte. Mais le problème, c'est qu'à avoir trop de boîte on devient trop bordélique.

Commentaires

Dans ma version, Mustapha et Monique fricotent quand même un peu quand Mustapha sort du bar, la boite crânienne à l'envers... je voudrais pas refaire l'histoire mon chou, mais si je me souviens bien, c'est Monique qui a fabriqué ce truc en bois vide au cas où Mustapha aurait envie de vomir... et Monique (Bassine de son nom de famille) s'est fait volé la vedette et a fini toute sa vie à décrépir sur le trottoir... TRAGIQUE!!

Ecrit par : Lucie | 15 décembre 2007

Moi aussi je commence aussi à taper sérieusement dans les boites... faut pas s'étonner... à force de vouloir s'emboiter dans des boites à cons, on déboite!

Ecrit par : Nelly | 15 décembre 2007

@ Lucie : ben ouais, mais si une boîte s'était appelée bassine, ça n'aurait pu été une boîte, mais une bassine. Et il faut quand même se rappeler que dans l'histoire Monique avait claqué tout le pognon qu'elle avait chopé en inventant la bassine, tout ça pour essayer d'inventer un espèce de de filtre d'amour qui faisait gerber tout le monde. PArce qu'en fit elle s'est rendue compte que l'amour, c'était pas faisable.

Ecrit par : Bernie | 15 décembre 2007

Moralité de l'histoire: "rien ne sert d'avoir de l'imagination quand on sait se servir de son c.." je lui tire pas mon chapeau à Monique!

Ecrit par : Lucie | 15 décembre 2007

Ce ne fût pas plus mal pour Mustapha car Monique, paraît-il, avait la chtouille.
Quelle imagination, c'est le chouchen qui te fait cet effet là ? (je suis bretonne, j'ai le droit de balancer du cliché à tout va)

Ecrit par : Suffragettes | 16 décembre 2007

Ouais, il paraît que je suis tombé dans la barique quand j'étais petit. Du coup, j'ai plus le droit d'en boire.

Ecrit par : Bernie | 17 décembre 2007

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