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29 juillet 2007

C'est de la foutaise

 

 

L'autre jour, je repensais à un court métrage de Jean-Pierre Jeunet que ma prof de video m'avait  montré quand j'étais à la fac : Foutaises. On y voit Dominique Pinon, son comédien fétiche à la gueule improbable, qui passe à la moulinette la dichotomie j'aime/j'aime pas. Du coup, j'ai retrouvé le film sur You Tube et ça ma donné envie de faire la même chose. Décrire ces petits plaisirs inutliles et futiles mais si bons qui s'opposent à tous ces trucs gonflants qui sont parfois importants. Je sais l'ami, c'est un peu facile, mais bon, ça va te permettre d'en savoir un peu plus sur moi. Alors je me lance.

J'AIME... mettre des chausettes neuves...avoir raison...déballer des CD neufs...boire mon café avec une paille...mon slip superman...faire du air guitare tout seul...marcher pied nu dans l'herbe...ne pas penser comme les autres...finir un livre...commencer un livre...pisser dans la nature...essorer la salade...écrire des choses inutiles...me réveiller avec AC/DC...me promener avec mon ipod dans les oreilles...faire des remises de chèque...regarder la télé avec ma grand-mère...les débuts...l'odeur de la rosée...la plage en hiver...mettre des chaussures pourries...le deuxième degré...le foot anglais...marcher dans les rues désertes la nuit...les au revoirs sur le quai d'une gare...garder des choses qui ne servent à rien...courir sous la pluie...les pics d'adrénaline...les dribbles de Zidane...les solos de guitare au scalpel...la pluie qui tapotte au velux avant de m'endormir...la première gorgée de bière...ne pas me réveiller tout seul les matins pluvieux...

J'AIME PAS...la paperasse...être en retard...la bêtise humaine...avoir tort...les éditos de Rock&Folk...les vieux dans les supermarchés...les caniches...les yorkshires...péter un boitier de CD...les choux de Bruxelles...les maths...être obligé...les boîtes de nuit...la fermeture des bars...Gerard Holtz...les carrés famille de la SNCF...mettre des chaussettes dépareillées...manger froid...ne pas me souvenir...les arrêts minutes...aller chez le coiffeur...parler pour meubler...la physique...les zoos...le sable dans les chaussures...avoir des miettes dans mon lit...le gras du jambon...ne pas avoir d'inspiration...être tout seul dans le noir...avoir mal aux dents...la solitude...l'ennui...les histoires drôles pas drôles...prendre le métro...les profs de fac...le vide...perdre...la variété...les gens qui ne s'intéressent à rien...le whisky...le bruit du verre qui casse...les cons...les fins...

Fais en de même l'ami...

 

27 juillet 2007

Oh Manu... Tu descends!!!

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Cette année, je me suis mis à regarder la Nouvelle Star. Oh c'est bon ne me regardez comme ça. Pour qui pourquoi, je n'en sais trop rien. Quelque chose un rien divertissant, des chansons que je ne pensait ne jamais entendre sur M6, ni sur une autre chaîne d'ailleurs, et un jury patenté et mesquin, jouant au jeu du chat et de la souris. Dans ce jury, je n'aimais pas Dove Attia (Il faut dire que c'est un ancien prof de maths), rien que pour Christophe Mae, ni Marianne James, parce que pseudo diva qui annone un langage abscons juste pour faire genre. André Manoukian me faisait marrer à cause de ses paris stupides avec les journaliste médias de Libé, et Manu Katché aussi pour sa froideur, son calme et son je-m'en-foutisme non feint. En fait, l'attraction de la nouvelle star, ce ne sont pasles candidats, ce sont les membres du jury. Moi qui passe mon temps à cracher sur la variétoche, j'ai l'air d'un con maintenant. Non?

Toujours est-il que c'est via la Nouvelle Star que j'ai connu Manu Katché. Batteur irrésistible. Il se trouve qu'en ce moment chez moi c'est l'évènement musical de l'été : le festival de jazz et non pas la tournée des plages de Patrick Juvet comme pensent certains. En guest cette année, Manu Katché, qui pour l'info a fait chier tout le monde pour avoir du vin blanc, et que du Graves ou du Sancerre. Donc hier soir, c'était Manu en live.

C'est marrant la manière qu'on a de s'approprier les gens du petit écran. Lorsque j'ai croisé le regard de Manu Katché (Ouais j'avais un pass backstage, le classe), je lui ai tendu la main comme si je le connaissais, attendant qu'il me balance un: "salut Antoine la cheupé ou bien?". Et moi je lui aurai répondu "Yo Manu et toi". Et puis on aurait tapé la discute, vidé trois ou quatre bouteilles de blanc. Mais en fait, non. L'histoire c'est pas ça. Cela dit, il est sympa Manu, il m'a serré la main, s'est fendu d'un large sourire dévoilant son impeccable dentition fraîchement détartrée et ma dit bonjour. Je lui ait souhaité un bon concert et il m'a remercié très poliment en me faisant un clin d'oeil.

Il est vachement mieux en vrai en vrai qu'à la télé Manu. D'habitude, c'est plutôt le contraire. On entend souvent les gens dire à Julien Lepers ou à Jean-Luc Reichmann : "Vous êtes moins bien en vrai." Et puis il a disparu pour monter sur scène. Il a parlé au public avec une amabilité qu'il lui fait faux bond à la télé.

La claque. Un jeu tout en variation. La puissance d'un John Bonham ou d'un Keith Moon, mais avec ce je ne sais quoi de plus subtil, de plus technique, de plus jazzy tout simplement. Ça sonne clair, fort, c'est précis. Il gifle avec force et arrogance ses cymbales, rudoie ses toms. Il a bien dû péter 4 ou 5 baguettes pendant le concert. Il en défouraillait systématiquement un autre dès que ça arrivait. Les bout de bois volaient dans tous les sens. A lui tout seul il faisait plus de boucan que les Tambours du Bronx. Lorsqu'il s'est lanceé dans un solo, j'ai pensé à Moby Dick de Led Zep ou a Toad de Cream avec Ginger Baker aux fûts. Un son énorme, une déferlante, des rafales. Un truc de fou.

Je l'entends encore trituré sa batterie, exploitant même la musicalité du bois des fûts, je le vois encore, avec la banane, le mec qui prend son pied, qui swingue, qui groove, accompagné par trois autres musiciens (piano, contrebasse, bugle) de folie. Je suis allé voir sur scène à la fin du concert, il y avait plein de copeaux de bois sous la batterie. Rideau, salut l'artiste.

Le prisme déformant de la télévision tronque encore une fois la réalité. L'homme est descendu de son trône de la Nouvelle Star pour s'asseoir sur un tabouret, derrière sa batterie. Il est accessible, mais pas trop, faut pas déconner non plus. Mais ce qui me rassure, c'est qu'il ne foutra plus les pieds à la Nouvelle Star.

25 juillet 2007

La grande esCrocserie

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Je sais pas pourquoi, mais j'ai la fâcheuse habitude de regarder les pieds et les chaussures des gens. Genre montre moi tes godasses et je te dirais qui tu es. Je suis devenu un éminent sociologue de la chaussure au fil de mes baguenaudages dans les rues de Vannes. Entre les pépés en chausson, les clodos en Weston et une pervenche en moon boots, j'ai à peu près tout vu. J'ai même vu ma grand-mère aller au resto en sabots. Mais je dois dire l'ami que je reste assez circonpect devant Ze manouch touch of l'été 2007 : Les Crocs (prononce Crox l'ami). Des espèces de sabots en plastique aux couleurs criardes. Un mix entre les sabots des dames de cantine, des sabots de manouches, des sandalles de plage et les pompes de Bootsy Collins. Idéale pour le panoplie dame de cantine disco assortie aux boucles d'oreille boule à facette. On les appelle les Crocs parce que c'est sensé représenter la gueule d'un crocodile. Qui est tombé dans la gueule du grand méchant croco en achetant cette horreur? (Je veux des noms)

Les vieux, les jeunes, tout le monde s'y met. Même Paris Hilton. Et ma grand mère aussi du coup. Oui l'ami, ma grand mère est abonnée à Voici et se délecte des vicissitudes de cette radasse. Elle a opté pour le modèle vert bizarre. Tu te souviens du Gac l'ami, cette espèce de substance verdâtre et visqueuse qui ne servait à rien mais que tu étais heureux de balancer sur la tronche de tes souffre-douleurs au collège. Et ben voilà, les Crocs de ma mima sont vert Gac. Au moins quand tu la sème dans les rayons du supermarché parce qu'elle te saoule tu la retrouves vite. Trop fashion ma grand mère. Si ça continue elle va finir en jean slim et bassière avec un serre-tête rouge dans les cheveux. 

Un jour, j'ai acheté des chaussures d'une marque impérialiste US. Elles étaient jaune/vert fluo. Je t'accorde l'ami que mon choix était douteux. Mais bon, elles étaient originales et c'était un cadeau. Tout le monde s'est encore bien farci ma tronche, mais ce même tout le monde porte aujourd'hui des Crocs. La teuhon!!

Bref, parait-il que ces sabots sont anti-transpirants et anti-odeurs. Mouais. T'as jamais senti ma grand mère enlevé ses Crocs toi! Quand tu pues des pieds dans une paire de godasse, généralement tu pues des pieds dans toutes. Même dans des tongs. Et je parle en connaissance de cause. Ceux qui ont connu mes Air Max (je renie complètement cette période ma vie) savent de quoi je veux parler. J'ai tout essayer, les Docs, les Converses, les Van's, Les chaussures de foot, les espadrilles, les moon boots, les talons aiguilles (non, je déconne), c'est incurable. Sauf si tu te laves les pieds au White Spirit. Chose que je te déconseille l'ami.

Toujours est-il qu'il faudrait me payer cher pour porter ces trucs. Sur ce je te laisse l'ami, je vais acheter des chaussures...

24 juillet 2007

Les maths et mes tics

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J'aime pas les maths. Je n'ai jamais aimé ça. Voir ces chiffres blanchir le tableau noir comme les hiéroglyphes peinturent les murs des pyramides, ça ne m'a jamais parler. Comment peut-on s'extasier sur des racines carrés et des tas de trucs au nom biscornu : logarithmes, exponentielle, homothéties, et tout le tralalala.

J'ai appris à compter sans problème. J'étais même assez balèze en calcul mental. Mais dès qu'on est passé aux divisions avec des virgules, j'ai perdu pied. Je comprenais pas pourquoi on s'entêtait à ne pas faire des chiffres ronds, c'est tellement plus simple. Après je suis arrivé au collège. ils ont commencé à me parler de x et de y. Mais pourquoi? Ce sont des lettres, qu'est-ce que ça vient branler ici.

En 6e, j'avais un prof qui faisait de la discrimination mathématiques. Au centre de la classe il y'avait un carré de douze places dédiées aux douze meilleurs élèves en maths. Forcément j'étais pas dedans. Moi j'étais autour, à regarder benoîtement les bons dont la passion pour les maths m'interloquait déjà. La petite Bérénice m'agaçait particulièrement. Petite première de la classe habillée tous les jours comme pour aller à la messe (qu'est ce qu'elle pouvait bien faire dans le public?). Toujours première elle adorait aller au tableau. Elle souriait alors avec dédain envers moi, arborant fièrement le grillage à poule qui lui enserrait les chicots. Moi je me demandais plutôt comment on pouvait rouler des gamelles avec un truc comme ça dans la bouche. Quand j'en ai eu un j'ai compris. C'est tout juste pas possible. Une fois j'ai fini dans le carré. C'était un contrôle de définitions. J'avais bien appris par coeur et j'avais vomi ces infâmes balivernes sur ma copie. Vingt sur vingt. J'ai cru que ma mère allait pleurer. En 5e ma prof était alcoolique, en 4e ça ne m'a pas marqué, et en 3e mon prof ressemblait à rien. Il puait, roulait dans une R18 break mauve rouillée et m'a pété à la gueule.

Au lycée, ça a été différent. Je me pointe le jour de la rentrée et je me retrouve dans une classe où je ne connais absolument personne. Seconde générale option SES. La prof principale, de maths comme par hasard, demande à l'assemblée qui veut poursuivre en première S. Tout le monde lève le doigt sauf moi. Pourquoi ils ont pris option SES ces pedzouilles? La prof me lance un regard noir et me demande ce que je veux faire après. Ben... première éco connasse. J'ai eu le malheur de lui dire que j'aimais pas les maths. J'ai souffert. Bizarrement, cette année là, j'étais malade à chaque fois qu'il y avait un contrôle de maths. La prof vieille école me toisait méchamment et s'acharnait sur moi, prenant un malin plaisir à m'envoyer au tableau tout en sachant pertinemment que je n'arriverai à rien. Ca faisait marrer tout le monde sauf moi. Putain, j'avais rien demandé à personne. Ce sadisme à mon encontre me désolait, mais me permettait de faire valoir la cause des nuls en maths en écrivant n'importe quoi au tableau. Maudit soient Pythagore et Thalès. J'y passait en moyenne une heure et la prof, exaspérée, finissait par faire l'exo à ma place. Si elle avait pu elle m'aurait baffé cette vieille bique. C'est bizarre, mais cette année là, la moitié de ma classse à redoubler. Bande de blaireaux, va!

En première c'était un joyeux bordel. La prof ne comprenait pas qu'on n'aime pas les maths, alors que je passais mon temps à me foutre de la gueule de ces S boutonneux qui s'extasiaient devant la nouvelle calculette GX 2345423. En plus d'être nul j'étais mesquin. Les maths c'est un jeu. Ben tiens. Pour moi un jeu c'est le jokari, la famille en or ou attention à la marche. Non en fait ça ce sont des jeux de cons. Je préférais aller courir après un ballon en fait.

Est arrivée l'année du bac. Des parents plus stressés que leurs enfants. Devant un bulletin merdique, mes parents décidèrent de me faire prendre des cours de maths. Je ne comprenais pas plus mais eux, ils y croyaient dur comme fer. "T'as compris avec le monsieur?". "Oui papa, oui maman". Nul en maths un jour, nul en maths toujours. Mon aversion pour les maths était irréversible. Je rentrais dans la salle de cours, me calait douillettement au fond de la classe à côté du chauffage et de la fenêtre. C'était fait, j'étais devenu un cancre. Un jour mon prof s'est approché de moi pendant que je faisais semblant de cogiter sur un exercice. "T'arrives pas Besnard?" se gaussa-t-il. Je détestais qu'on m'appelle par mon nom de famille. Je répondis à ce vieux schnock que je comprenais rien. Il me rétorqua : "Les maths, c'est facile, y a rien à comprendre." C'était fait, j'étais définitivement un con, mais j'étais absout de la tyrannie mathématique.

J'ai eu 7 au bac. Pour moi c'était vachement pas mal. Après, je suis parti à la fac de droit, et je n'ai plus jamais fait de maths. Le bonheur.

16 juillet 2007

Viens faire un tour dans mon placard

 

L'autre jour j'étais en train de bosser sur mon mémoire, quand j'ai soudainement été pris d'envie de faire une pause. Je regarde l'heure, chope l'infâme TV Magazine et jette un oeil distrait au programme télé. Bonheur, c'est l'été sur Canal+ et ma chaîne préférée rediffuse un documentaire sur les Sneakers. Pas les Snickers, les Sneakers. Pour ceux qui ne connaissent pas, les sneakers ne collectionnent pas des barres chocolatées aux noisettes mais des baskets. J'avais loupé la première diffusion pour une raison qui devait être bien honorable (zapper de regarder le prog TV, boire des bières avec des potes, étriper le caniche de la voisine ou voler des nains de jardin). J'ai le droit à une séance de rattrapage en plein après-midi. Il n'y a personne dans la baraque. Mon frangin s'est fait la malle, on entendrait une mouche volée. Je ferme les volets et me barricade comme si j'allais assisté en exclusivité mondiale à l'avant première du 18e épisode de Star Wars.


Le documentaire commence. Petit historique sur fond de hip hop. Bla bla bla, la voix off passe sur la street culture, Run DMC faisant de la pub gratos pour Adidas avec leur tube surpuissant My Adidas, le coup marketing de Nike avec Jordan, jusqu'à ce qu'on arrive chez les Sneakers, les vrais. Ceux qui ont des placards dégueulant de pompes formant un patchwork de couleurs hystériques. Ces américains moyens qui se ruinent, achètent leurs paires de baskets par dix dans des couleurs différentes pour les ressortir dans 20 ans, et se la donner comme il se doit. Ils ont bien raison, à leur âge les pieds ça s'est arrêté de grandir. On voit des mecs qui font le tour du monde, recherche des pièces uniques, sont prêts à claquer 5000 dollars pour une paire de basket en cuir fabriqué à Taïwan par des crèves-la-dalle et qui ont un coût unitaire de fabrication de 10 dollars. Totally Insane les archéologues du stret-wear!!!

Ce documentaire finit par ressembler à un tour du monde des placards les plus fournis en godasses. Un rappeur molosse (se référé à la typologie de la gonflette) se ramène. T-shirt méga XL à l'effigie d'un club de basket quelconque, la casquette, le short et bien evidemment les pompes ne jurent pas. Impossible d'être dépareillé. Ce serait un crime de lèse majesté envers la sacro-sainte trinité du streat-wear : basket, survet, casquette. J'ai beau avoir l'air maniaque en rangeant mes disques par ordre alphabétiques, les Sneakers rangent leurs pompes, par marque, par couleur et par modèle. D'abord tu passes dans le placard Nike Air force bleu, puis rouge, vert, jaune et rose. Comme les bioman en fait. Le rappeur ne met ses baskets qu'une seule fois, et nous explique avec une impudente candeur qu'après, il les jette. Va savoir pourquoi? Essayer de penser comme un rappeur c'est un peu comme si un légo essayait de penser comme un playmobil.

Changement de décor. On se retrouve dans un autre placard. Celui d'un fat MC habillé tout bien comme il faut. Baggy, t-shirt taille géant vert et casquette. On apprend ici que ce charmant bonhomme au faux air de Notorious BIG peut mettre un paire de basket différente chaque jour pendant cinq ans. Et moi qui trouve que j'ai beaucoup de chaussures avec ma dizaine de paires (dont la moitié sont des converses plus que perméables que je garde pour la rock'n'roll attitude). En faisant le calcul, ça fait 1825 paires de baskets made in Taïwan, Indonesia, Vietnam, China et autres pays remplis de petites mains qui tannent le cuir pour 3 kopeks.

D'un reportage surexcitant sur la street culture, je suis passé à un spot de pub gigantesque et gratuit d'une heure pour Nike, Adidas et Reebok. Au final, je ne sais plus trop bien ce qu'à voulu nous montrer le réalisateur. La bêtise humaine, la maladie de collectionneur invétérée et irresponsable, comment la street culture s'est compromise avec Nike, Adidas et Reebok. On dirait que ces ricains vouent un tel culte à leur pompe qu'ils ont peur de marcher avec dans la rue. C'est vrai, quand on a des chaussures neuves on a toujours les boules quand un connard nous marche sur les pieds avec un indécrottable sourire débile en nous hurlant dans les oreilles "baptisés". Enfin, quand on 1825 paires de chaussure, on peut bien en salir une. These Boots Are Made Walkin' chantait Nancy Sinatra. Alors, à quoi bon laisser des chaussures dans un placard.

13 juillet 2007

All you need is love... ou pas

Je ne sais plus comment j'ai découvert le free hug. Sûrement à la télévision, vu qu'une de mes activités préférées consiste au vautrage dans un canapé à déglutir des émissions en 24 images/seconde. Mais, si vous êtes en manque d'affection ; si vous détestez les bisous baveux et cradingues de votre grand mère, qui risque de laisser son dentier s'agripper à votre joue à chaque fois qu'elle vous embrasse ; ou si votre petit(e) ami(e) vient de vous plaquer pour un(e) autre qui ne ressemble à rien et qui à l'air si con qu'il (ou elle) pourrait amener papa, maman, tonton et tata à La famille en or - Et oui je sais, il y a des jours comme ça où l'amour personne n'est pour -, en voilà une solution pour les jours de déprime où tout simplement pour les serial câlineur. Prenez un grand morceaux de carton, écrivez CALINS GRATUITS dessus et sortez dans la rue en le brandissant à bout de bras.

podcast

Bien sûr il ne faut pas habiter dans la Creuse ou dans le trou du cul de la Bretagne. Un bled genre Ploudalmezeau par exemple (si, si ça existe pour de vrai). Ca risque de ne pas marcher ou de vous attirez quelques déboires. Des chasseurs risquent de vous prendre pour une espèce de gibier jusqu'alors inconnue de l'homme. Vous risquez de vous attirer les quolibets et de vous faire enfûmer par quelques péquenots à la mèche rebelle et la mob pétaradante. Un vieux pourrait claquer devant autant de reconnaissance et un paysan bourru pourrait vous décoller un bourre-pif, "pasqu'on n'est pas des PD ici".

Putain mais merde, "tu aimeras ton prochain" c'est quand même un des dix commandements divins. Moi je suis pour les câlins gratuits. C'est même arrivé jusqu'à chez moi à Vannes, ville moyenne et bourgeoise plantée sur les bords du Golfe du Morbihan, peuplée de vieux et de riches, donc essentiellement de vieux. Je ne suis pas en manque d'affection, ma grand mère est adorable, mais je ne sais pas, ça met du baume au coeur, un petit câlin dans l'inoxydable grisaille de juillet. L'étreinte n'éreinte personne.

Mais attention! Le câlin gratuit ça peut aussi être risqué pour le péquin moyen qui trancane dans la rue comme ça, parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre. Le câlineur peut refouler méchamment du goulot, suer comme Zidane après 5 minutes de jeu, vous transmettre la tâche qu'il a fait sur son t-shirt en mangeant son sandwich ketchup-rillettes, ou essayer de vous rouler une vieille galoche parce que ça fait longtemps que lui aussi n'a pas reçu d'affection. Le pire etant de tomber sur un vulgaire onaniste tuberculeux.

 Moi forcément, je me balade en ville avec un t-shirt griffé French Fucker, du coup personne ne veut me faire de câlin. Les filles partent en courant en regardant si ma braguette n'est pas ouverte, les vieux me toisent de traviole en serrant très fort conte leur poitrine leur animal de compagnie quand ils me croisent (tout ce qui est de la race des chiens petits, moches et cons). J'attire que les transexuels, les homos et les clodos. Ah oui, petite précision pratique, ne jamais vous poster avec votre panneau à côtés des toilettes publics. Y'en a qui ont essayé ils ont eu un deuxième trou du cul des problèmes.

09 juillet 2007

Footu service public

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L'autre jour je feuilletais le dernier France Foot au bureau et là... Le transfert de l'été est devant mes yeux. Denis Balbir, l'homme qui braille plus vite que son ombre, passe de Canal+ à France 2 après 14 ans de plus ou moins bons (voire plus que médiocres) et loyaux services sur la chaîne cryptée. Téléfoot maintenant sur la 2, l'homme qui hurlait en cryptée va maintenant le faire en clair. Il fait son coming out et les gens qui ont toujours regretté de ne pouvoir s'offrir Canal+, pour regarder la Ligue 1, aussi appelée le foot en folie volume 24, vont enfin découvrir qu'ils n'ont rien loupé. Et ceux qui avaient déjà Canal vont se rendre compte que leur téléviseur n'avait bel et bien aucun problème de réglage sonore.

J'ai longtemps eu peur que le journaliste sportif à la verve aussi insupportable que son accoutrement, le bien nommé Gérard Holtz, ne vienne nous gonflé avec ses interviews à la mord moi me noeud et sa bienséance de pacotille le dimanche matin. Mais, au lieu de l'homme au brushing en apesanteur, nous aurons le droit à un présentateur acariatre, probable fondateur du fan club de coach Vahid et apôtre de Jean Michel Larqué, entretenant de ce fait le légendaire chauvinisme et l'insupportable condescendance de l'homme qui se prend pour le plus grand footballeur de tous les temps. Un Gilardi de perdu, un Balbir de retrouver. On n'est pas forcément gagnant au change. Mais bon c'est ça aussi la mission de service public, nous faire aimer toutes les télévisions... surtout les pires.

 

Bernie et Davina : typologie de la gonflette

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Je suis chez le médecin. Je me déssape et monte sur la balance. Le constat est sans appel. Je flirte avec mon poids limite (No comment). Plus tard je repasse mon costume, juste histoire de vérifier la véracité des faits. La veste ça va, mais j'ai du mal à passer le pantalon. Une prise en main est nécessaire. J'ai beau faire du footing je perds pas un gramme. Pire, je prends du poids. Je dois avoir une alimentation douteuse puisque ma ceinture abdominable a des allures de bouée de sauvetage.

C'est décidé, je me prends en main. Direction la salle de sport la plus proche de chez moi. Je rentre. Il y a des glaces partout et des molosses qui y contemplent leurs biscotos comme des poufiasses à la recherche de points noirs sur leur pif. Les enceintes crachottent un remix putride de Pink Floyd version makina. Juré, la prochaine fois je ramène mon ipod!! Je pénètre donc dans cette antre de Narcisse, enfile short et basket et me voilà fin prêt à faire fondre la graisse. Première découverte de la faune locale que je m'en vais vous décrire:

1- Le molosse. Le molosse s'appelle Steven, Robert ou Jason et pourrait jouer dans un film de Jean-Claude Van Damme ou Steven Seagal. Il fait du 95C en tour de bras, fait des pompes sur le petit doigt et vous pête la main juste en vous disant bonjour. Il soulève à l'aise des poids de 100 kilos et passe entre 12h et 24 h à la salle de sport. D'ailleurs, il dort sur le banc de muscu, juste en dessous du poster de Schwarzy, c'est bon pour ses abdos et sa psychanalyse. Oui Schwarzy est son confident depuis qu'il à rêvé qu'il était Terminator et qu'il a entendu Evelyne Thomas parler de Freud. En plus, ça fait faire des économies et si le molosse arrive pas à dormir il peut toujours faire des pompes ou compter les altères.

2- Le commercial. Commercial dans le bâtiment de préférence, il débarque à la salle de sport en costard noir, marcel blanc (avec une ou deux tâches de pinard) et chaîne en or qui brille. Style : aïe, aïe, aïe, Je danse le Mia. La moumoutre de son volant dépasse d'ailleurs de son sac de sport. Il sort des vestiaires en mini short et mini marcel qui lui arrive juste au dessus du nombril. Le commercial est commercial donc il a du style. Il fait de la muscu avec ses lunettes de soleil pour rester anonyme, dissimule son peigne dans son short et passe plus de temps à se mirer dans la glace qu'à soulever des poids. Le tocard de la gonflette par excellence. Peut se ramemer avec une radasse décrépie et défraîchie qui mache du chewing gum la bouche grande ouverte, juste pour passer pour un pseudo rital macho qui pécho de la bombe à tour de bras au Macumba. Oui le commercial est aveugle, enfin, c'est à dire qu'il va en boîte avec ses lunettes de soleil, donc...

 3- La business woman. Tailleur Gucci, sac Chanel et lunettes Dior. Entrée fracassante et remarquée (putain j'ai encore cassé mon talon, c'est ma troisième paire de Nike cette semaine). Elle se gare juste devant l'entrée pour faire son intéressante et pour qu'on admire son dernier coupé Merco. Elle ne dit bonjour à personne, pas assez chère mon fils. Mais elle a plein d'amies. Elle est bruyante, s'est fait greffer une oreillette bluetooth dans les ratiches pour faire des affaires même en faisant du step et passer des commandes à la Redoute en loucedé. Elle a quatre montres : une à l'heure de New York, une à l'heure de Bangkok, une à l'heure de Londres et une à l'heure de Tokyo (et une cachée avec l'heure de M6 pour être sûre de ne pas rater Capital, l'émission économique de référence de la télé française). Du coup elle est tout le temps dans le Jet Lag. Déphasage total, donc lunettes de soleil, oblige. Et si vous lui demandez l'heure elle sera incapable de vous le dire parce qu'elle n'a pas l'habitude des montres à aiguilles.

4- Le vieux. Le vieux est vieux, à la retraite. Il vient aux heures de pointe parce qu'en dehors, il est overbooké. Entre le jardinage, le point de croix, question pour un champion et les infos en breton c'est vrai qu'il n'a pas que ça à foutre le vieux, faire du sport. En mal de relations sociales, il vous parle de bobonne et de son caniche, Sissi, qui a perdu son tailleur en tissu écossais en se faisant sodomiser par le pitbull de son voisin teufeur. Limite il vous inviterait à boire un café pour que vous puissiez constater les dégats. Il ne ressemble à rien. Survet panaché de mauve de jaune et de vert, dédicacé par Emile Zatopek. Il connaît l'histoire du Tour de France par coeur et vous fera l'apologie de Thierry Roland en vous disant que c'est un être profondément subversif car il a traité l'arbitre du France Allemagne de 1982 de salaud. Si vous en avez envie, il vous louera son camping car à prix d'ami pour les prochaînes vancances. Et oui, papi fait effectivement de la résistance...


05 juillet 2007

Moi, mes disques et mon ipod

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J'en suis à mon deuxième ipod. Le petit dernier est rouge, pèse quelques grammes et quand on le retourne on peut lire "Not Easy Fucking Girls". Le premier était blanc, plus gros, plus sobre. Un jour il est tombé et ne s'est plus jamais rallumé. Le choc. J'entends encore les mots du vendeur de la fnac rebondir à mes oreilles avant que je ne m'anéantisse et me liquéfie. J'étais déjà pas bien luné ce matin là. Alors là, c'était le pompon. Plus qu'à en racheter un autre. Et le compte en banque qui crie famine...

Desfois, je ne me comprends pas. J'ai un ipod une connexion internet et un ordinateur assez puisssant pour entasser les gigas comme certains collectionnent bizarrement des boîtes de camembert ou les boîtes de médicaments périmés (et il paraît que c'est encore mieux quand il en restent dedans). Mais non, je m'obstine à acheter des disques, à les entasser dans mes étagères. Je ne sais franchement pas à combien j'en suis rendu, mais j'adore voir les yeux des visiteurs de ma piaule s'écarquiller à la vue de tous mes disques. Et mes oreilles vaniteuses prennent leur pied lorsque ces derniers ânnonent honteusement qu'ils ne connaissent aucun, ou si peu, des groupes qui squattent mes étagères depuis mon adolescence. 

Voilà plusieurs années qu'une force irrépréssible me pousse dans les bacs des disquaires ou dans des folies d'achats frénétiques dès que je fous les pieds chez un disquaire ou un opulent grossiste de musiques en tous genres. Et tout ça pour quoi? Une vulgaire rondelle de plastoc au grade à vous dans un boitier parfois douteusement illustré par un énième disciple de Warhol. Et dire qu'il y a même des disques que j'achète juste pour la pochette.

Quand j'étais petit, je zieutais avec voracité les pochettes des vinyles de mon père. La plus fameuse, Sergent Pepper des Beatles, m'intrigais. Je ne connaissais alors aucun des gus qui trônaient là. Marlon Brando, Karl Marx, Edgar Allan Poe étaient des noms qui sonnaient creux pour moi. Puis je me suis familiarisé avec tout ça. Bien sûr, je suis incapable de reconnaître toutes les personnes qui posent sur cette couverture. Après il y a eu le Sticky Fingers des Stones avec la braguette, le dirigeable de Led Zep, cette gueule beante et bariolée sur une galette de King Crimson, et toute une floppée d'autres que je découvrirais par la suite dans leur petit étui en plastique. Celle de Is This It des Strokes étant probablement la plus belle, la plus sexy... enfin celle qui déchire le plus quoi.

Je suis un obsédé de mes disques. Je les achète parfois par cinq, puis je m'assois à mon bureau, les déballe avec une délicate frénésie des leurs emballages en célophane et les glisse dans ma chaîne hi-fi. Puis je reste là. J'écoute. Vautré dans mon lit je savoure cet instant. Puis je finirai par ranger le disque dans l'étangère parmi tant d'autres, classés par ordre alphabétique.

Plus tard, je visse profondément les écouteurs de mon ipod dans mes oreilles - ça évite des dépenses inutiles en coton-tiges. J'écoute ou réécoute ces disques nichés dans mes étagères, ceux qu'on ressort poussièreux après plusieurs mois d'hibernation. Je redécouvre mes disques, leur donne un second souffle, une nouvelle vie. Mon ipod, c'est l'élixir de jouvence de mes disques. 

01 juillet 2007

Pascale Clarke rend les clés de son apart'(é)

4f8d718329d932e835b8647b05ca1ef4.jpgVendredi dernier c'était un joyeux foutoire sur le plateau d'En aparté. Mon émission fétiche tirait sa révérence dans une cacophonie de son, de champagne et d'invités plus ou moins douteux, André Manoukian pour ne citer que lui.
 
Le changement de format et d'horaire m'avait un peu chagriné. Soudain l'émission perdait de sa superbe et de son éclat. Les entrevues bien moins longues, les chroniques brinquebalantes et douteuses de Yacine Bellatar m'avaient quelque peu sevré d'En aparté. Les débats avaient beau être passionants, ils étaient soumis au diktat du temps de parole et se devaient de tomber facilement dans une pesanteur superficielle. Pourtant, je ne pouvais en détourner le regard. Mon index appuyait instinctivement sur le bouton 4 de la télécommande à 12h45. Sans doute la douceur et la chaleur de cette voix. Cette voix longtemps restée sans visage. Cette voix suave qui m'a si longtemps donné envie de pénétrer dans cet antre cosy, juste pour m'alanguir dans le canapé sur le lequel Loana a un jour posé son derche et sentir Pascale Clarke me sussurer ses questions dans le creux de l'oreille. M'allonger dans le canapé, ausculter la bibliothèque, jouer avec la chaîne rétro-futuriste de cet appart' était un rêve que je caressait secrêtement. Attendant mon heure de gloire wharolienne, ce jour où la célébrité vient toquer à la porte. Mais qui n'arrive jamais.
 
Pascale Clarke pour moi, c'est un peu une réincarnation audiovisuelle de Freud. Et qu'on ne vienne pas me bassiner avec Mireille Dumas et sa psychologie de broussaile, sa miévrerie, ses sujets à deux balles et ses invités grabataires. Il y a chez Pascale Clarke cette justesse de ton qui fait d'elle une intervieweuse hors paire, capable de mettre ses invités à poil sans toucher à leur braguette. C'est ça qui était bien avec En aparté, on voyait les gens différement. Juste un peu plus vrais. Impossible de tricher. Il y avait toujours un silence qui prenait l'invité en défaut ou une mimique qui venait trahir un poil d'agacement ou une arrogance contenue. Certes l'émission a eu le tort d'humaniser Patrick Bruel, de canoniser des chanteurs de variétoche minable, des acteurs de nanards ou des pseudostars de la télé réalité, mais elle peut surtout sennorgueillir d'avoir reçu des personnages fascinants, des dandys délurés, des intellectuels dégingandés, des politiques mesquins.
 
Bien des images me reviennent quand je pense à En aparté. La déception quand j'ai vu Pascale Clarke pour la première fois, la folie de Brigitte Fontaine, la douce amertume de Philippe Djian, la candeur de Björk, la sensibilité de M ou la perfidie de Jack Lang. Un déléctable hédonisme télévisuel. 
Au revoir Pascale Clarke et à très bientôt je l'espère. 

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